Array Hommage à Victor Valdès - FC Barcelona Clan

En Une | Victor Valdés | vendredi 29 août 2014 à 00:37  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Sa décision était irrévocable. Homme au caractère bien trempé, ni sa grave blessure, ni les retournements de sa situation contractuelle avec l’AS Monaco, ni les appels du pied du club n’y ont rien changé : Victor Valdès quitte les cages du Barça après 12 saisons. Retour sur un itinéraire sinueux.

Biographie

 

Né à L'Hospitalet de Llobregat (Catalogne) le 14 janvier 1982

1,83 mètre

Gardien de but

Numéro 1

Au club depuis 1995 (formé au Barça) en équipe A depuis 2002

Nombre de matchs : 535

Nombre cartons jaunes : 27

Nombre cartons rouges : 3

Sélections (Espagne) : 20


Victor Valdès intègre la Masia, dès 1992 à l’âge de 10 ans seulement. Cependant, pour des raisons personnelles et familiales, lui et sa famille sont contraints de quitter Barcelone et déménagent à Ténérife. Victor évolue alors au club du CD-Ténérife pendant 3 ans. 
En 1995, il retourne au Barça et joue dans les différentes équipes des catégories inférieures. 
Il fait ses débuts avec l’équipe première lors de la saison 2002/2003 où il fait quelques apparitions avec l’équipe première (le reste du temps il joue en B). Il débute officiellement en première division le 1er septembre 2002 lors du match opposant le Barça à l’Atlético Madrid (2-2). Il a alors 20 ans et il garde les cages du club pendant 14 matchs de Liga alternant les titularisations avec le portier argentin Roberto Oscar Bonano. Il dispute aussi 6 matchs de ligue des champions où il encaisse seulement 3 buts.


Cette saison ne fut cependant pas parfaitement agréable pour Victor. Van Gaal, l’entraîneur qui lui avait donné la possibilité de débuter en équipe première le relègue sur le banc des remplaçants puis l’oblige à rejouer avec la filiale en ne le convoquant plus en équipe première. Victor Valdès, qui prit ceci comme une humiliation, décidait non seulement de ne pas se présenter aux matchs du Barça B, mais en plus de ne pas se présenter aux entraînements pendant 3 jours. Ce comportement aurait pu lui valoir un bannissement du club ou une autre sanction exemplaire si Joan Gaspart -36ème Président-, qui croyait en Victor et qui avait remarqué son potentiel, n’avait pas fermé les yeux sur cet acte de désobéissance. Après le limogeage de Van Gaal pour cause de mauvais résultats, le nouvel entraîneur Radomir Antić donne sa confiance à Victor Valdès qui retrouve l’équipe A.

 

Lors de la saison 2003/2004 Victor alterne dans un premier temps avec le portier turc Rustu Reçber mais il termine la saison en étant titulaire en partie grâce à la confiance de son entraîneur Frank Rijkaard et à cause des mauvaises performances du gardien turc. 
La saison 2004/2005 est celle de sa consécration définitive. Il dispute 35 des 38 matchs de Liga et devient le joueur disputant le plus de minutes dans l’équipe. Il encaisse lors de cette saison seulement 25 buts (0.71 but par match) et fut incontestablement un des acteurs principaux dans la conquête du titre de champion d’Espagne 2004/2005. Il remporte en plus le trophée Zamora qui récompense le gardien ayant encaissé le moins de but dans une saison.

Lors de la saison 2005/2006, Valdès continue d’être le numéro 1 et conquiert la Champion's League. Néanmoins, le natif de l’Hospitalet de Llobregat fait l’objet de débats pour certaines apparitions dans des matchs décisifs où on lui reprochait ses erreurs faisant perdre des points importants au Barça et notamment lors de deux matchs, celui contre Valence et Osasuna. 
Le 17 mai 2006, lors de la finale de la LDC au stade de France à Paris contre Arsenal, Victor Valdès s’illustre positivement. Il sauve plusieurs fois son équipe en réalisant divers arrêts décisifs. Le 1er, à la 2ème minute : Henry, après avoir reprit un centre d’Eboué se retrouve à quelques mètres du but face à Valdès, le portier blaugrana gagne son premier duel. Quelques secondes plus tard, le français retente sa chance de loin grâce à une frappe puissante intérieure du pied droit mais elle est bien déviée par Totor. Plus tard dans le match à la 70ème minute, San Victor gagne son face à face crucial à Henry en évitant le 2-0 des londoniens… C’est alors que 5 minutes plus tard, Eto’o égalise puis 5 autres minutes après, Belleti marque le but de la victoire. Valdès en étant décisif permet au club de glaner la 2ème « Coupe aux grandes oreilles » de son histoire.

Lors de la saison 2006-2007, le gardien catalan joue les 38 matchs de Liga ; la saison suivante, il laisse sa place à José Manuel Pinto pour les trois dernières rencontres de championnat. Toujours au top de sa forme, il progresse et devient l’un des gardiens de buts ayant joué le plus de matchs pour le FC Barcelone.

Fin de l’époque Rijkaard, début de l’âge d’Or Guardiolien. La saison 2008-2009 fut exceptionnelle pour lui comme pour l’ensemble de l’équipe : il remporte avec son club un sextuplé historique (Liga, Coupe d’Espagne, Supercoupe d’Espagne, Champion’s League, Supercoupe d’Europe, Coupe du Monde des clubs).

A l’issue de cette saison historique, le Catalan prolonge avec le FC Barcelone jusqu’en juin 2014 sans se douter à ce moment-là que ce sera son dernier contrat avec le club.

Il remporte son cinquième Trophée Zamora lors de la saison 2011-2012, son quatrième consécutif, ce que personne n’avait fait avant lui. Autre chiffre à noter : 0.5. C’est le ratio le plus faible de buts encaissés par match sur une saison. Record établit lors de la saison 10-11. Avec un début de saison 2013-14 tonitruant (à mi-saison, il compte 21 matchs pour 58 arrêts et 11 clean sheets) et un Casillas absent du Championnat, les observateurs commençent sérieusement à penser que le gardien du Barça va aller chercher son 6 ème Zamora. Record absolu et manière de marquer l’histoire du championnat espagnol qui ne serait que justice.  

Il affiche une grande efficacité sur la ligne et dans les airs, mais encaisse le poids d’une défense devenue très fébrile. Pendant le Clasico au Camp Nou du 27 octobre 2013, Valdès réalise une très grande performance et sauve le club. Le stade scandera son nom à plusieurs reprises. 

Et puis il y a cette réception a priori anodine le 26 Mars au soir d’une rencontre maitrisée face au Celta Vigo. Victor s’écroule et avec lui tous ses espoirs de participer à la fin de saison en Club et au Mondial brésilien…

 

Rupture des ligaments croisés. Opération inévitable.

C’est donc sur civière que le gardien catalan quitte pour la dernière fois la pelouse du Camp Nou. Triste fin. Mais l’amertume de cette histoire n’est pas finie. Refusant tout hommage, de la part d’un club dont il repousse désormais toutes les avances, Valdès ne recevra pas l’hommage d’un public qui lui doit tant. L’AS Monaco dont il avait fait son point de chute a décidé de ne pas honorer le pré-contrat établi avant sa blessure. Sur le chemin de la guérison, en pleine force de l’âge et avec un palmarès incroyable, Victor Valdès se retrouve pourtant sans club, en errance entre la maison dans laquelle il ne veut pas revenir et celle qu’il n’a pas encore trouvé.

Valdès devra donc se « contenter » d’égaler le record d’Antoni Ramallets. Il reste néanmoins le seul gardien catalan à avoir disputé et remporté trois finales de Champion’s League.

Espérons pour lui comme pour le monde du football que la situation se résolve rapidement.

En sélection


Dans sa jeunesse, Valdès fut convoqué pour les sélections U-15 et U-17 des catégories inférieures.

Il fut aussi convoqué par la Roja, l’équipe nationale espagnole le 15 août 2005 pour un match amical à Gijon contre l’Uruguay pour palier la blessure d’Iker Casillas. Mais c’est Pepe Reina qui disputa l’intégralité de la rencontre.

Ses excellentes performances l’envoient en sélection sur le tard. Il est appelé pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud mais ne joue pas une seule minute. Avec la sélection, il remporte une Coupe du Monde en 2010 ainsi qu’un Euro en 2012. 

En concurrence avec le titulaire indiscutable Iker Casillas, Valdes peut espérer avoir sa place au Mondial. En effet depuis l’arrivée d’Ancelotti, c’est Diego Lopez qui couvre tous les matchs de championnats et Casillas qui joue les matchs de coupe et de Champion’s League. Il a de moins en moins de temps de jeu et n’a joué qu’une dizaine de matchs.

Valdes lui réalise une saison énorme et joue tous les matchs excepté la Coupe du Roi (qui reviennent traditionnellement à Pinto). Si l’on doit comparer les statistiques de Valdes et Casillas sur cette saison, c’est sans doute Valdes qui a le plus de mérite. Le coach espagnol a préféré titulariser Valdès pour affronter la Biélorussie et la France (blessure du madrilène). Le sélectionneur espagnol a d’ailleurs justifié son choix : “Tous les gardiens ont le même rythme d’entraînement et de matches, mais Iker Casillas n’a joué qu’un seul match ce mois-ci. On verra bien comment les choses évolueront à l’avenir. On verra déjà qui jouera le dernier match contre la Géorgie”.

Malheureusement, sa blessure vient briser tout espoir de participer à la XXème édition du Mondial.

 

Palmarès


Victor Valdes a un palmarès long comme le bras, l'un des plus garnis en Europe. Vainqueur 6 fois de la Liga (2005, 2006, 2009, 2010, 2011, 2013), il est aussi le seul joueur du Barça à avoir disputer l'intégralité des trois finales de Champion's League remportées par le club (2006, 2009 et 2011), où il a toujours été décisif. Le portier catalans compte aussi deux Coupe du Roi à son actif, remportées en 2009 et en 2012, sans avoir jouer une seule minute.

Au niveau des titres moins importants, l'international espagnol a remporté la Supercoupe d'Europe deux fois (2009, 2011) ainsi que la Coupe du monde des clubs les mêmes années où il a soulevé la Supercoupe d'Europe. Avec le Barça il a aussi gagné 6 fois la Supercoupe d'Espagne, l'année où le club se présentait en tant que champion de la Liga.



En sélection, la Coupe du monde 2010 et l'Euro 2012 récompensent sa grande carrière, même si Valdes n'a pas pris part aux matchs.

Pour ce qui est des distinctions individuelles, Valdes a été élu meilleur gardien de la Liga trois années consécutives (2009, 2010, 2011) ainsi que le trophée Zamora à 5 reprises (2005, 2009, 2010, 2011 et 2012). Il est aussi membre de l'équipe type UEFA en 2011.

 

 

 

Profil

 

Disons le d’emblée, si Puyol était notre Capitaine Conan, notre Capità, toujours égal dans l’implication, valeureux dans l’engagement, fair-play avec l’adversaire, sans un mot plus haut que l’autre, Valdès serait plutôt notre Achille, celui dont la colère sourde a fait trembler les murs de Troie. Parce que ce dont il faut parler d’abord c’est du caractère trempé de Valdès. Et il en faut pour porter sur ses épaules le poids des espoirs catalans, entendre sans discontinuer les murmures moqueurs de ses bévues que rien ne semble pouvoir effacer, et rester le dernier rempart de cette armada légendaire sur lequel on fera trop souvent porter le poids des échecs sans prendre en considération les erreurs collectives qui pouvaient conduire à des situations très compliquées pour n’importe quel goal au monde.

Du caractère donc. Un attachement au Club, évidemment mais plus encore à la Catalogne et à sa fierté. Comment comprendre autrement sa réaction le 28 Avril 2010, lors de l’élimination du grand Barça face à l’Inter de celui qui avait commencé comme traducteur de Robson ? Traversant le terrain pour faire taire le triomphe provocateur du coach portugais, Valdès avait fait ce que beaucoup de Culés avaient envie de faire. Déception, fierté, orgueil. On aurait presque pu croire que c’est lui qui ce soir-là avait déclenché l’arrosage automatique. Malheureusement la douche froide était pour nous…

 

 

Ce caractère a souvent fait des étincelles avec un autre fort tempérament : Louis Van Gaal avec qui la relation a été tumultueuse (cf. l’épisode du refus de s’entrainer avec les B). Rien à voir avec la complicité que l’héritier de Zubizarreta a entretenu avec Franck Rijkaard. Il suffit pour s’en convaincre de se souvenir de sa grande chevauchée au coup de sifflet victorieux de la finale de Paris, qui l’amène jusque dans les bras du coach hollandais.

 

Malheureusement, il faut avouer que ce n’est pas vraiment difficile de trouver une compilation des bourdes de Valdès ou d’entendre des critiques à son égard, argumentant qu’il ne s’agit que d’un joueur moyen qui a eu la chance de se retrouver dans la meilleure équipe de Club de tous les temps. Une mauvaise relance, un ballon échappé… il a été critiqué, moqué et souvent même dans les rangs blaugranas. Si ces erreurs existent, il ne faut pas sous-estimer la difficulté qu’il y a à assumer le poste de gardien de buts au Barça et lutter contre ceux qui caricaturent le « double V » comme un gaffeur invétéré. 

 

Valdès a clairement progressé lors du passage de Pep Guardiola dans sa lecture du jeu, devenant à la fois le dernier rempart et le premier relanceur. Cette volonté de jouer selon les principes, de croire en la victoire malgré les difficultés a notamment été saluée lors du Clasico du 10 Décembre 2011 par Pep Guardiola. Contrairement à la majorité des gardiens qui se rassurent après avoir encaissé un but « casquette » suite à une mauvaise relance (surtout après 22 secondes de jeu !!), Victor a continué à relancer court, sachant qu’il était le premier maillon d’un circuit de jeu qu’un grand coup de pied de dégagement mettrait à mal. Ce courage, cette force de conviction a sans doute permis à l’équipe de ne pas se déstabiliser et à continuer à croire en son plan de jeu. Menés 1-0 au bout de 22 secondes de jeu, les Barcelonais s’étaient imposés 1-3 ce soir-là. Qui osera dire après ça que ce joueur ne mérite son palmarès que « parce qu’il est bien tombé » ?

 

Travailleur toujours en train de chercher à se perfectionner, athlétique, gros caractère, lecture du jeu, technique au pied au-dessus de la norme… il faut rajouter à cette liste l’un des points forts de Valdès : le face-à-face, le un contre un. Là encore, partie visible de l’iceberg qui illustre parfaitement cette caractéristique : les trois titres européens.

Prenons les trois finales et trois des meilleurs attaquants de la décennie passée : Thierry Henry, Cristiano Ronaldo et Wayne Rooney.

 

2006 : 2 ème minute, débordement puis centre d'Eboué, Henry se défait du marquage de Marquez et se retrouve face à face avec Valdès, sortie très rapide du gardien qui dévie le tir. Sur le corner qui suit, Henry, survolté, se construit lui- même une occasion. Corner rapidement joué avec Pirès, se décale et place une frappe puissante que Valdès va chercher au ras du poteau!

2009 : Dès la deuxième minute, coup franc obtenu par Anderson sur une faute de Touré. Le portugais prend évidemment sa chance. Frappe puissante avec un rebond juste devant Valdès qui n'arrive pas à bloquer le ballon mais parvient à le repousser, arrêt décisif. 70ème, centre à ras de terre qui traverse la défense, Ronaldo se retrouve aux 6 mètres seul face à Valdès qui une fois encore fait parler sa vitesse et sa lecture du jeu. Si ce soir-là Ronaldo a multiplié les frappes, peu ont été cadrées mais Valdès a répondu présent à chaque fois.

2011 : peu de frappes des mancuniens tant la partition blaugrana était magnifique ce soir-là, mais Valdès a clairement permis aux siens de passer le 1er quart d’heure sans mal et se manifeste à nouveau dans les cinq dernières minutes pour étouffer toute possibilité de retour.

 

 

Valdès est un joueur de grand rendez-vous. Son palmarès en atteste. L’Histoire retiendra la contribution de Valdès à la plus belle page du Club, il ne mérite pas moins. En tous cas, il ne sera pas dit que nous avons laissé faire.

 

 

 

Ils en ont dit ...

 

C’est un luxe et un plaisir d’entraîner quelqu’un d’aussi doué que Víctor. Il n’est jamais fatigué et en demande toujours plus. C’est un joueur inhabituel parce qu’on doit toujours insister pour qu’il aille à la douche. Il demande toujours à rester plus longtemps s’entraîner. Si ce n’était que lui, il ne mangerait meme pas.” Explique Juan Carlos Unzué (entraîneur des gardiens)

 

Pour illustrer cette citation, on le voit ici avec Juanjo Brau  à la Ciutat Esportiva. Photo anondine à première vue, sauf qu’elle est suivie de ces mots : “Super cession d’entraînement aujourd’hui. Je suis prêt. Merci Juanjo de toujours être à mes côtés. Ah… et joyeux Noël à tous!”. 


 

Avant un match, Víctor venait vers nous et nous demandait notre opinion et des infos sur tel ou tel joueur, savoir s’il devait partir sur la gauche ou sur la droite en cas de frappe, s’il était à l’aise avec ses deux pieds… Un très grand professionnel.” Gérard Piqué.


Merci pour tout Victor...

 

 


Posté par Clément
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