Array {Nouvelle section} Les paradigmes de Pep : Mes que un entrenador! - FC Barcelona Clan

En Une | Paradigmes de Pep | samedi 22 mai 2010 à 17:14  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Et si Pep Guardiola venait vous parler régulièrement de sa tactique et ses paradigmes exclusivement sur le portail du FCBClan? C’est un peu le défi que prend pour vous le FCB Clan en inaugurant sa nouvelle section ‘Les paradigmes de Pep‘, à travers laquelle nos rédacteurs viennent décrypter à la loupe le meilleur système de jeu à l’heure actuelle, celui du Barça made in Guardiola.

Ce premier article introductif vous parlera du personnage de Guardiola, de ses idées et de comment il est perçu par les autres. Lors des prochaines éditions, vous aurez droit à un décryptage en bonne et due forme du 'système Pep'.

Le monde du foot se divise en deux catégories, Il y a ceux - et ce sont les plus rares - qui ont tellement de passion pour leur travail qu'ils en font leur propre vie et y investissent tout, y compris leur santé physique, et il y’a les autres, des personnes entrant davantage dans le rang.

Josep Guardiola i Sala, alias Pep, fait partie de la première race. Johan Cruyff, président d'honneur du FC Barcelone, a avoué dernièrement que l'une de ses principales inquiétudes est que Pep Guardiola se préoccupe tellement des détails qu'il pourrait en devenir malade.

Touché par la calvitie  (Cf. photos, une prise en 2008, l'autre en 2010), l'entraîneur Blaugrana aurait probablement peur s'il avait le temps de penser à comment il est entrain de vieillir en exerçant le métier d'’entraîneur. Imaginez-vous qu'il se défonce tellement pour l'équipe, qu'il n'a pas dormi pendant les nuits qui ont suivi le match perdu contre l'Inter !

 

Joueur de la première équipe depuis le plus bas âge à Barcelone, Pep débute sous les ordres de Johan Cruyff et, très vite, devient l’une des pièces maîtresse de la Dream Team championne d’Europe en 1992. Considéré comme le joueur emblématique du club, il remporte six Ligas (91, 92, 93, 94, 98, 99), deux Coupes du Roi (97, 98), une Supercoupe d’Espagne (91), une Coupe des Coupes (97) et deux Supercoupes d’Europe (92, 97).

Pep le coach est un travailleur fou, on raconte ainsi à son sujet qu’il est le premier à arriver et le dernier à quitter la Ciutat Esportiva, le centre d’entrainement du club. Ainsi, il est comparé aux propriétaires de commerces qui quotidiennement ouvrent et ferment leurs boutiques par eux mêmes.

En début d’année, Guardiola pensait que c'était inutile de continuer son aventure à la tête du club et avait de grands doutes au sujet de la rénovation de son contrat. Bien que tout le monde pense aux élections comme cause directe à cette hésitation, Pep était d’abord dérangé par la comparaison constamment faite de cette saison écoulée avec celle d'avant. "La suite est noire, nous allons perdre et nous allons souffrir", affirmait-il quelques semaines avant de battre le record de points et de victoires dans l'histoire de la Liga.

Mais son présage s’est tout de même réalisé en partie… La saison 2009-2010 fut difficile pour le Barça mais plus particulièrement pour Pep. En commençant par le dossier Eto’o, dont le départ a laissé perplexes de nombreux culés. Une affaire de "feeling" oui mais difficilement acceptable face aux piètres prestations de son supposé remplaçant, j’ai nommé Zlatan Ibrahimovic.

Marius, son fils, sortant de l'école, après que Ernesto Valverde se soit fait virer de Villarreal, a balancé à Pep : "Papa, si vous perdez, tu seras viré aussi?". Il fut aussi au centre de  polémiques autour de l’arbitrage. Même la nature a joué contre lui, après avoir été obligé de supporter 24 heures de route à cause du volcan islandais.
L’idée de Guardiola, comme celle Cruyff, c'est que la 2ème année est la plus difficile pour un champion "Il faut prendre soin des détails, des gestes, des choses qui vous font voir comment le groupe va". Il avoua également :"Vous devez regarder le visage des joueurs, découvrir qui veut jouer, qui n’en peut plus et penser aux conséquences importantes de votre décision et les facteurs déterminants pour la réussite".

Le plus jeune entraîneur de l'histoire à avoir remporté la Ligue des Champions est d’abord un excellent meneur d’hommes. Il n y a qu’à voir l’unité de son équipe et comment il a fait cohabiter les egos en les faisant travailler ensemble. Utilisant le dialogue, les vidéos comme à Rome ou lors de la dernière journée de Liga, il sait parler à son équipe et lui faire passer ses messages. Il est nécessaire d'interpréter Guardiola par ses gestes, non seulement par ses décisions toujours interventionnistes. "Je suis payé pour prendre des décisions". Une phrase qui rappelle Cruyff et lui permet de ne pas ressembler à Frank Rijkaard, qui a préféré que son équipe, toujours brillante, se consomme toute seule comme une cigarette dans la défaite. "Guardiola anticipe toujours les problèmes", assure Cruyff.

Obsédé par la perfection et convaincu qu'il peut améliorer l'équipe, Pep agit donc selon ses propres convictions. Certes ses décisions n’ont pas toutes été payantes… Henry et Marquez auraient peut être dû partir la saison d’avant, Chygryniskiy et Ibra n’auraient jamais dû être signés, Hleb et Caceres  pas dû être prêtés et Touré aurait surement merité de jouer plus que Busquets... Mais Pep a su se reprendre en main en pleine saison. En Février après le match de Xerez, que Pep considère comme le pire match de l'équipe depuis qu'il est l'entraîneur, suivi par celui de Stuttgart où il n'était pas convaincu du jeu, Il avait compris qu'il fallait faire quelque chose. "Nous devons faire quelque chose et essayer de prendre la bonne décision", at-il dit à ses assistants, spécialement à Tito Villanova, son plus grand conseiller dans le staff… La décision fut alors de déplacer Messi de l'aile droite et le placer définitivement derrière Ibra.

Ainsi depuis le match contre Malaga, le Barça a évolué dans un 4-2-3-1, bien que les milieux de terrain n’aient jamais joué dans une configuration similaire. Pep a réuni ses 5 meilleurs joueurs autour du ballon. Même s'il peut faire des erreurs, Guardiola met tellement de passion dans son travail que les joueurs le suivent les yeux fermés. "Sa passion est contagieuse" dixit Alves en conférence de presse.

Pour la saison prochaine Guardiola a encore beaucoup de travail à faire : il insistera avec Ibra (s'il continue), parce que le suédois peut enrichir l’attaque par sa capacité à jouer dos à la défense, et par son jeu physique. S'il réussit, il aura trouvé sans doute son arme et le bon système pour faire face à ce genre d’équipes super regroupées en défense, comme c’était le cas contre Chelsea l’année dernière ou encore contre l’Inter Milan plus récemment.

Guardiola est utilisé comme référence pour les autres sections du club et comme un modèle pour les écoles en administration des affaires: il est le symbole de la formule de la réussite après 2 ans comme entraîneur du Barça.  Tous les culés sont d’accord pour dire que Pep est au Barça ce que Ferguson est à Manchester United. Le problème est qu'il perçoit toute attaque contre un de ses joueurs comme une attaque contre lui-même. Il est fort de personnalité mais trop sensible et ne supporte pas la critique parce qu'il se sent responsable de tout, y compris des choses qui ne relèvent pas de ses responsabilités.  Il aime trop le club pour lui faire du mal et serait prêt à le quitter dès les premiers signes d’une crise dans le jeu de l’équipe ou dès que ses choix seront remis en cause.

Un jour ou l'autre, il quittera le club parce qu'il veut essayer quelque chose de nouveau pour lui, pour sa famille, parce qu'il a tout simplement la passion de la vie en général. Peut-être pour prendre en main la Roja, tenter une aventure au Calcio, ou plus certainement en Premiership. Le jour où il a quitté l'équipe pour l'Italie en tant que joueur, les Azulgrana se sont sentis comme des enfants sans leur grand frère, et le jour où il les quittera à nouveau, il leur manquera comme un père. Personne, absolument personne, n’aime le Barça, ne comprend et ne ressent le Barça plus que lui.  Il va falloir du temps pour s'habituer à un Barça sans Pep, même si l'entité Blaugrana n’est jamais passée derrière un individu (joueur, entraineur ou président).

En attendant ce jour, à nous de profiter de lui, car nous sommes probablement en train de vivre l'un des plus grands moments de l'histoire de notre club. Si à Madrid on estime que seul Florentino Perez peut redonner a la Maison Blanche ses lettres de noblesse, le Barcelonisme lui estime que Guardiola à lui seul peut le maintenir au top.

Fatigué, heureux et fier de son équipe et de son club, Pep mérite ses vacances avec Cristina sa femme, avec Maria, Marius et Valentina, ses enfants. 

« Piètre est l’élève qui ne dépasse pas son maître », disait Léonard de Vinci. Rijkaard avait peut être égalé Cruyff, il y a quelques années avec Eto’o, Ronnie et Deco, aujourd’hui Guardiola semble avoir dépassé et Rijkaard et Cruyff.... !

 

 


Posté par Mehdi
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