Array Le paradis de Larsson - FC Barcelona Clan

Article | Larsson | lundi 13 septembre 2004 à 19:18  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Le Suédois retourne au Celtic Park pour se mesurer à l’équipe de sa vie…

Il n'est pas très rapide, mais il fait irruption dans la surface quand personne ne l'attend. Et sinon demandez à Redondo, le distrait défenseur du Séville FC. Il n'est pas très grand (il mesure 1.78 m.), mais saute plus haut que n’importe qui. Il donne la sensation qu'il a une minuterie dans son corps stylisé --les médecins du Barça sont restés stupéfaits en étudiant sa structure musculaire--, qui lui permet de mesurer avec succès le temps et sa distance par rapport au ballon.

Ces coordonnées ajustées, Henrik Larsson, un attaquant qui aura 33 ans le 20 septembre, fils d'un marin du Cap Vert et d’une mère suédoise, revient demain au Paradis, c’est ainsi qu’est connu le stade Celtic Park de Glasgow, vêtu d’azulgrana. Il marchera de nouveau dans le foyer dans lequel il a vécu durant 7 ans, élevé à la catégorie de dieu du football. Il y a au Celtic, un club profondément catholique, né de la volonté d'émigrants irlandais il y a plus d’un siècle, une vie avec Larsson et une autre après Larsson.

Quand Ronaldinho arrive à Barcelone, d’où qu’il vienne, il y a un essaim de journalistes qui l’attendent à l'aéroport. Quand Larsson est arrivé jeudi, de son périple avec la sélection suédoise, personne ne l'attendait. Mais samedi les spectateurs ont chanté son nom au Camp Nou. Quelque chose d'insolite. Il a su se faire apprécier dès le premier jour. Par son sens du but et parce que cela faisait un lustre qu’on ne voyait pas à Barcelone un avant centre qui reprend tout ce qui lui tourne autour. Et il reprend pratiquement tout bien.


Un vrai professionnel

À Glasgow, lorsque l'avion du Barça aura atterri ce midi, il y aura beaucoup de gens attendant Henrik, un joueur qui s'est adapté comme un caméléon au Barça. Lorsqu’on demande à son sujet, on trouve toujours la même réponse, quelque soit l'interlocuteur. "Un vrai professionnel. Authentique", on explique au Camp Nou. "Il est très vaillant, très combatif", ajoute Rijkaard. "On fera une vidéo sur lui, de ses mouvements, de son travail, comment un avant centre doit se déplacer" affirme Txiki Begiristain, le secrétaire technique. "C’est un vrai buteur et un lutteur", ajoute le président Joan Laporta.


Des routes secondaires

Il n’est pas étonnant que Rijkaard et Laporta emploient le même terme. Parce que, s’il y a ne chose que possède Larsson, c’est un indomptable esprit de lutte qui l’a amené là où il ne pensait pas lui-même arriver. Il a été un professionnel du football alors qu’il semblait que son avenir, dans les rues d'Helsingborg, s’orientait à empaqueter des fruits dans un entrepôt ou garder des enfants pour gagner de l'argent. Poussé par cette lutte, il a traversé l'Europe (de la Suède en Hollande, d'Hollande en Écosse), parcourant des routes secondaires jusqu'à ce qu'il découvre, déjà dans son troisième âge de footballeur, le destin doré du Camp Nou. Un autre aurait défailli sur si longue route. Lui, non. Il a tardé à arriver et ne veut pas maintenant qu'il est arrivé, rater cette occasion. Il n’est pas effrayé par le défi -c'est le premier avant centre que recrute le Barça en cinq ans depuis Dani- et n’a pas tremblé à l’heure de reprendre le 7 de Saviola, quelques heures après que le Pibito émigre, contre sa volonté, à Monaco.

Un autre aurait gardé le 17, un dossard avec moins de pression symbolique parce que le Conejo est très apprécié par les supporters. Mais Larsson, le successeur d'Andersson, un défenseur central suédois qui a laissé plus empreinte dans le vestiaire par sa qualité humaine que sur le terrain maltraité par les blessures, a mis le 7 et s’y sent à l’aise.

Comment n’allait-il pas l'être s'il est arrivé là où jamais il n'aurait imaginé ? Il vit à Gava, près de la plage et des terrains de golf, l’un des sports qui le passionne le plus, il joue dans un club grand -le Celtic l'est, mais à une autre échelle- et a retrouvé son vieil ami Giovanni van Bronckhorst. "Ma femme et la sienne sont amies depuis que nous avons coïncidé en Hollande", ajoute Larsson. Pour cela, le Suédois parle chez le Hollandais avec Gio, son ami de Feyenoord avec lequel il a coïncidé en Écosse (l’un au Celtic, l’autre aux Rangers), bien que quelques mots lui aient été entendus dans un plus qu'acceptable espagnol. Pour cela il a un agent hollandais -Rob Jansen-, bien que la négociation de sa venue ait été menée par Magdalena, sa femme. En à peine une demi-heure, peu avant Hollande-Suède de l'Euro, elle est arrivée à un accord avec Sandro Rosell, le vice-président sportif. Ce fut le recrutement le plus facile et de meilleur marché. Il voulait venir, Rijkaard le voulait et il ne coûtait pas un euro parce qu'il était libre. À Valence, on l’attend encore, convaincus que le Barça reviendrait en arrière à cause de l'âge du Suédois.

" Il est musculairement parfait, il lui reste beaucoup d'années de football", ajoute Jordi Ardèvol, le chef des services médicaux qui a exploré avec minutie un corps qui cache plusieurs pièges. "Il a tout ce que Rijkaard demande : il est combattif, a le sens du but et gêne la relance du rival", dit Laporta.

A Glasgow on lui chantait King of the kings. Lorsqu’il pénètrera de nouveau le ‘Paradis’ vêtu du même numéro mais avec un autre maillot, son cœur remuera se rappelant lorsqu’il fêtait les buts en pendant la langue. Jusqu'à ce que les associations de parents aient inondé sa maison de lettres lui récriminant que ce n'était pas un bon exemple pour les enfants. Quand commencera demain la rencontre, Larsson sera Larsson. C'est-à-dire qu’il courra comme s'il s'agissait de sa dernière rencontre de sa vie. Mais, peut-être cette fois, Henrik, le fils d'un émigrant capverdien, se sentira étrange dans le Paradis. Le Celtic joue et Larsson en est le rival. Mais, pour les fans du Celtic, il continuera d’être le King of the kings.


Source : www.elperiodico.com

Posté par marco93fcb
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