Array [Forum Focus] ''Il n'est pas de douleur que le sommeil ne sache vaincre.'' - FC Barcelona Clan

En Une | Forum Focus | jeudi 29 avril 2010 à 22:51  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Cette semaine, nous avons choisi unanimement l'exceptionnelle analyse du match de mercredi contre l'Inter par Javito dont l'esprit pourrait très bien être résumé par le trait d'esprit de Balzac.

Campagne de pub du Barça

LE CONTEXTE

 

La semaine dernière, vous avons proposé le message d'espoir d'El Culé. Après la campagne médiatique d'envergure du club -symbolisée par ce slogan "Nous y laisserons notre peau"-, les déclarations des joueurs et la volonté affichée, qui peut dire qu'il n'y avait pas vraiment cru, même au plus profond de son âme? Finalement, le Barça s'est imposé par une victoire certes, mais une victoire trop courte. L'Inter de Mourinho a complètement fait déjouer le Barça de Guardiola. 

 

Force est de constater que les faits nous ont donné tort, la confiance qui nous a habité était trop grande. Mais, qui oserait nous accuser d'arrogance et de manque de clairvoyance? Comment ne pas y croire lorsqu'il n'y a pas d'espoir? N'est-ce pas la tâche de tout supporter qui vibre pour son club?

 

Mais, aujourd'hui, il faut en faire encore plus. La désillusion de la défaite est bien trop grande. Donc, il faut continuer à aimer, à supporter le club, à y croire même lorsqu'il n'y a plus d'espoir. C'est peut-être la forme de fidélité la plus grande.

 

Tous ne peuvent pas se targuer d'avoir fait preuve d'une telle fidélité. Mais comprenons l'amertume qui frappe le supporter déçu. La frustration peut conduire à s'en prendre aux adversaires, aux autorités, à ses propres joueurs et à son entraîneur. La passion n'est pas passivité, elle s'exprime dans l'impulsion.

 

Dans le topic d'après-match du forum, cette passion s'est exprimée et parfois de manière excessive. Mais, avec le recul il faut retrouver la fidélité et l'humilité. "Errare humanum est, perseverare diabolicum", disait le sage Sénèque. 

 

 

LE FORUMEUR

 

L'erreur, Javito n'a pas l'habitude de la commettre. Pas d'inquiétudes de ce côté-là! Ce membre fidèle du clan depuis sa création, a cependant attendu le jour suivant la déconvenue barcelonaise pour exprimer ses sentiments sur la prestation du Barça avec le recul nécessaire de l'analyste chevronné qu'il est. 

Habitué des chroniques d'après-match que nous vous présentons sur le portail, Javito est aussi un pilier des topics "avant-match" et "après-match" de notre forum. Certes, il ne poste pas très souvent. Ce n'est pas le genre de forumeur à s'exprimer à l'emporte-pièce pour finalement ne rien apporter au débat. Mais, lorsqu'il nous éclaire, vous pouvez avoir la certitude que son analyse sera singulière et de qualité.

 

 

LE POST

 

 

Un match semblable à la demi-finale de l'an dernier

Comme en septembre à San Siro et à la manière de Chelsea l’an passé, l’Inter a su anéantir notre attaque avec deux lignes défensives très rapprochées devant la surface jouant la zone et coulissant sur toute la largeur. Face à cela le Barça a produit un jeu stéréotypé avec une absence assez criante de prise de risque sauf en fin de match.

 

 

Ce dernier point me semble capital car tout le problème de ce match c’était d’arriver à récupérer le « momentum » mental : le « yes we can » incantatoire auquel le public, la presse, les dirigeants et les joueurs ont tous adhéré avant le match avait besoin d’être « aidé » par les faits. Un but était nécessaire pour que l’équipe se libère, prenne (ou retrouve) confiance, et pour que l’Inter vacille. Depuis ses perfs contre Chelsea, l’Inter est dans une spirale mentale extraordinaire, elle sent que la gagne est de son côté et que rien ne l’arrêtera. C’est cette spirale, qui s’est renforcée avec le 3-1 de l’aller, qu’il fallait casser. Dans le même temps, les joueurs du Barça sachant qu’ils ont souvent eu du mal face aux défenses très renforcées (Chelsea l’an passé et l’Inter en septembre, mais aussi le Shaktar à Monaco, ou encore la finale de la coupe du monde des clubs) étaient forcement dans le doute d’autant plus qu’il fallait marquer non pas un mais deux buts, ce qui génère le stress de vouloir marquer le second but avant d’avoir mis le premier. On sentait qu’ils avaient absolument besoin de ce premier but. D’ailleurs la fin de match l’a confirmé, même si on peut sans doute penser que la fatigue a joué un rôle dans le mini effondrement intériste des 10 dernière minutes (Bojan rate déjà une occasion incroyable juste avant le but de Piqué).

 

Pour marquer plus vite, je pense qu’il aurait fallu prendre plus de risque que ce soit dans la composition de départ ou dans le positionnement ensuite des joueurs.

 

Touré en défense centrale, c’était selon moi une excellente idée, même si l’Ivoirien a rappelé une nouvelle fois qu’il fait saison plus que médiocre. Face à une équipe qui allait attendre très bas, il était évident que les deux centraux auraient souvent le ballon au départ des actions. Donc plutôt qu’un Milito qui ne sait que défendre et un Marquez uniquement bon dans le jeu long, on met Touré capable d’avancer balle au pied voire de s’infiltrer assez haut (remember Bilbao en finale de la Copa).

 

 

Après l'exclusion de Motta, le Barça n'a pas tenté le tout pour le tout

 

Mais problème : que vient faire Milito à gauche ? Ce joueur est un pur défenseur. Il ne sait rien faire d’autre et donc il ne faut pas lui demander autre chose ! Alors forcement le pauvre n’a fait que des passes en retrait et n’a jamais pris son couloir. Mais comment l’accabler, il ne sait pas faire. Choix vraiment incompréhensible de Pep. D’autant plus incompréhensible que l’Inter s’est retrouvé à 10 au bout de 25 minutes. Pourquoi attendre la mi-temps pour faire sortir ce pauvre Milito qui n’aurait jamais du jouer ? Bref Pep rattrape son « erreur » à la mi-temps en mettant Maxwell. Mais cela a fait perdre du temps. Et tous les détails comptent dans ce genre de match, d’autant plus qu’on aurait pu imaginer un choix encore plus offensif que le Brésilien (Bojan ? Henry ? Ah non ce dernier est au placard).

 

Ensuite dans la mise en place, on a laissé ce pauvre Ibrahimovic bien trop seul. Déjà qu’il n’arrive à rien, si en plus vous le laissez se démener au milieu de 4 joueurs ce n’est plus possible. Il fallait impérativement mettre un deuxième joueur dans cette zone axiale afin de mieux fixer la défense intériste et donc avoir de l’espace sur les côtés. Quand Piqué est monté en fin de match, cela a tout de suite amélioré les choses. Ibra n’avance pas depuis son arrivée, il est lent, statique, brouillon, insupportable etc, etc. mais franchement, seul face à une telle densité, c’était juste mission impossible pour lui.

 

J’ai été vraiment fasciné par notre manque de densité offensive pendant les trois quarts du match. J'ai arrêté de compter les actions où on a joué avec strictement personne à l’intérieur c'est-à-dire sur les deux centraux, ou bien entre les deux centraux et les deux défensifs. Ibrahimovic était trop seul mais il a aussi pas mal dézoné à droite où étonnamment Alves a peu mis les pieds. Et comme Messi a joué bas pour aider à la création cela a donné un désert.On manquait vraiment de densité offensive. Face à un tel mur, il ne faut pas hésiter à attaquer à 8 ou 9 ! C’était d’autant plus la chose à faire que l’Inter était à 10 et qu’elle avait vocation à chaque récupération à balancer le plus loin possible sans aucune ambition de contre. Il suffisait de laisser un joueur dans le rond central pour récupérer les dégagements avec Valdes un peu devant sa surface, deux joueurs reculés à la création et de mettre tout le reste devant. Au lieu de ça, on a souvent vu Busquets, Piqué et Touré rester au niveau du rond central avec aucun intériste dans leur zone. Un joueur comme Alves a attendu les vingt dernières minutes pour jouer haut, et je n’ai vu quasiment aucun soutien pour Pedro de la part de Maxwell. Beaucoup d’actions se sont conclues par des centres sur lesquels la défense intériste s’est régalée : et pour cause il n’y avait personne pour leur disputer le premier ballon, mais aussi pour leur disputer le second ballon. Je n’ai pas vu une seule récupération haute du Barça dans ce match.

 

 Malgré la possession de balle et la supériorité numérique, les vagues offensives catalanes étaient beaucoup trop espacées : être organisé défensivement sur une attaque placée, tout le monde sait faire. Mais quand les vagues reviennent toutes les 10 secondes c’est beaucoup beaucoup plus difficile.

 

Enfin dernier point, au-delà de certaines faillites individuelles (même si personnellement j’aurai du mal à trouver un bouc émissaire de la non qualif), on a manqué aussi de percussion. Le seul qui s’est autorisé des dribbles, c’est Messi. Les autres se sont contentés de faire du Handball avec des passes latérales ou en retrait, pour au final chercher la passe impossible avec Ibra ou Keita. Quand une défaite est bien en place, il n’y a pas trente six façons de marquer : 1) la frappe de loin (laquelle peut être contrée ou mal repoussée) ; 2) le décalage, ce qui implique qu’une différence en un contre un soit fait à un moment où à un autre avec des dribles ou des mouvements d’appels et contre appels très importants ; 3) la récupération très haute du ballon au moment où l’équipe adverse est en train de se remettre en ordre.

 

Bon j’en reste là sur les aspects les plus immédiats de cette grosse désillusion. Cela s’est joué à nouveau sur des détails, même si je pense que les choses auraient pu être mieux faites de notre côté que ce soit dans le choix des joueurs ou les consignes. Certains joueurs ont à nouveau déçu, d’autres ont manqué. Mais au fond même avec Iniesta sur le terrain et Ibra et Eto’o sous leurs anciens maillots, on aurait peut-être fait le même match (remember Chelsea l’an passé sans Keita ni IBra mais avec Eto'o et Iniesta...). Ce type de défense renforcée nous pose un problème intrinsèque : notre jeu n’arrive pas à s’y adapter. Même si il faut reconnaitre que c’est très difficile…

 

Je rends hommage à l’Inter qui a fait preuve d’un courage formidable après l’expulsion de Motta. Défensivement c’était impressionnant à voir. Quelle solidarité ! Quelle rigueur dans le placement et le replacement ! 

 


Mourinho fête la victoire face au Barça Selon, moi, le « génie » de Mourinho tient moins à son travail tactique qu’à l’état d’esprit incroyable qu’il sait insuffler à joueurs. Ce type est un préparateur mental sans égal. Ses talents de tacticiens sont indiscutables, cependant, le catenaccio ne demande pas spécialement de tactique particulière. Il suffit d’être bien en place, de ne pas faire d’erreur, d’avoir de la réussite et un arbitrage pas trop défavorable (coups francs, péon). C’est attaquer qui demande au fond beaucoup tactiquement, car vous n’êtes plus en situation de réagir mais d’agir, et il faut pour cela avoir une organisation mais savoir aussi en sortir. Ainsi c’est surtout au match aller que Mourinho a été brillant tactiquement dans sa façon de faire attaquer son équipe avec un pressing sur les centraux et deux ailiers revenant très bas. M’enfin de toute façon, la vraie contribution d’un coach au succès de son équipe a toujours été et continuera d’être un mystère. Car ce sont quand même les joueurs qui jouent, et uniquement eux...

 

Pour la finale, je vois l’Inter battre le Bayern même si ce sera sans doute plus serré que ce que j’aurais pu penser il y a un ou deux mois. Le Bayern fait preuve de qualité dont je ne soupçonnais pas l’existence. Il faut bien admettre qu’ils ne sont pas aussi faiblards que cela. Mais toute de même, leur parcours jusqu’en finale est assez miraculeux.

 

Quant à nous, il nous reste un magnifique titre à aller chercher. Ce sera très difficile car les joueurs ont reçu un gros coup de bambou. On va voir ce que cette équipe a dans le ventre à Villarreal. On ne peut pas gagner la Ligue des Champions chaque année, même si j’ai encore du mal à me remettre de la déception d’hier : le doublé aurait été vraiment magnifique (Bernabeu n’étant que la cerise). Mais bon avec cette équipe on reviendra l’année prochaine, et l’année d’après. Tout le contraire de l’Inter qui fera sans doute un « one-shot » (équipe relativement vieillissante + départ de Mourinho à Madrid cet été).

 

Pour l’avenir, la question du départ d’Ibrahimovic se posera sans aucun doute car l’erreur de casting après 8 mois apparait manifeste. Sa sortie hier a sonné de plus comme un nouveau désaveu après celle du match aller qui pouvait en partie (seulement en partie) se justifier par un manque de rythme et de caisse (retour de blessure). Le bonhomme a du talent c’est certain, mais ce n’est pas le joueur qu’il nous faut. City pourrait être intéressé… A nous de réussir à récupérer une partie de la mise si on décide de s’en séparer. Deux noms s’imposent alors : Villa et Torres. Les deux ont le profil qu’il faut (bien qu’ils aient des styles de jeu différents) : vitesse, mouvement, capacité à courir et presser, connaissance du jeu espagnol et du très haut niveau, et grosse efficacité. Mais chacun a un gros défaut : Villa va vers ses 30 ans ; Torres est très souvent blessé.

 

Il faudra aussi renforcer le secteur offensif histoire d’avoir autre chose que Keita et Jeffren comme solution de rechange à Pedro et Iniesta. Le précédent mercato a été un fiasco, il faudra rattraper le coup.

 

Néanmoins, la déception ne doit pas nous conduire à assassiner cette équipe qui a fait tant de belles choses cette année encore. Et même hier cela s’est joué à pas grand-chose, même si on a mal joué. Car au fond entre le 1-0 d'hier et le 1-1 miraculeux de Stamford Bridge, il n'y a eu qu'une seule vraie différence (de taille) : la qualif'. 

 

 

Ne pas oublier les exploits de la Pep Team 

 

PS 1 : l'arbitrage : calamiteux sur les deux matches. Motta a eu les jaunes qu'il aurait du avoir à l'aller. Busquets en rajoute un maximum. Mais Motta aurait fait la même chose (les leçons de morale de l'Inter c'est vraiment à mourir de rire). Hélas c'est aussi ça le foot, même si je le regrette. Néanmoins on ne parle pas d'un rouge direct mais d'un deuxième jaune.

Le but de Piqué me parait Hors-jeu, mais tout comme le but de Milito à l'aller cela va très vite, et c'est peut être pas mal qu'on laisse l'avantage dans le doute à l'attaquant. La main de Touré c'est un peu la même chose cela va très vite. Vu l'enjeu du match et le fait que l'Inter ait déjà subi deux décisions contestables (l'expulsion et le but), l'arbitre a préféré la jouer "sécurité".

 

PS 2 : le match aller : Oui évidemment une partie de la qualification s'est jouée à l'aller. Si on avait gagné 3-0 la bas cela n'aurait pas été la même histoire, naturellement. Cependant, je pense que la remontada était largement à notre portée…

 

Vous avez sans doute autant apprécie que nous la contribution de Javito. Vous pouvez aussi proposer la votre sur le forum.

 

Retrouvez toutes les réactions concernant les avant et après matchs du FC Barcelone en coupe d'Europe sur ce lien

 

Retrouvez l'après-match de la confrontation face à l'Inter ici. Si vous voulez consulter le message de Javito par vous-mêmes, reportez vous à la page 20. 



Source: FCB Clan

Posté par Rivaldo89
Article lu 6121 fois