Array Real Madrid 3-1 FC Barcelone : La peur de l'échec - FC Barcelona Clan

En Une | Clasico Et Derby | mercredi 29 octobre 2014 à 18:08  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Inquiétant pendant une bonne partie de la rencontre, le Barça s'incline en terres madrilènes et n'a plus qu'un point d'avance sur son rival...

Les faits et le jeu
 

Le Clasico tant attendu arrive. Avec un Real plus convaincant, un Barça nouveau, la fin de la suspension de Suarez, le record de Messi et Bravo, le Bernabeu attend de pied ferme le choc de l'année. Les catalans sont en positions en de force, avec 4 points d'avance, la pression n'est pas du côté des hommes de Luis Enrique.

Mais l'entraîneur asturien reste surprenant dans l'annonce de son onze. Luis Suarez, 0 minute en match officiel depuis 4 mois, est titularisé ! Pour le reste, d'autres surprises de la part de Lucho. Si Bravo occupe les cages, Mathieu est décalé à gauche pour laisser la place à un tandem Piqué-Mascherano. Alves est à droite, Jordi Alba se retrouve du coup, sur le banc. Avec Rakitic et Pedro, qui sont préférés à Xavi et l'uruguayen. L'entraîneur catalan fait donc confiance au trio légendaire Busquets - Xavi - Iniesta. Devant, Messi et Neymar accompagnent l'ancien canonnier de Liverpool.
Pas de surprise pour Ancelotti, très clair déjà avant le match. C'est l'équipe type (sans Bale, blessé) qui se présente sur la pelouse  : Casillas - Carvajal, S.Ramos, Pepe, Marceo - Kroos, Modric, James, Isco - Cristiano Ronaldo et Karim Benzema.


Dès les premières minutes, les catalans possèdent le cuir et sont plutôt haut. Le début de match est même idéal, Messi et Neymar tentent déjà de combiner, sans succès. Messi accélère sur le côté droit et passe le ballon à Suarez, sur la ligne de touche. L'uruguayen change d'aile pour Neymar et contrôle le cuir. Le brésilien profite de la passivité de Pepe et de l'espace libéré par Messi (qui embarque Modric) pour rentrer sur son pied droit et trouver les petits filets, 1-0 après seulement trois minutes de jeu. Une entame idéale des blaugranas où le trident offensif se met déjà en évidence. L'une des interrogations majeures de la rencontre est de savoir le positionnement de Luis Suarez au sein de ce trident offensif, lui qui a joué la plus longue partie de sa carrière comme attaquant de pointe, bien qu’il ait passé des périodes sur les ailes avec l’Ajax. Le début de match permet de voir que Messi commence assez nettement derrière Neymar et Suarez, rendant possible la création d’un positionnement en diamant du milieu blaugrana, avec Busquets à la base, et Xavi et Iniesta un  peu plus haut. La plupart du temps, on remarque la tendance que prend l’argentin, à essayer d’orienter le jeu à partir de l’espace qui existe derrière les deux milieux axiaux madrilènes, Kroos et Modric, et devant la défense, bénéficiant d’une grande liberté de mouvement. Cependant, cette disposition de l’attaque catalane se montre très axiale, et permet au Real de bien contenir l’adversaire et se lancer d’une façon organisée dans des attaques rapides. La réaction madrilène ne tarde pas, lancé en profondeur à gauche, Benzema se présente face à Bravo mais ne parvient pas à redresser le cuir, le ballon passe devant la cage barcelonaise (7'). Les blaugranas se montrent plutôt agressif dans l'intensité proposés, Messi écope d'un jaune pour avoir charger Kroos (9'). Dans la minute qui suit, Benzema est trop court pour réceptionner un centre de Marcelo. Puis, après un bon travail de Cristiano sur le côté, l'attaquant français reprend de la tête son centre qui trouve la barre, Benzema est à la réception du ballon pour reprendre le cuir de volée mais ça frôle l'équerre. Le Real ne doute pas, et est dans un temps fort dans ce premier quart d'heure.

La rencontre est néanmoins équilibrée et les visiteurs disposent de pas mal d'espaces entre les lignes. Mais ils ne profitent que très peu de ces situations, à l'image d'un Neymar qui tergiverse balle au pied lors d'un contre bien mené (14'). Dans le match, il est aussi demandé aux arrières catalans de s’occuper grandement de la création de la largeur au niveau offensif. Malheureusement pour le Barça, la période creuse que traverse l’arrière brésilien Dani Alves, se confirme lors de ce clasico, et il est incapable de tirer profit des situations offensives barcelonaises. Parallèlement à gauche, Mathieu, habitué depuis deux saisons maintenant de jouer presque exclusivement dans l’axe de la défense, éprouve donc en toute logique beaucoup de difficultés à fructifier ses montées offensives pourtant assez nombreuses. Les madrilènes continuent d'attaquer de manière tranchante, en faisant mal sur les ailes. Cristiano tente la frappe lointaine mais elle est trop molle pour inquiéter Bravo (18'). Les catalans sont encore dans le tempo de la rencontre en ayant une bonne gestion de la possession, c'est à dire, assez supérieurs pour avancer et ne pas être inquiéter dans des zones dangereuses. Suarez côté droit, centre pour Messi dans la surface, la Pulga reprend la gonfle aux 6 mètres mais Casillas détourne le ballon du genou. C'était l'occasion de doubler la mise (23').


Le tournant de la première mi-temps permet au Real de toujours aller de l'avant. Marcelo, bien à l'aise sur son aile face à un Alves très fébrile, s'infiltre dans la surface et centre en retrait. En taclant, Piqué touche le ballon de l'avant-bras, et l'arbitre désigne le point de pénalty. Cristiano Ronaldo se charge de la sentence et égalise, 1-1 et premier but encaissé par le Barça en championnat. Une égalisation somme toute logique tant les madrilènes ont eu les occases les plus franches. Marcelo toujours aussi remuant, centre pour la tête de James qui est trop décroisée pour inquiéter Bravo (43'). Ce sera la dernière occasion de cette première période plutôt rythmée. Après un bon début des catalans, les madrilènes sont vite revenus dans la partie pour se procurer les situations les plus dangereuses. Messi aura eu l'occasion de doubler la mise, mais petit à petit, la bonne prestation catalane s'éteint notamment dans le dernier quart d'heure.




Le second acte reprend, avec un Real beaucoup plus rentré dans le match. En conséquence de cette responsabilité offensive très importante des latéraux, Luis Enrique a demandé à ses relayeurs, comme il l’a souvent fait cette année, de prendre des positions assez écartées pour pouvoir couvrir les flancs, laissant ainsi le milieu défensif catalan Busquets, confronté à de larges espaces à ratisser. Les permutations offensives du trio Isco, James et Ronaldo, accompagnés des dézonages de Benzema (l'homme du match), et des profondes montées de Kroos et Modric rendent la mission du longiligne milieu catalan encore plus difficile. D’une façon bizarre, Luis Enrique qui a choisi Xavi pour permettre à son équipe de mettre le pied sur la balle, se retrouve dans un scénario où le Real parvient à contester le cuir, et où le Barça, avec des milieux incapables de contribuer correctement aux missions défensives, se voit déchiré de toute part par les attaques rapides adverses. Petit à petit les merengues prennent le contrôle du match et annihilent toutes tentatives des leaders du championnat. À la suite d'un corner provoqué par un joli sauvetage de Piqué, Kroos trouve un Pepe lancé qui catapulte le cuir au fond des filets, 2-1. Les locaux sont en confiance, ne doutent pas, comme un avantage psychologique qui change. Les barcelonais repartent de l'avant, et tentent d'aller marquer le but égalisateur. Suarez multiplie les propositions, mais il n'est pas encore au top pour pouvoir réellement peser sur le match. Quant à Messi, il disparait de la circulation au fil des minutes. Mathieu côté gauche déclenche un missile aux trente mètres, Casillas sort une magnifique parade pour détourner le cuir en corner (56'). Ce sera la dernière occasion franche du Barça (à part une tête peu convaincante de Neymar), la dernière demi-heure sera entièrement madrilène.

Luis Enrique tente de réagir, Rakitic remplace Xavi et s'en va tout de suite tirer un corner. Le centre en retrait à mis hauteur est dégagé par la défense merengue. Iniesta, pressé par Isco, est en couverture, mais remet le ballon en retrait à... personne (à cause d'une mauvaise entente avec Mascherano). Isco accélère, passe à Cristiano qui sert James, le colombien valide l'appel croisé de Benzema dans la surface. L'ancien lyonnais croise son tir et bat Bravo, 3-1. Cette fois-ci la messe est dite, malgré le temps qui ne manque pas. Car les madrilènes ont réussis à désamorcer le rival. Ils laissent peu de temps aux milieux catalans pour se trouver et combiner, rendant le jeu de possession catalan très poussif. Le pressing n’est pas haut, mais le bloc est solide, et les joueurs merengues contestent sans cesse le ballon rendant l’avancée offensive des blaugranas difficile. Le Barça se retrouve donc souvent dans une situation incommode, obligé de chercher la balle des pieds des locaux plus souvent que prévu, confirmant ainsi ses difficultés des dernières saisons, au niveau de la récupération rapide de la balle. Amenés à défendre bas, les catalans s’essayent à l’exercice de l’attaque rapide pour sortir vite la balle dans une tentative de trouver Neymar et Suarez sur la rupture, discipline qu’ils ne maitrisent pas encore, et à défaut de combinaisons bien senties, on assiste à des pertes de balles répétées. Contrairement au Real, qui excelle dans les situations de transition rapide, avec le troisième but comme exemple très parlant. La prestation des latéraux, Carvajal et Marcelo, résume le match retentissant des locaux. Les deux ont bien défendu, et grâce à leur penchant offensif, ils se permettent d’apporter le danger dans la surface adverse, et exploiter les mouvements vers l’axe des ailiers comme ce contre où Marcelo ne parvient pas à trouver Cristiano (64'). Luis Enrique procède à un autre changement en faisant entrer Pedro à la place de Suarez (69'). Ancelotti lui, ne bouge pas, et fait confiance à sa ligne de 4, où Isco et James sortent tout simplement le match parfait. Présents en défense, ils facilitent aussi les relances grâce à leur qualité technique et n'hésitent pas à répéter les courses vers l'intérieur.

Le bloc catalan est complètement explosé et rien ne va. Pris dans l'obligation d'aller réduire la marque, cela a pour conséquence de voir une défense extrêmement exposée où le contraste Piqué/Mascherano est juste saisissant. Le champion du monde espagnol n'y arrive plus tandis que l'argentin ne fait que sauver les meubles. Comme sur cette action côté droit où, Piqué, prenant le dessus sur Benzema semble pouvoir repartir vers l'avant. Mais le 9 merengue lui subtilise le ballon en l'humiliant dans le duel physique, ce dernier sert James qui frappe, mais Mascherano se jette pour contrer le ballon (76'). Dans la surface, Pedro prend le dessus sur Pepe mais emmène mal son ballon, Sergio Ramos tacle et éloigne le danger (79'). Voyant le match plié et maîtrisé de sa part, Ancelotti procède à ses trois changements en cinq minutes afin de pouvoir donner une ovation à ses joueurs. Isco, Benzema puis Modric sortent sous un public conquis, Illarramendi, Khedira et Arbeloa les remplace. L'occasion de définitivement fermer toutes possibilités, déjà que les catalans ne trouvaient plus d'espaces.

Le Real s'impose dans ce premier clasico de la saison. Tactiquement au point et physiquement supérieurs, les merengues ont toujours été dans la partie même lorsqu'il fallait revenir au score. Là où par le passé, les madrilènes pouvaient sortir du clasico une fois le but encaissé. Sereins, ils ont petit à petit pris l'ascendant sans laisser aucune miette. Cette défaite est aussi celle de Luis Enrique. Voulant créer un coup de bluff autour de la titularisation de Suarez, le technicien asturien n'a bluffé que lui-même. Au lieu de sécuriser les espaces et profiter du surnombre au milieu, Lucho s'est jeté dans la gueule du loup en proposant une composition ambitieuse certes, mais pas au point. Ni dans le trident offensif, ni au milieu où, les trois légendes de l’entre-jeu ne répondent plus aux exigences du jeu sans ballon. Cette composition coupe aussi toute possibilités de "plan B" selon les circonstances. Ce qui fait que Sergi Roberto remplace dans l'urgence un Iniesta touché. Un désaveu envers "ses" hommes (Rakitic, Mathieu) et envers d'autres comme Jordi Alba, inexplicablement sur le banc. Sa précipitation lors des changements alors que son homologue italien ne bouge pas d'un sourcil, montre qu'il s'est trompé dans son approche. Le troisième but est représentatif de tout ça. Voulant réagir au but merengue, Rakitic entre en jeu à la place de Xavi (pourquoi pas Iniesta ? Busquets ?) et s'en va tout de suite tirer un corner. Sur le contre, Iniesta se montre tendre, facile, et les madrilènes tuent le match. Cette défaite doit servir de référence. Une référence pour définitivement fermer la page guardiolesque, une référence pour enfin opérer aux réels changements (7 joueurs sur onze avaient été titularisés à Wembley en 2011) et faire confiance aux autres.

 

Les joueurs
 

Bravo : 6

Souvent mis à contribution, l'ancien gardien de la Sociedad a été en confiance dans ses prises de balles, et dans son jeu au pied. Il ne peut pas grand chose sur les buts encaissés, ses premiers de la saison.


Alves : 4

Ce match confirme son faible niveau depuis le début de la saison. Mis en difficulté par son homologue brésilien, l'ancien sévillan a été fébrile et totalement inoffensif. À sa décharge, son côté était délaissé par ses coéquipiers.


Piqué : 3.5

C'était son troisième match consécutif, et c'est de pire en pire. Les clasicos au Bernabeu étaient pourtant une garantie pour le central espagnol, mais cette fois-ci il était vraiment dépassé. Pris de vitesse, dans les duels, mauvaise couverture, rien n'a sauvé le catalan. En guise de cerise sur le gâteau il provoque le pénalty égalisateur.


Mascherano : 7.5

Avec onze joueurs au même état d'esprit, le match serait beaucoup plus simple. L'argentin a encore fait preuve d'un leadership, d'une grinta et d'une lecture du jeu de haute volée. C'est simple, sans lui, ça vire à l'humiliation.


Mathieu : 5.5

Surpris de jouer sur l'aile, selon ses dires, l'ancien toulousain a tenté, mais avec pas mal de difficulté. Il a aussi pas mal été oublié par ses coéquipiers lorsqu'il prenait son aile, mais ça ne le décharge pas d'une certaine fébrilité dans les duels. Vivement son retour dans l'axe.


Busquets : 3.5

Alarmant. Les lignes étirés ne l'aident pas, mais son état inquiète. Est-ce une lassitude définitive ou de réels pépins physiques ? Le problème doit se régler en tout cas et rapidement. Sa couverture ne servait à pas grand chose, et même si sa technique est irréprochable, elle ne permet pas de faire avancer l'équipe. La pouple a joué un peu sur la dilettante, façon Gamper, ce qui explique les boulevards au milieu.


Xavi : 5.5

La maquina a contribué au contrôle du cuir, à la relance, et quelques offensives. Mais il ne peut plus avoir un contrôle total sur le milieu de terrain comme par le passé. Malgré tout il reste le plus en vue de l'équipe au milieu, mais sort à l'heure de jeu à la place de Rakitic qui aura apporter ce qui manquait au milieu, mais sans succès.


Iniesta : 4

Le smoking au placard, la magie envolée, et voilà un Andes sans le don. Inoffensif, stérile, passif, le manchego est à l'image de son début de saison. Touché au mollet, il cède sa place à Sergi Roberto (72') qui n'a rien pu faire dans un match plié.


Suarez : 6

Clairement en manque de rythme et pourtant, l'uruguayen ne s'est pas caché. Volontaire, agressif, mobile, pour un premier match, il a montré quelques signes positifs comme son jeu au dos but, ou en première intention. C'est l'une des seules bonnes nouvelles de la soirée. Il est remplacé par Pedro (69') qui a apporté un peu plus de dynamisme, mais là encore, à 3-1, difficile de faire la différence seul.




Messi : 4.5

Un bon début de match, avec un surplus d'agressivité (deux fautes en moins de dix minutes), l'occasion de faire le break et après plus rien. La Pulga s'est éteint, ratant ses chevauchées, ses passes en profondeur, le Messi de la saison passée refaisait surface. Le record de Zarra attendra. Bien après le match, la presse révèlera que Leo a joué sous infiltration à cause d'une douleur à la cheville.


Neymar : 6

Un joli but en début de rencontre, quelques mouvements offensifs et petit à petit pris dans la tourmente par un Carvajal monstre. L'ancien de Santos aura au moins tenter des choses en se procurant quelques occasions, mais pas de quoi inquiéter Casillas.

 

 

Fiche technique

 

Real Madrid : Iker Casillas; Carvajal, Pepe, Ramos, Marcelo; James Rodríguez, Kroos, Modric (Arbeloa, m.88), Isco (Illarramendi, m.83); Benzema (Khedira, m.86) et Cristiano Ronaldo.

Barça : Claudio Bravo; Alves, Piqué, Mascherano, Mathieu; Busquets, Xavi (Rakitic, m.60), Iniesta (Sergi Roberto, m.72); Luis Suárez (Pedro, m.69), Messi et Neymar.

Arbitre : Jesús Gil Manzano
Avertissements : Messi (m.9), Neymar (m.14), Piqué (m.34), Iniesta (m.38), Carvajal (m.74) et Cristiano Ronaldo (m.92).
Buts : 0-1, M.4: Neymar. 1-1, M.34: Cristiano Ronaldo, de penalti. 2-1, M.50: Pepe. 3-1, M.61: Benzema.

81 000 spectateurs.

Article : Tele-santana
Analyse tactique : Ayoub Alami


Posté par Tele-Santana
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