Array 1) Andrés INIESTA : le génie en pleine lumière - FC Barcelona Clan

Chronique | Iniesta | dimanche 14 juin 2009 à 15:48  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Enfin indispensable, Iniesta a réalisé une saison exceptionnelle associé au milieu avec Xavi. Le Manchego est le numéro 1 de notre Top 20 basé sur la moyenne des notes attribuées par les rédacteurs du FCB Clan.

Note moyenne : 6,67

Il était déjà sous l’ère Rijkaard un crack pour tous les observateurs attentifs du Barça et de fait l’un des joueurs les plus utilisés par le coach hollandais que ce soit en attaque (généralement à gauche, mais aussi à droite notamment avant l’arrivée dans l’équipe première de Messi) ou au milieu (généralement relayeur, mais aussi au poste de pivot devant la défense) voire en défense (comme lors de la fameuse et fumeuse expérimentation du 3-4-3 où il jouait plus ou moins latéral gauche). Bref Iniesta c’était déjà le joueur parfait, à la fois rapide et technique, dribleur et passeur. Couteau suisse génial, le Manchego ne se plaignait par ailleurs jamais de ne pas débuter une partie même quand cela était absurde (finale contre Arsenal en 2006), de même qu’il ne réclamait pas de poste fixe. Le joueur parfait donc. Et pourtant. Oui et pourtant.

Au-delà de carences qu’il conservera sans doute jusqu’à la fin de sa carrière (manque de charisme, faible adresse devant le but, physique limité), il manquait finalement à Iniesta encore une chose : apparaître indispensable. Car au fond Iniesta n’a toujours été qu’un douzième homme au Barça sous Rijkaard. Il débutait certes la plupart des matches importants, mais il n’a jamais fait partie de l’équipe type, même lors de la dernière saison du Batave sur le banc. Devant, les « quatre fantastiques » se partageaient en effet trois places (les différentes blessures évitant toutefois à Rijkaard le moindre choix compliqué, Ronaldinho, Eto’o, Henry et Messi n’étant que rarement ensemble sur la même feuille de match). Au milieu, Xavi et Deco étaient les choix numéro un, tandis que Touré était indiscutable au poste de pivot. Iniesta jouait beaucoup avec Rijkaard. Iniesta jouait magnifiquement. Mais Iniesta n’était qu’un superbe mais éternel second choix.

Auteur d’un Euro somme toute moyen, où titulaire à droite du milieu à quatre de la Roja il brille peu, Iniesta revient dans un Barça amputé de Ronaldinho et surtout Deco, mais pas de Eto’o. La conséquence de tout ceci est très simple. Iniesta est dans le onze type de Guardiola. Et à un poste précis. Milieu relayeur, aux côtés de Xavi, l’indéboulonnable maître à jouer des Catalans, renforcé qui plus est par un titre (discutable) de meilleur joueur de l’Euro. En pivot, si Guardiola doute dans un premier temps de Touré, ce n’est pas pour y mettre Iniesta, tandis que le poste d’ailier gauche apparaît réservé à Henry à qui l’on promettait l’axe en cas de départ de Eto’o et en qui le nouveau coach croit très fort.

Iniesta et Xavi à la baguette au milieu, beaucoup sont sceptiques. Et pas à tort car cela n’a jamais marché sous Rijkaard. Manque de physique, manque d’impact à la récupération : les arguments ne manquent pas. Bref voilà une association sympathique pour jouer un Almeria au Camp Nou mais qui apparaît suicidaire contre un Séville à Sanchez Pizjuan. Et pourtant. Oui, et pourtant.

Quand Puyol soulève le troisième trophée de la saison, le plus prestigieux, celui de la Ligue des Champions, c’est au terme d’une finale assommée par la maîtrise technique d’un duo de relayeurs que le monde entier acclame et que tous les clubs ou presque jalousent : Xavi et Iniesta. Ce dernier a encore ébloui par sa maîtrise technique, son aisance dans la conduite de balle, sa capacité d’accélération et son vision du jeu. Plus personne ne songerait à critiquer son physique ou son manque de charisme. Iniesta n’a pas besoin de prendre tous les ballons de la tête ni de hausser la voix. Il se contente de jouer ; traduction : de caresser le ballon. Même son but contre Chelsea de 20 mètres, si décisif, si beau, si inattendu, dans les dernières secondes du temps additionnel, n’est qu’une caresse. Ce match est un symbole de la nouvelle dimension prise par le Manchego. Buteur, donc héros, Iniesta a surtout semblé manquer cruellement au milieu. Car il y est devenu indispensable. Iniesta demeure brillant en attaque. Mais c’est au milieu qu’on veut le voir. Et quand il n’y est pas là, il faut vraiment que l’équipe tourne bien pour que l’énorme grain de sable créé par cette absence n’enraye pas toute la mécanique.

Si l’on ne peut pas parler de Iniesta dépendance (le grand chelem lors du Tourmalet de fin d’année est accompli sans lui), on ne peut que souligner à quel point il a manqué lors de certains moments difficiles (on pense au passage à vide de février qui correspond à sa deuxième blessure). Iniesta n’est pas le patron. Mais personne n’imagine un onze sans lui, à moins d’y être contraint et forcé par ses blessures musculaires à répétition.

Sur l’ensemble de la saison sa régularité impressionne, bien que sa première partie ait été un peu chaotique. Après avoir sombré comme toute l’équipe à Numancia, le Manchego est sur le banc contre Santander. Et malgré quelques belles performances (notamment contre Gijon), il est loin d’être le meilleur une fois l’envol dans le jeu et les résultats de la Pep Team (moyenne de seulement 5,97 pour l’année 2008). Surtout, Iniesta se blesse contre Bâle début novembre au Camp Nou. Six semaines d’arrêt. Le Barça doit faire sans lui lors du Tourmalet. Ainsi c’est surtout son année 2009 qui a été stratosphérique. Quand il revient en janvier contre Majorque, il est d’entrée décisif et ne semble nullement à court de compétition. 6,44 de moyenne en janvier, 6,63 en février, puis 7,15 et 7,13 en mars et avril avant l’apothéose de mai avec 7,38 : Iniesta est sur son nuage. En 2009, il n’obtient aucune note en dessous de 5 et décroche cinq notes supérieures ou égales à 8, son match le plus aboutit étant celui contre Séville au Camp Nou remporté 4-0 où il joue quasiment en position de numéro 10.

Iniesta, un génie enfin dans la lumière en 2009. Ravir la première place de notre classement à Leo Messi en dit long sur l’excellence de ses performances et ce malgré des statistiques somme toutes modestes. Car avec seulement 5 buts en 41 matches, il peut faire mieux, bien mieux.

 

Ses cinq matches clés :

FCB 5-2 Lyon
FCB 2-0 Huelva
FCB 4-0 FC Séville
Chelsea 1-1 FCB
FCB 2-0 Manchester United

 

Statistiques (FC Barcelona.cat) :

Liga : 26 matches joués, 1995 minutes (dont 1860 comme titulaire), 4 buts et 9 passes décisives.
C1 : 9 matches joués, 816 minutes (dont 816 comme titulaire), 1 but, 1 passe décisive.
Coupe du Roi : 6 matches joués, 453 minutes (dont 430 comme titulaire), 0 but et 0 passe décisive.


Posté par javito
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