Array La vie de Pep Guardiola (Chapitre I) : "Petit, il supportait déjà la douleur et était responsable - FC Barcelona Clan

En Une | Pep Guardiola | mardi 31 mars 2009 à 15:36  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

L'ancien directeur de son école et ses premiers coéquipiers détaillent le processus de formation de Guardiola...

 

Guardiola étant petit
 

Le ballon a toujours été une référence pour Josep Guardiola. Ses amis d'enfance ont toujours en tête gravé l'image de Pep avec un ballon et anxieux à l'idée de jouer. En classe il était un élève de plus, mais tous les regards se portaient sur lui lors des récréations. A l'école Llissach de Santpedor (son village natal), tout le monde se souvient de l'habilité innée du fils de Valentí et Dolors pour jouer au football avec son physique fragile et frêle.

Guardiola a été éduqué par les religieuses de l'école dirigée par Toni Besares, qui nous rappelle quelques anecdotes, et comme il ne pouvait en être autrement, toujours avec un ballon.

Pepe était un enfant réservé, bien plus introverti qu'extraverti. Besares explique par exemple comme Pep était capable de souffrir sans qu'on s'en rende compte : "Presque personne ne le sait,  mais quand il allait au cours élémentaires, il tombait pendant la récréation plus d’une fois. Il s’est disloqué l’épaule, mais il n’a rien dit et ne s’est pas plaint. Il est retourné en classe, et retourné à la maison et c’est en rentrant qu’il disait qu’il avait mal. C’est sur ce genre de détails qu’on se rend compte qu’il supportait la douleur. Mais pourquoi il ne disait rien ? Je ne sais pas si c’était par crainte de se faire engueuler, parce que c’était son caractère ou de peur qu’on ne le laisse plus jouer. Il était très responsable ».

Un de ses camarades de classe et actuel président de a Penya Barcelonista de Santpedor, Toni Valverde, rappelle qu’ils organisaient des matchs sans fin « qui commençaient le lundi et se finissaient le vendredi. Le résultat pouvait être de 58 à 49 ou quelque chose comme ça. L’objectif de tous les lundis était d’avoir Guardiola dans ton équipe. Il était le plus demandé. Lors des récréations, il sortait vraiment du lot ».

Un autre de ses amis et voisin, Joan Perelló, a passé de nombreuses heures à jouer dans la rue avec l’actuel entraîneur du Barça, et bien que Guardiola n’était pas turbulent, il a en tête une anecdote dont il se souvient.  « C’était habituel de jouer sur la place ou dans la rue, là où se trouvaient les câbles d’électricité qui traversaient le village. Quand on commençait à jouer, on tirait au dessous pour toucher le câble, et le village se retrouvait sans lumière. Plus tard, le Land Rover de Fecsa arrivait et on disparaissait en vitesse ».

Perelló indique qu’il y avait toujours un élément qui allait de paire de façon indissociable avec Guardiola : le ballon. « On jouait avec toute sorte d’objets, mais Pep avait toujours un ballon avec lui, même à vélo. Il ne se séparait jamais de lui ». Son voisin décrit Pep comme quelqu’un « d’un peu réservé, et surtout, très vif et intelligent. Un enfant éveillé avec une grande capacité de leader ».

L’entraîneur du Barça est parti de Santpedor à 13 ans pour intégrer La Masia. A partir de ce moment là, il ne rentrait presque plus que pour les vacances de Noël ou d’été. Le directeur de l’école indique que pendant « la Fiesta Mayor, le club organisait des tournois de foot pour les jeunes et tout le monde voulait Guardiola dans leur équipe. Un jour, je l’ai trouvé tout seul sur le terrain en train de tirer avec sa façon bien à lui. On s’est salué et il m’a dit qu’il était en train de jouer. Je lui ai dit que ça me paraissait bizarre qu’il soit là à ne pas participer au tournoi. Pep était déjà quelqu’un de très responsable et m’a répondu qu’il ne voulait pas risquer de se blesser et rentrer à La Masia pour un simple match de foot en salle ».

Son parcours professionnel l’a éloigné de Santpedor et sa présence passe beaucoup plus inaperçue, comme l’explique Besares, parce que « ses parents ont construit leur maison au début du village et on les voit plus trop venir au centre du village. C’est la première maison du village. Ils n’ont pas besoin de venir jusqu’ici ».

Par contre, Guardiola revient presque tous les ans à la fête de Sant Miquel. Toni Valverde raconte « que quand il revient, il nous salue et ne nous met pas mal à l’aise. Ces 15 dernières années, quand on se croisait, on ne parlait jamais de football. Il nous demandait comment on allait, le travail… ».

Son habileté balle aux pieds l’a amené à s’inscrire à – seulement - neuf ans à l’une des meilleurs écoles de foot de Bages, celle du Gimnàstic de Manresa. Il a aussi changé de collège et est allé à La Salle, à presque cent mètres des terrains de foot. Ses entraîneur étaient les mythiques Casado et Marsol, qui le ramenaient chaque jour en voiture jusqu’à Santpedor. Les deux techniciens, qui sont décédés depuis, l’ont guidé pour que son football commence à briller sur les terrains de la région.

Un de ses ex coéquipier, Toni Sánchez, actuellement délégué des Alevín du club, n’a jamais oublié « le premier match qu’il a joué avec nous. C’était sur le terrain de Navarcles. Il est rentré en seconde période.  Au milieu de terrain, on lui a conseillé de jouer comme il savait le faire, et cinq minutes plus tard, on s’est tous regardé et on s’est dit : Quel joueur ! Il avait un an et demi de moins que nous et il nous a tous bluffés ».

Guardiola était un enfant prodige et « il a été surclassé en Infantil alors qu’il avait l’âge d’un Alevín au Gimnàstic. Il commençait même à décider du sort des matchs et le Barça a commencé à le suivre ». Casado et Marsol furent ses mentors, et comme l’explique Toni Sánchez, «  ce sont deux institutions au Gimnàstic. En plus, Marsol avait joué à Can Barça au début des années 60. Il avait un nom ».

Pep est entré dans le vestiaire sur la pointe des pieds car « c’était quelqu’un de très responsable, qui ne disait pas un mot et qui était timide. Au début, il ne parlait avec personne. Il jouait et voyait qu’il était le meilleur de l’équipe, mais il restait toujours aussi prudent ».  Son physique caractéristique attirait toujours l’attention et son ex coéquipier commente que « c’est dur à dire, mais il était comme un manche à balai. On ne voyait que la tête. On lui a donné un corps au Barça ».

Un autre match mémorable de Guardiola avec le Gimnàstic de Manresa fut quand « il avait 10 ans et il jouait avec des gosses de 12 et 13 ans. C’était sur le terrain de Sant Vicenç de Castellet et il est entré en jeu en deuxième période alors qu’on perdait 2-0. Le match a fini à 5-2 et tout le public de Sant Vicenç a fini par l’applaudir ». Pep a été décisif, bien qu’à cette époque, « il n’avait pas non plus la chance de marquer. Velasco était là pour ça ». Toni se réfère à Enrique Velasco, un autre joueur du Gimnàstic qui a vécu à La Masia. Son seul regret est que Pep ne leur rende visite « ne serait-ce qu’une fois par an ».


Chapitre II : De 13 à 19 ans

Il a signé au Barça le 28 juin 1984. Il a alors emménagé à La Masia, où des entraîneurs comme Antonio Olmo ou Quique Costas ont fait de lui un joueur et où Josep Maria Fusté l'a toujours soutenu.


Source: Sport

Posté par barceloneman
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