Array Piqué : "Remportons les titres qui restent en jeu et faisons de cette saison une saison parfaite" - FC Barcelona Clan

En Une | Gerard Piqué | samedi 30 mai 2015 à 08:20  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Passé de "Piquenbauer" à symbole de l'errance des Blaugranas, Gérard Piqué a retrouvé au fil de la saison son meilleur niveau. Très médiatisé, décrié, envié, le joueur de 28 ans démontre à travers ses propos son intelligence et une grande lucidité. Homme de convictions, il parle du Barça, des médias, de Xavi, Puyol et de son statut.

Comment on se sent lorsque quelqu'un comme Xavi vous annonce qu'il part ?

C'est quelqu'un avec qui j'ai partagé sept saisons. Vous apprenez beaucoup de lui parce qu'il a été dans cette maison depuis longtemps et il sait ce dont a besoin le club à chaque instant. Footballistiquement parlant, il a été une référence pour l'Espagne et le monde entier. Il comprend le football d'une manière qui était différente de la façon dont le monde le voyait avant lui, il a créé une école. Dans le vestiaire son absence se fera sentir. Il était très important.

Maintenant que Puyol et Xavi sont partis, est-ce que ce ne se serait pas votre heure pour devenir un des capitaines ?

C'est à l'équipe de voter. Même si je ne suis pas capitaine, j'essaye de partager mes expériences. Effectivement, avec le départ de Xavi, il y a une place qui se libére. Je ne sais pas si ce sera maintenant mais dans l'avenir j'aimerai devenir un des capitaines.

Est-ce que vous vous définiriez comme un des leaders du vestiaire ?

Ce vestiaire n'a pas besoin de beaucoup de discours. Nous préfèrons parler sur le terrain. Il y a tellement de talents réunis qu'il y a finalement peu de choses que nous avons besoin de nous dire. Je pense que Messi est un leader, mais c'est un leader technique, il s'exprime sur le terrain, là où il fait la différence.

Qu'en est-il des règles de conduites auxquelles Puyol était vigilant ?

Puyi était un exemple dans ce compartiment, mais je ne pense pas être comme lui. Je suis Piqué. J'ai d'autres qualités et d'autres défauts. Avec mon expérience, je me sens très à l'aise dans ce rôle. Même s'il y en a d'autres que moi qui ont plus d'expérience, j'y suis vigilant.

Avec tous ces discours sur un triplé, il semble que le titre de champion d'Espagne soit passé inaperçu et que la Coupe d'Espagne est une obligation. Avez-vous ce sentiment ?

Pour nous, il n'est pas passé inaperçu. Peut-être que ça a été le cas pour quelque journaux qui avaient à placer en couverture la victoire de Madrid en Euroligue de basket-ball, mais pas pour nous. Nous sommes très fiers d'avoir remporté le championnat. La Coupe est proche et, s'il semble que c'est un titre plus petit, nous nous en soucions autant que de la Ligue des Champions. La Copa est un trophée de plus pour le musée du club et ici, au Barça, nous savons seulement comment gagner.

Qu'est-ce qui a changé après Anoeta ?

Je pourrais vous dire que nous avons eu une réunion, que nous avons tous juré que nous allions changer les choses, mais ça ne s'est pas passé comme ça. L'équipe, en tant que groupe , dépend de la confiance que les résultats lui donnent. Jusqu'en janvier l'équipe gagnait, mais avait encore quelques dérapages. Après Anoeta, nous avons commencé à avoir de gros résultats, accumulant plus de confiance et comprenant mieux ce que l'entraîneur nous demandait.

Puis l'Atlético est arrivé, une équipe que nous n'avions pas réussi à battre dans le jeu toute la saison dernière... et nous avons gagné. Cela nous a donné confiance. Il arrive un moment où vous vous rendez compte que vous êtes pris dans une spirale positive, que vous pouvez battre n'importe qui et c'est ça qui a fini par nous permettre de gagner la Liga et nous placer dans deux finales. Maintenant, nous ne devons pas arrêter ; nous devons gagner les deux matchs qui restent et faire une saison parfaite .

Est-ce vous qui avez commencé à mieux comprendre ce que l'entraîneur voulait ou lui qui a commencé à mieux vous connaître et mieux vous comprendre ?

Ce qu'il faut comprendre c'est que l'entraîneur arrive dans un vestiaire rempli de stars, rempli avec de joueurs qui ont gagné beaucoup de titres. Il a une idée au départ, celle de jouer avec Leo au centre de l'attaque et Luis Suárez sur l'aile. Les attaquants devaient être plus centraux. Avec le temps, nous avons réalisé qu'il n'y avait pas d'espace, que nous étions entassés et la décision à été prise que Leo se décale sur l'aile.

Il y a un peu de tout vraiment, des joueurs plus confiants au fur et à mesure que la saison avançait, l'équipe est devenue plus solide et, défensivement, nous nous sommes rapprochés, ce qui a contribué à ce que Bravo remporte le trophée Zamora... Il y a beaucoup de choses qui se sont réunies et contribuent à ce résultat.

Est-ce que la relation entre Leo Messi et Luis Enrique est si compliquée que ce qui a pu être dit ?

Ca fait partie d'un tout. Cela fait partie de la gestion d'une équipe aussi grande que Barcelone qui a des stars et où chacun est différent. Je peux vous dire par expérience que ce vestiaire est le meilleur dans lequel je sois jamais allé. Il y a des joueurs qui ont remporté la Coupe du Monde, l'Euro, la Ligues des Champions, tout. Il n'y a personne qui élève sa voix plus haut que les autres, il n'y a personne qui a un ego énorme, tout est simple.

Alors, c'est vrai qu'il y a des disputes parfois, comme il y en a dans tous les vestiaires dans le monde, mais cela fait partie de la vie d'un joueur de football. Il y a des joueurs ici qui jouent ensemble depuis 8 ou 10 ans. Qui n'a pas de dispute dans une relation de 10 ans ? Ca arrive et ensuite on avance et, en fin de compte, au bout de deux jours c'est réglé. Ce qu'il y a, c'est que c'est le Barça et que Leo est le meilleur joueur dans le monde donc tout devient hors de proportions.

Anoeta n'a pas marqué la fin des rotations ?

Non, je pense que l'entraîneur a continué à faire des rotations. Tous les joueurs ont participé. A un poste comme celui d'arrière central, dans lequel habituellement les mêmes gars jouent tout le temps, Bartra a beaucoup joué, Mathieu aussi, il a même marqué quelques buts. En milieu de terrain, ça a été la même histoire. J'ai le sentiment que l'équipe a bien tourné et que nous avons tous participé.

Votre niveau s'est élevé en même temps que celui de l'équipe. Que s'est-il passé ?

La même chose qui est arrivée avec l'équipe. Quand vous voyez que l'entraîneur compte sur vous, que l'équipe joue bien, que vous gagnez des matchs, que sur un plan défensif vous concédez peu de buts ... Je sens que je suis de retour au niveau auquel je voulais être au début de la saison et je me sens très à l'aise quand je joue.

On parle beaucoup du trident offensif, mais cela a été la saison où l'équipe a concédé le moins de buts.

Lorsque nous gagnons, les commentaires portent sur l'attaque, lorsque nous perdons, c'est sur les défenseurs, le gardien et l'entraîneur. C'est ce qui se passe dans les grands clubs et c'est normal. Vous avez jusqu'à trois attaquants de haut niveau qui sont les trois meilleurs joueurs du monde en ce moment d'un point de vue offensif, qui se comprennent parfaitement et s'entendent à merveille.

Vous parlez de Messi, Neymar qui est le joueur le plus déséquilibrant dans le monde en ce moment et qui marque beaucoup et de Luis Suárez qui peut jouer dos au but, qui peut résister à la pression, qui presse, qui passe le ballon dans l'espace, qui a un bon jeu aérien et qui marque beaucoup. Il est difficile de les faire taire.

Personne ne connaissait ter Stegen avant son arrivée ici.

Je pense que nous avons un gardien de but pour le présent et un pour l'avenir. Je me souviens de ce match en Copa del Rey contre Villarreal, ils nous pressaient haut et il a joué le ballon, avec son pied gauche, de l'intérieur du pied, sans aucun problème, une passe lobée. Je vous dis que beaucoup de joueurs en Liga, même dans ma propre équipe, n'ont pas le caractère ou la qualité pour réaliser cette passe à ce moment-là du match. Il le fait sans aucun problème et il est gardien de but. Son caractère le rend spécial.

Dans le système défensif, qu'est-ce qui importe plus : le gardien de but, la défense ou le pressing ?

C'est un tout. Vous pouvez avoir les quatre meilleurs défenseurs au monde, si le reste de l'équipe ne presse pas haut avec intensité, si les attaquants, les milieux de terrain et le gardien ne vous aident pas ... On dit toujours que la défense de Madrid est meilleur que le nôtre en raison de leurs noms, parce qu'ils ont Pepe, Sergio Ramos ... Eh bien, il n'a pas été une année, dans les sept que j'ai passées ici au cours de laquelle Madrid a concédé moins de buts que le Barça. (Pour info: Saison 14/15: 38 pour 21/ Saison 13/14: 38 pour 33 / Saison 12/13: 42 pour 40 / Saison 11/12: 32 pour 29/ Saison  10/11: 33 pour 21 / Saison 09/10: 35 pour 24/  Saison 08/09: 52 pour 35).

Oui, parce que quand le pressing fait défaut...

Alors ils arrivent à vous de partout. Et c'est ce qui arrive à toutes les équipes dans le monde. Lorsque vous n'êtes pas organisés, quand vous ne savez pas comment presser, c'est là que les problèmes arrivent. Si nous n'étions pas bien organisés, il aurait été très difficile que le Bayern n'ait pas réussi à obtenir un tir cadré sur l'ensemble du match au Camp Nou et nous avons réussi cela. Ce n'est pas seulement un joueur qui réussit ça, c'est toute l'équipe.

En parlant du Bayern, était-ce comme une revanche sur Guardiola ?

Non, pas pour moi et ce n'est pas non plus comme ça que le sentait l'équipe. C'était une demi-finale qui pouvait nous conduire à la finale de la Ligue des Champions ! Cela a été une motivation suffisante pour la victoire. Rien d'autre. Son retour à la maison avec la philosophie qu'il a exportée vers Munich était émouvante, oui. Mais il n'y avait pas de désir de vengeance. Tout ce que Pep nous a laissé était bon.

Le Barça de Luis Enrique est-il meilleur que le Barça de Guardiola ? A-t-il plus d'armes ?

On verra. En fin de compte, les équipes sont grandes parce qu'elles gagnent. Vous pouvez jouer incroyablement bien et avoir des millions d'armes, si votre musée ne possède pas de titres, ça ne comptera pas. Si nous parvenons à gagner plusieurs titres avec cette équipe, pas autant que nous en avons gagné avec Pep, nous pourrons comparer les deux. Je pense que maintenant, nous avons plus d'options.

Nous savons comment jouer en contres, ce qui était quelque chose que nous n'avions pas utilisé autant avec Pep. Peut-être que nous n'avons pas le contrôle que nous avions, mais cela ne nous garantissait pas les victoires, parce que cette année nous avons remporté plus de matches que jamais. Les équipes sont similaires; il y a des détails qui sont différents en raison du changement d'entraîneur et le fait que les joueurs sont plus expérimentés maintenant. C'est une équipe plus mature qui sait comment se sortir de situations compliquées. L'expérience vous permet de survivre à des moments difficiles d'un match.

Quels sont les changements au sujet de la stratégie de coups de pieds arrêtés ? 

C'est un peu de tout. Unzué a aidé. Il essaie toujours de trouver différentes façons dont nous pouvons générer des occasions sur ces phases de jeu. L'attitude des joueurs compte aussi, également un peu de chance. Nous essayons de ne pas concéder de corners inutiles ou des coups francs latéraux, car nous savons que nous ne sommes pas les meilleurs pour les défendre, que nous sommes faibles. Nous ne les avons pas  travaillé beaucoup, seulement à certains moments, avant les matchs spéciaux.

Craignez-vous que jouer la finale de la Copa del Rey au Camp Nou la rendra moins tendue ?

Je ne pense pas que ce sera le cas. Les années m'ont montré que la Copa est une compétition spéciale, surtout la finale. Vous rencontrez un environnement unique. Je ne pense pas que ce sera un match normal pour les fans du Barça. Il n'y aura pas les mêmes Socis qui viennent à chaque match à domicile ; les billets pourraient avoir été achetés par n'importe qui. Nous n'aurons pas à motiver les fans ; ils savent combien il est difficile d'y arriver, combien nous avons travaillé pour cela.

Quelle est votre opinion sur les possibles huées contre l'hymne national espagnol lors de la finale de la Copa ?

Quelqu'un a dit que si il y avait des huées, la finale devrait être suspendue, mais c'est quelque chose que vous ne pouvez pas contrôler. À la fin de la journée, ce sont les gens exprimant leur angoisse. Je voudrais aussi regarder de l'autre point de vue : pourquoi huent-ils ? Ils ne huent pas sans justification. Il est vrai que des huées ne sont peut-être pas la bonne chose à faire mais, en fait, vous êtes juste en train de huer un hymne. Huer l'hymne national n'est pas la meilleure décision dans le monde à prendre, mais je ne suis pas l'une des personnes dans les gradins. Je suis sur le terrain en train de jouer au football.

Avez-vous, comme Bartomeu, senti que des éléments extérieurs tentent de déstabiliser le Barça quand vous jouez bien ?

Il n'y a rien de nouveau. Dans les dernières années, nous avons été entourés de trucs qui étaient sans rapport avec le football, et tout le monde a une opinion à ce sujet. Mais, en tant que joueurs, nous devons nous concentrer sur notre travail. Il y a d'autres personnes, comme le président, qui peuvent traiter les choses qui ne concernent pas les joueurs.

Seriez-vous affecté s'il y avait un article dans la presse à propos de Madrid qui vous voudrait dans ses rangs ?

Faire face aux rumeurs fait partie de la vie quotidienne. En novembre, il y avait quatre équipes qui étaient prétendument après moi, je peux vous montrer les couvertures. Le journalisme aujourd'hui est ce qu'il est. Il est vrai qu'il y a toutes sortes de journalistes mais nous devons regarder la tendance. La tendance va vers ce qui vend le plus et vers des titres juteux qui font visiter les sites web. Mais c'est quelque chose qui se passe au Barça et à Madrid dans une égale mesure.

Allez-vous continuer au Barça ?

Je prendrai ma retraite au Barça. Je ne sais pas quand - plus tard ce sera, mieux ce sera. Je suis sûr de cela. Je ne peux pas me voir porter un autre maillot. Si je vois que l'année prochaine je ne suis pas à la hauteur, je raccrocherai mes crampons à 29 ans. Je n'associe ce sport avec rien d'autre que Barcelone.

J'ai joué pour Saragosse, pour Manchester United, je vivais l'expérience Premier League. En Espagne, en dehors du Barça, où irais-je ? Je ne me vois pas dans aucun autre club. Je ne sais pas si je me retire dans un ou deux ans, j'espère que ce sera dans sept ou huit. Mais ce ne sera pas au Qatar, pas aux États-Unis. Quand j'aurai terminé ici, je prendrai ma retraite.

Est-il facile d'être Gerard Piqué ?

Je serais un idiot si je disais que ce n'est pas facile. Bien sûr, que ça l'est ! J'ai beaucoup de privilèges et tout est entre mes mains. Il y a beaucoup de choses auxquelles vous devez être vigilant à cause de qui vous êtes mais je suis un joueur de football sans aucun souci financier et une belle famille... Je n'ai rien à redire. Je suis vraiment privilégié. C'est juste que vous devez être prudent avec ce que vous faites en raison des répercussions. Chaque petite chose est amplifiée, vous devez être prudent.

Est-ce seulement la façon dont les choses sont ou est-ce à cause de la jalousie ?

C'est la façon dont les choses sont. C'est ce qui vend. Ca vend plus de dire que Gerard Piqué s'est battu avec les flics de la circulation ou que je regardais mon téléphone sur le banc que de dire qu'un joueur d'une autre équipe que le Barça ou Madrid a joué un grand match. C'est une honte, car tout le monde se concentre sur ces deux équipes et leurs joueurs, parce que c'est ce qui vend le plus.

Regrettez-vous d'avoir fait quoi que ce soit ?

Non, je ne regrette rien de ce que j'ai fait. Tout ce que vous faites, vous le faites à un moment donné parce que vous croyez que c'est la bonne chose à faire. Ensuite, vous vous rendez compte que peut-être vous avez eu tort, mais ça vous aide à apprendre. La vie est un processus d'apprentissage constant. Personne n'est parfait et jusqu'au jour de notre mort nous sommes en apprentissage. Bien sûr, j'ai fait de mauvaises choses, j'ai fait beaucoup de bêtises comme tout le monde, mais je pense que j'ai aussi fait des choses bien. Je suis fier de qui je suis et de ce que je représente même si tout le monde ne m'aime pas. Le monde entier ne peut pas vous aimer ; quelqu'un de trop sympathique c'est quelqu'un qui cache quelque chose.

Vous avez bien fêté le titre.

Vous devez en profiter ! C'est une Liga ! En fin de compte, nous perdons de vue ce qui est vraiment important. Les moments sont importants, il faut être heureux dans chaque instant. Nous ne pouvons pas penser à la finale de la Copa et de la finale de la Ligue des Champions à ce moment-là. Nous devons profiter du titre de champion. Il y a eu 38 journées, toute une année avec de mauvais moments et beaucoup de travail. Nous ne pouvons pas dire : "Nous allons faire attention". Non, nous allons profiter. Nous verrons le reste plus tard. J'ai apprécié mais vous savez que tout ce que que je fais est amplifié.

Source: http://www.marca.com/2015/05/27/futbol/equipos/barcelona/1432724187.html


Posté par Clément
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