Array La vie de Pep Guardiola (Chapitre II) : "Il était extrêmement nerveux, il vomissait avant les matc - FC Barcelona Clan

En Une | Pep Guardiola | mardi 31 mars 2009 à 17:26  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Ses premiers entraîneurs au centre de formation du Barça expliquent qu'il était impliqué dès son plus jeune âge.

 

Guardiola impressionnait au Barça depuis qu'il était tout petit


Le 28 juin 1984 fut l’un des jours les plus importants dans la trajectoire sportive de Pep Guardiola. Oriol Tort, responsable de la Cantera, le suivait depuis un certain temps et c’est cet été que sa venue à La Masia s’est concrétisée. Dès le début il brilla, bien que son physique lui joua des tours.


Son premier entraîneur en Infantil fut Antonio Olmo. L’entraîneur originaire de Sabadell raconte que « c’était la saison 1984-85 et Pep arrivait de Santpedor. Il était un peu spécial, très mince, mais avec des qualités incroyables et une grande nervosité. Il vomissait même dans les vestiaires avant les matchs parce qu’il était nerveux ».


La tension de Pep est compréhensible si on prend en compte que, selon Olmo, « c’était un gamin qui assumait énormément de responsabilités. C’était un leader. A 18 ans, il osait même dire à Koeman ce qu’il devait faire sur le terrain… Il vivait et analysait les matchs de façon incroyable ». Oriol Tort l’appellait ‘Le petit sage’. Au niveau personnel, « Pep était très sociable, avec une âme de leader. Il te regardait avec les yeux et les oreilles grands ouverts. Il comprenait rapidement et ne te posait aucun problème ». Footballisitquement, il n’a pas eu à lui expliquer beaucoup de choses puisqu’il « comprenait facilement ce qu’il devait faire ».


“Il volait le ballon, il était malin…”. Olmo détecta un autre facteur qui a aidé Pep à être plus fort de jour en jour : « Il avait un avantage important. Il avait dans le cœur les couleurs du Barça. Tout le monde a pu s’en rendre compte après le but face à Goteborg alors qu’il était ramasseur de balles ».


Une des anecdotes qui décrit le mieux sa forte responsabilité est que « en finale du Championnat d’Espagne des – 19 ans à Albacete. Il nous a demandé si lui et Albert Tomás pouvaient venir. Il est venu ravi, mais le Betis a gagné face à nous. Il s’est approché de moi très touché et m’a dit ‘Je suis désolé coach, je n’ai pas pu vous aider’, comme s’il se sentait coupable ».


Un autre coup dur fut quand « je l’ai eu en Juvenil et je devais réaliser un rapport pour monter l’équipe des Juvenil A de l’année d’après. Je l’ai décrit comme un joueur très intéressant, mais qu’il devait encore se former physiquement. 90 % de ses coéquipiers sont montés, et lui est resté en Juvenil B. Malgré le fait qu’il était le meilleur, d’autres facteurs entraient en jeu. C’était le meilleur, mais il n’allait pas non plus en sélection espagnole. Cette année-là, il a réussi à jouer avec la filiale en Segunda B ». Concernant son absence en sélection, Olmo dévoile que « je disais déjà à Chus Pereda, qui était l’entraîneur des Juvenil de la sélection,  de garder un œil sur lui… mais avec son physique il ne pouvait pas l’appeler ».


Celui qui fut trois fois son entraîneur souligne que « Paco Seirul·lo fut fondamental pour améliorer son physique. Il travaillait avec la sélection de handball et réalisait des travaux spécifiques avec la Cantera, et après Cruyff  a pris Pep en équipe première ».


Un de ses autres entraîneurs au centre de formation fut Quique Costas. L’entraîneur originaire de la Galice l’aida définitivement à monter en équipe première. Costas rappelle que « Pep était très malin, discret, réservé, un bon gamin, mais physiquement c’était une brindille. Il était très maigre ».


Quitter Santpedor ne l’avait pas affecté tant que ça car « ses parents venaient de temps en temps et son frère était très proche de lui. S’il regrettait son départ, alors ça ne se voyait pas parce qu’il était très réservé, bien que c’est toujours difficile de quitter son nid et prendre son envol ».


Un des actuels responsables du centre de formation rappelle que Pep « était introverti jusqu’à ce qu’il prenne un peu plus d’aisance. Il te disait ‘Coach pourquoi on ne fait pas comme ça ou autrement ?’. Tout le monde de l’extérieur le voyait déjà entraîneur quand il était joueur ».


Guardiola a également dû essuyer quelques critiques comme quoi « il était lent, il ne défendait pas, il n’allait pas au contact de la tête, il ne mettait pas un but… mais il voyait le jeu avant tout le monde. Il a eu la chance d’avoir ‘Charly’ (Rexach) et ‘El Flaco’ (Cruyff). Peut-être qu’avec un autre entraîneur il serait à Manresa ».


Le match qui reste en tête de Costas fut « à Benidorm et on devait gagner pour monter. On a joué de malchance et on n’a pas réussi à l’emporter. Je me rappelle que Busquets était le gardien. Ils sont tous rentrés chez eux déçus, mais Pep a mis des jours à s’en remettre. Il n’arrêtait pas de pleurer de rage, on aurait pu gagner facilement. C’est un des jours où je l’ai vu au plus mal ».


C’est que Guardiola « souffrait de tout, surtout quand les choses allaient mal, bien au-delà d’une défaite ou d’une victoire ». La filiale de Costas jouait contre Sabadell « un samedi et le vendredi, Pep est venu me voir et m’a dit ‘Johan m’a envoyé avec vous et m’a demandé à ce que l’équipe gagne et que je marque un but. Pep a joué incroyablement bien et marqua un but sur retournée acrobatique ».


Une autre personne qui a vécu près de Guardiola lorsqu’il était jeune est Josep María Fusté. « Je l’ai connu quand il avait 15 ans et il était en Infantil du Barça. Costas et Rexach m’ont dit qu’il y avait un enfant qu’il fallait absolument voir et qui voulait me connaître parce que j’étais l’idole de son père », rappelle Fusté. Aussitôt dit, aussitôt fait. Depuis cette rencontre, une amitié inébranlable s’est forgée et souvent l’ancien apprenait du jeune. « Je ne sais pas si je lui ai donné beaucoup de conseils parce qu’il était clair dans ses idées et peu de personnes ont pu lui apprendre des choses », rajoute Fusté.


Il lui apporta toutefois son aide quand il en eût l'occasion. Un jour, il s’est dirigé vers Johan Cruyff alors que les vétérans du Barça jouaient en foot salle et lui demanda d’augmenter le salaire de ce jeune de la Cantera qui s’appellait Guardiola et qui jouait en équipe première depuis peu. ‘El Mago’ en a tenu compte et a offert un salaire professionnel plus en adéquation avec ceux de l’équipe première.


Source: Sport

Posté par barceloneman
Article lu 8053 fois