Array La vie de Pep Guardiola (Chapitre III) : - FC Barcelona Clan

Chronique | Pep Guardiola | dimanche 5 avril 2009 à 05:23  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Johan Cruyff lui a donné sa chance avec l'équipe première et Guardiola a été un joueur clé pour la Dream Team. Minguella ou Guillermo Amor ont vécu son explosion...

Pep Guardiola est devenu le relai de Johan Cruyff sur le terrain


Saison 1990-91. 15ème journée de la Liga (16 décembre). Le Barça alors leader, cinq points devant le Real Madrid avec un match en retard, reçoit Cadiz au Camp Nou. Avec cette confortable avance, et devant l’absence pour suspension du patron du milieu de terrain Guillermo Amor, Johan Cruyff se voit obliger de lancer dans le bain un gamin de 19 ans qui n’a pas un physique de déménageur, loin de là, mais qui dispose de qualités techniques qui avait convaincu l’ensemble de ses entraîneurs au centre de formation.

Ce n’était pas la première fois que Pep Guardiola était convoqué avec l’équipe première. Il l’avait déjà été mais n’était pas rentré en jeu. Mais cette fois-ci c’était différent, Cruyff comptait sur lui en tant que titulaire. « Comme joueur il me rappelait un peu moi, quelqu’un avec des caractéristiques comme les nôtres a besoin d’être plus intelligent que les autres parce qu’on ne peut pas aller au contact, il faut lutter avec d’autres armes, et Pep savait le faire », rappelle le Néerlandais sur le style de jeu de Guardiola.

Un jour après ses débuts, le quotidien Sport le décrivait ainsi : ‘Débuts acceptables, il a joué à la place d’Amor et a démontré qu’il avait une technique exquise et un très bel avenir’. C’était prémonitoire. Après avoir joué 90 minutes sur le terrain, il était évident que ce joueur avait un avenir très prometteur.

« Quand je l’ai fait monter en équipe première, je le faisais alterner avec l’équipe filiale », explique Cruyff qui assure que « sa trajectoire s’est développée logiquement, il s’est parfaitement adapté au jeu avec l' équipe première ou avec la filiale et d’ailleurs il a fait la même chose en tant qu’entraîneur en passant d’abord par la filiale avant d’arriver à la tête de l’équipe première ». Par-dessus tout, la principale qualité de Pep est que « comme joueur, Pep touchait et jouait très bien à sa position, il savait ce qu’était un entraînement et comment les joueurs pensaient, c’était un type très malin comme joueur et il continue à le démontrer en tant qu’entraîneur. Il savait lire parfaitement autour de lui, une qualité qu’il a toujours, actuellement il démontre qu’il est capable de capter toute la tension qui règne autour d’un club comme le Barça ».

Inévitablement, l’exemple de Johan Cruyff comme entraîneur a marqué la carrière de Pep maintenant qu’il est devenu le maître du Barça. Tout ce qu’il a pu apprendre sous ses ordres se reflète maintenant dans sa façon de comprendre le football, « Pour diriger le Barça, le plus important est d'avoir le courage de prendre des décisions et d'être à l'aise pour parler avec la presse. Pep le sait car il est intelligent. C'est pour cela qu'il est un bon entraîneur : tu as beau avoir beaucoup d'expérience en la matière, quand tu vas dans un club comme le Barça, l'Ajax ou Madrid, elle ne te sert à rien ».
Josep Maria Minguella l’a aidé lors de ses premières années à Can Barça. L’ancien représentant a accompagné Pep lors de la négociation de son premier contrat et aussi pour sa prolongation deux ans après.

Le premier contrat « avait un salaire fixe très faible et ensemble des variables qui devaient avoisiner les 150 000 pesetas par match (environ 900 euro) ». Minguella se souvient « qu’on ne pouvait pas discuter avec Cruyff. Celui qui n’était pas content s’en allait, comme ça s’est passé avec Milla ». Dans le cas de Guardiola, et après avoir remporté la Coupe d’Europe à Wembley, Cruyff « voulait aussi être très strict. Finalement, on a réussi à obtenir un contrat de niveau 2 dans l’équipe, c’est-à-dire qu’il était au niveau des joueurs nationaux tels que Bakero, Txiki ou Nadal ».

Minguella croit que les réticences de Cruyff à prolonger Guardiola venaient « de la prolongation de Goikoetxea, que le club a fait sans que Cruyff ne donne son avis. Il s’est énormément énervé ». L’ancien candidat à la présidence du Barça croit que Guardiola a su comprendre la façon de négocier de Cruyff « en grandes parties grâce à Charly (Rexach). C’est celui qui lui recommandait le chemin à suivre ».

L’engagement de Pep avec le club se résume à une simple anecdote : « Quand il était capitaine, Rivaldo est arrivé. Je lui ai proposé de venir dîner avec nous à la terrasse de l’Olivier et Hardy. L’admiration qu’avait Pep pour Rivaldo m’a marqué alors que Pep était le leader du vestiaire ».

De son côté, le prédécesseur naturel de Guardiola au Barça, Guillermo Amor a accepté naturellement le fait que son remplaçant soit un crack et qu’il soit le leader de l’équipe. Cependant, dès le début, Guardiola a assuré qu’Amor était son idole et qu’il l’admirait.

« Je regarde en arrière et je me souviens qu’il ne disait rien, qu’il était timide, qu’il faisait ‘l’éponge’, c'est-à-dire qu’il absorbait tout ce qu’il voyait. Avec le temps, il est devenu un étendard du barcelonisme. Chaque fois qu’il dit que j’ai été un exemple pour lui, ça me rend fier », rappelle de temps en temps Amor.

Tous ses coéquipiers de l’époque rappellent ses qualités de joueur mais également ses qualités en tant qu’homme. Andoni Zubizarreta, par exemple, se souvient que « dans le vestiaire c’était quelqu’un qui parlait peu », mais le plus surprenant est qu’il « a toujours été un apprenti, capable d’apprendre quelque chose chaque jour, il faut dire qu’il a aussi les capacités pour le transmettre », et de plus, « il a du caractère pour prendre des décisions et en assumer les responsabilités ».

L’actuel secrétaire technique du Barça, Txiki Begiristain, avec lequel il a joué pendant six saisons, ajoute « que personne ne prenait plus de plaisir que lui à s’entraîner. Il s’est toujours amusé de ce qu’il faisait et c’est une qualité que peu de personnes peuvent se targuer d’avoir ».

Un autre crack de l’époque, Hristo Stoichkov rappelle que « tu savais à chaque match qu’il allait te donner une passe décisive ; s’il y a quelqu’un qui représente le barcelonisme, c’est bien Pep Guardiola. C’est un phénomène ».


Source: Sport

Posté par barceloneman
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