Array FC Barcelone 0-0 Atletico Madrid : Le premier titre de l’ère Tata - FC Barcelona Clan

En Une | Supercopa | jeudi 29 août 2013 à 22:47  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Dans une rencontre qui ne restera pas dans les annales, le Barça s’est contenté d’un score vierge qui lui a assuré le titre de la supercoupe d’Espagne. Une performance arbitrale contestée par les deux camps a été un des faits marquants de cette rencontre.

Les faits et le jeu

Devant un public moins nombreux que d’accoutumée pour ce genre d’affiche, du fait de la programmation assez tardive, les deux équipes se sont données rendez-vous pour un duel très prometteur. Le match aller joué au Vicente Calderon a été âprement disputé, et s’est terminé par un match nul un partout. Ce qui place le Barça en meilleure position grâce au but marqué à l’extérieur. Les poulains de Simeone, qui ont été très expéditifs le weekend face au Rayo, se doivent de sortir une performance implacable pour espérer sortir triomphants de cette double confrontation, eu égard à l’historique de leurs dernières visites au Camp Nou, jalonné par une série de nettes défaites.

Pour ce faire, ‘EL Cholo’ décide de reconduire le même onze qui a joué au match aller. Là où Villa avait brillé par sa capacité à retenir la balle et attendre les renforts de Diego Costa et Arda, depuis la droite et la gauche respectivement. Au milieu, Mario est à la base d’un triangle appelé à fermer les espaces devant la défense. Accompagné de Godin en défense centrale, le brésilien Miranda évoque le beau souvenir de la finale de la Copa del Rey remporté face au Real en mai dernier, au Santiago Bernabeu, grâce à sa tête victorieuse. Face aux colchoneros, le Barça se présente avec une composition qui voit pour la première fois Messi et Neymar jouer d’emblée, joints en attaque par le chilien Alexis. Au milieu, c’est Iniesta cette fois qui fait les frais des décisions techniques de Tata Martino, et cède sa place à Cesc.

Comme on pouvait s’y attendre, les madrilènes commencent déjà le match en installant un double rideau défensif difficile à pénétrer. Diego Costa s’occupe encore une fois du cas d’Alba, mais la différence notable par rapport au match aller, se trouve au niveau du positionnement d’Arda et Koke. Car c’est le turc qui joue dans l’axe, et qui laisse le coté au jeune espagnol, amené à défendre sur Alves. Ce changement peut se traduire par l’intention de Simeone de profiter des qualités techniques de Turan, pour mener les contres et combiner plus efficacement avec Villa. Des situations de contre que gèrent très bien les catalans en ce début de match, en intensifiant le pressing en cas de perte de balle, et en assurant une bonne couverture derrière. Piqué et Mascherano qui anticipent bien et jouent assez haut pour solidifier le bloc, en plus de Busquets, moins concerné par le pressing, mais plus engagé à colmater les brèches. Offensivement, les dernières tendances se confirment. La relance est affectée aux centraux et à Busquets, laissant le soin à Xavi d’avancer et absorber le marquage. Cesc joue carrément au niveau de la surface adverse et ne touche la balle que rarement. Quand la circulation de la balle perdure, Messi se retire un peu derrière, vers le côté droit, et essaie d’accélérer le jeu en provoquant le un contre un. Il aimante l’attention des défenseurs, qui répondent par un jeu rugueux, pour tuer l’offensive dans l’œuf. Des situations intéressantes se profilent déjà. À la huitième minute, Busquets repère la course intelligente de Messi entre le défenseur axial et le latéral, et profitant de la présence avancée de Xavi et Cesc qui fixent les défenseurs, il trouve d’une belle passe l’argentin dans la surface. Messi amortit la balle mais au moment de conclure, il voit Filipe Luis bien revenir et sauver son équipe. Deux minutes plus tard, c’est Neymar qui s’illustre en lançant un Alba qui s’est libéré du marquage, par une course torrentueuse sur la gauche. Le centre du latéral est dirigé vers le second poteau, mais Alexis manque sa reprise, et laisser filer une belle occasion.

Le match se poursuit sur les mêmes tendances. À chaque fois que le Barça tente d’appuyer sur l’accélérateur, l’adversaire trouve son refuge dans un anti-jeu frustrant. Le jeu devient de plus en plus haché, d’autant plus que l’arbitre commence déjà à perdre le contrôle avec des décisions contestables. Messi continue à inviter les tacles excessivement virils des indios, et si Koke n’échappe pas cette fois au carton jaune, Turan s’en tire encore une fois indemne, et provoque la colère de Busquets. Le poulpe de Badia s’énerve sur l’arbitre, en lui rappelant le carton immérité infligé à Cesc quelques instants avant, sur une intervention tout à fait valide. Troisième jaune du match pour Sergio (29’).

 

La première bonne occasion des visiteurs vient peu après la demi heure. Mascherano tente désespérément un tir renvoyé par la défense dans les pieds de Turan qui lance automatiquement Villa. La défense catalane se trouve surpassée en nombre et déséquilibrée avec Diego Costa qui reçoit la balle du coté droit de la surface. Suivi par Alba, il temporise et remet la balle vers la gauche, là où Gabi s’est placé pour exploiter le dézonage de Jordi. Le capitaine passe la balle instantanément à Koke dont le tir est arrêté facilement par Valdes. Les madrilènes ont fait preuve là d’une grande capacité à bien combiner et à exploiter les espaces laissés par le Barça, comme ils l’ont si bien fait au match aller. Nouvelle démonstration des pouvoirs offensifs de l’équipe madrilène, mais cette fois sur attaque posée. Profitant d’une montée de Filipe sur le couloir gauche, Koke rentre un peu vers l’axe, exploite la situation de surnombre, et combine très bien avec Turan. La présence de Villa qui sert de relai et de point de fixation embrume encore plus la défense du Barça, qui se retrouve impuissante devant les passes rapides des madrilènes. Arda se retrouve dans le surface, efface Piqué d’un beau crochet, mais il ne peut que déplorer sa malchance en voyant Valdes sortir un réflexe miraculeux de la main droite pour détourner son tir (42’). Une dernière offensive catalane se manifeste avec une bonne situation de contre. Messi est lancé par Cesc sur le côté gauche mais son centre est trop haut pour Alexis, qui bien marqué, n’arrive pas à bien reprendre la balle (44’).

Le premier acte arrive à son terme sans qu’aucune des deux équipes ne puissent trouver le chemin des filets. Fidèle à son schéma de jeu, basé sur la solidité défensive, le jeu rugueux et la projection rapide, l’Atletico réussit pour l’instant à limiter le danger des blaugranas, qui ont montrés de bonnes intentions offensives en début de match. La suite a été beaucoup plus difficile pour eux. L’équipe a buté sur la défense adverse, et s’est retrouvé même en fin de match dans des situations périlleuses devant les bois de Victor Valdes.

 

Après une fin de première période encourageante, l’Atletico commence ce second acte en pleine confiance. Tirant profit du relâchement évident des locaux, les madrilènes commencent à jouer leurs situations offensives avec beaucoup plus de conviction. Filipe Luis, toujours aussi dangereux lors des montées, part dans le dos de Piqué à la suite d’une belle talonnade de Koke. Le défenseur catalan se voit obligé de le faucher avant qu’il ne pénètre dans la surface. Avertissement mérité (53’). La pression s’accentue sur la défense locale, et Piqué, puis Mascherano, trouvent beaucoup de mal à sortir la balle proprement. Sur une perte de balle aux abords de la surface, Villa recueille la balle, et enroule un très bon tir que Valdes arrive très bien à détourner, faisant preuve d’un très bon sens d’anticipation (55’). Deuxième parade décisive du gardien catalan dans ce match qui est acclamé par le public. Le Barça cherche à s’émanciper de cette période d’affaiblissement, et Neymar est le seul à tirer son épingle de jeu. Par son activité, il arrive à recevoir la balle souvent et inquiéter l’adversaire qui n’abandonne pas sa défense agressive.

Villa est particulièrement mobile en cette deuxième période. Combattif, il impressionne par son repli défensif. Au niveau offensif, il coulisse sur la largeur de terrain pour tenter de combiner avec ses coéquipiers à chaque fois que la défense madrilène relance un ballon sur les côtés. Ses bonnes aptitudes techniques lui permettent aussi de jouer comme point de fixation, et de recevoir la balle dans les pieds, dos au but. Le Barça, pour sa part, amplifie ses efforts pour trouver la profondeur qui lui permettra d’être plus menaçant. Cesc, bien qu’assez effacé, occupe très bien les défenseurs axiaux, ce qui crée des décalages entre latéraux et axiaux du côté des défenseurs madrilènes. Peu après à l'heure de jeu, Juanfran voit Messi et Cesc prendre la profondeur, et préfère prêter main forte dans l’axe, et laisser Neymar libre. Alves exploite la situation et dirige un très bon centre vers Neymar, qui a la possibilité de marquer, mais choisit de remettre derrière vers Cesc qui est trop en avance. Une action similaire au but marqué au Calderon, mais qui ne trouve pas le même résultat. Une minute après, Messi arrive à trouver une poche d’espace au milieu et joue le une-deux avec Neymar. Mais un nouveau retour décisif de Filipe Luis a le mérite de sortir l’argentin de ses gonds. Le Barça retrouve sa maîtrise, et Busquets arrive à relancer vers l’avant, là où Xavi et Messi (et Iniesta après sa rentrée) se placent entre les lignes. Des séquences intéressantes se succèdent, mais la brèche n’est pas encore trouvée.

La fin du match approche, et la tension remonte. Alves trouve Messi dans l’axe, mais dans sa tentative de prendre le couloir droit et faire l’appel, il se heurte à un Filipe Luis hostile, qui lui assène un coup de coude qui échappe à l’attention de l’arbitre centrale. Ironiquement, c'est l’arbitre de touche qui se trouve de l’autre côté du terrain, qui décèle l’agression et narre les faits à son supérieur. Carton rouge mérité pour le latéral brésilien malgré les protestations du staff madrilène (82’). Godin mérite aussi de quitter le terrain juste après, quand il s’essuie les crampons sur le dos d’un Alves au sol, mais l’arbitre n’a encore rien vu. Le coach argentin Simeone change la composition de son attaque, en incorporant  Rodriguez à la place de Villa. Diego Costa prend l’axe, et Adrian qui a remplacé avant Arda, le côté droit. La supériorité numérique donne des espaces sur le terrain, et libre de tout marquage, Xavi reçoit un bon ballon de la part d’Alves. Le métronome passe la balle à Pedro qui est fauché par Miranda. Penalty sifflé (87’). Malheureusement, la même transversale qui a arrêté le penalty de Messi face à Cech, le prive encore une fois d’un but important.

Un titre gagné dans la douleur pour le club catalan, qui a réalisé une partie caractérisée par un manque de continuité. Une période creuse entre la fin de la première période et le début de la seconde entache la performance des blaugranas, qui ont tentés de continuer à appliquer les nouvelles consignes de Tata. Le jeu est plus vertical, et les attaquants blaugranas essaient de plus en plus de submerger la surface de réparation adverse. Mais il reste du travail à faire, et de la cohésion à chercher, pour mieux intégrer Neymar surtout. Sans oublier que, physiquement, l'équipe n'est pas totalement au point. Du côté des hommes de Simeone, ils continuent à montrer leur discipline et leur solidité défensive. En attaque, ils ont procédés naturellement par des contres, et ont eu leurs meilleures phases quand Filipe Luis parvenaient à monter, et donner un apport offensif supplémentaire à une bande gauche bien animée par Koke et Arda. La page de la supercoupe est tournée donc, avec un onzième titre pour le Barça, et les deux équipes pensent déjà aux affiches du weekend prochain pour le compte de la Liga.

 

Les joueurs

Valdes : 9

Le match parfait : deux parades décisives, et une relance rassurante. Plus en forme que jamais, et meilleur gardien espagnol du moment.

Piqué : 7

Il a eu un peu de mal quand il a dû sortir sur le côté pour couvrir Alves. Mais autrement, il a été appliqué.

Mascherano : 7.5

Il continue sur la lancée de ses bonnes dernières performances. Brave et rapide, il est parvenu à couvrir de larges zones.

Alves : 6

Quelques bons centres, mais c’est tout. Offensivement, il a tout le temps été bloqué par la discipline de Luis et Koke, et défensivement il a souvent été en retard. Arda et Koke, ont pas mal de fois combiné à partir de son couloir.

Alba : 6,5

On peut dire qu’il a eu le meilleur sur Costa. De rares percées offensives.

Busquets : 7,5

Excellent match de Sergio, il a récupéré beaucoup de ballons, mais c’est surtout offensivement, qu’il a brillé par ses passes verticales très utiles au système de jeu.

Xavi : 7

Il a joué son rôle comme il se doit. Il a aidé Busquets à orienter le jeu, et a avancé quand il fallait créer du surnombre et des espaces. Ce soir il devient le joueur le plus titré de l'histoire du football espagnol.

Cesc : 6,5

De bons déplacements, et un rôle précieux tactiquement. Il a compensé les dézonages de Messi, sans toucher beaucoup de ballons. Remplacé par Iniesta (65’) qui a fait une rentrée très discrète.

Neymar : 7

Des qualités techniques indéniables, mais un problème avec les appuis a gâché plusieurs de ses manœuvres. Il lui manque de synchroniser ses courses et ses passes avec le reste des joueurs mais ça reste encourageant pour la suite.

Messi : 7

Un Messi qui n’est pas encore en forme. Il revient d’une blessure et a galéré avec le jeu agressif des madrilènes. À droite ou dans l’axe, il a essayé d’accélérer le jeu et d’apporter de l’aide à la construction sans monopoliser toutefois trop le ballon.

Alexis : 6

Beaucoup de déchets  dans son jeu. Il a été peu sollicité, mais les fois où il a touché la balle, il n’a pas fait des étincelles. Remplacé par Pedro (73’) qui n’a pas été beaucoup plus en réussite que son compère. Il provoque un penalty.

 

Fiche technique 

Barça : Valdés; Alves, Piqué, Mascherano, Jordi Alba, Sergio Busquets, Xavi, Cesc (Iniesta, 73’), Alexis (Pedro, 65’), Neymar et Messi.

 

Atlético : Courtois; Juanfran, Miranda, Godín, Filipe Luis, Mario Suárez, Gabi, Koke (Leo Baptistao, 88’), Diego Costa, Arda Turan (Adrián, 72’) et Villa (Cebolla Rodríguez, 84’).

Arbitre : Fernandez Borbalan.

Avertissements : Koke (26’), Cesc (28’), Sergio Busquets (30’), Piqué (54’), Gabi (81’)  et Diego Costa (83’).  Rouges directs à l’encontre de Filipe Luis (80’)  et Arda Turan (90’).

74.536 spectateurs.


Posté par Ayoub Alami
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