Array Paul Scholes : Messi, les finales, le penalty - FC Barcelona Clan

Article | News | vendredi 20 février 2015 à 17:33  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Joueur emblématique de Manchester United, Paul Scholes profite d'un retour du FC Barcelone dans la ville de Manchester pour se livrer sur son expérience face au club catalan, et face à son génie. Deux finales de Champions League perdues, et un tour de demi-finale victorieux en 2008, le rouquin aura tout connu face aux Catalans, la victoire et la défaite.

Scholes et le jeune Messi, 2008 à Old Trafford

Manchester United et le FC Barcelone, voilà un des classiques européens de ces dernières années. Que ce soit une fois en demi ou deux en finale, ces deux équipes auront fait vivre à leurs fans, et à tous les amateurs du ballon, de grands moments de football. Le Manchester United de Sir Alex Ferguson qui enchaîne deux finales de LDC, ou le Barça de Guardiola, une des meilleures équipes de tous les temps, ces deux équipes sont encore dans les mémoires...dans celles des joueurs aussi.

Tout commence en 2008, en demi-finale. Un Barça à l'époque, mal placé en championnat et éliminé de la Copa, miné en plus par les problèmes de vestiaire, qui ne vit que par les éclairs de génie d'un feu follet de 20 ans, Léo Messi. Scholes se souvient de ce qui donnera la victoire à son club en demi, un but magnifique du rouquin...mais aussi une faute non sifflée, qui empêche Messi de donner la finale au Barça. 

"Je pense que notre match à Old Trafford en 2008 est le sommet de ce que United a atteint au niveau de la concentration. Nous devions, en comptant aussi le match au Camp Nou, rester concentrés sur notre placement, les dangers individuels de Barcelone et leur force collective, et ce, à chaque seconde. Nous avions passé toute la semaine à travailler là-dessus avec Sir Alex et le staff. Nous savions exactement ce que nous aurions à faire pendant les deux match, c'était très difficile".

Malgré ce travail, le football se joue sur les détails. Et Paul Scholes en sait quelque chose.

"C'est un moment que je n'oublierai jamais. Son dribble était passé, et j'ai désespérement mis mon pied pour le bloquer, faute dans la surface. C'était en 2008 à Old Trafford, le match retour de la demi-finale de Champions League. Nous gagnions 1-0, et j'avais du commettre cette faute pour l'arrêter.

Quand je pense à cette victoire face au Barça, qui nous ouvrira les portes d'un deuxième sacre en LDC sous Sir Alex, je me souviens toujours de ce tacle. Alors, j'avais marqué le seul but de la double confrontation, d'ailleurs un des plus beaux de ma carrière, mais jamais je n'oublierais ces quelques secondes quand le meilleur joueur du monde m'avait poussé à faire faute dans la surface.

Ils auraient dû bénéficier du penalty, et un but à Old Trafford leur faisait gagner la demi-finale. Mais pour une raison ou une autre, l'arbitre n'avait pas sifflé. On a donc continué le match, et même Messi est, à son niveau, sorti de son match. J'étais assez soulagé que l'arbitre n'ait pas sifflé".

Rijkaard licencié cette même année, Guardiola sera promu entraineur de l'équipe A. Exit Ronnie et Deco, Lionel Messi reprend le 10 et devient, après l'avoir officieusement été pendant près de deux ans, officiellement le nouveau référent offensif de l'équipe. L'équipe balaie tout sur son chemin, c'est le début de l'aventure Pep-Team, assurément la plus belle page de l'histoire du club, certainement une des plus belles de l'histoire du football. 

Et Messi, bien sûr, explose absolument tout sur son passage, il est dans une toute autre dimension.

"Au final, il aura sa revanche les années suivantes. J'ai joué contre Messi quatre fois dans ma carrière, deux fois en 2008, et deux fois en finale de Champions League, 2009 et 2011, quand le Barça nous avait tranquillement vaincus.

Les deux finales furent différentes. Dans notre préparation pour la finale de Rome, nous avons moins accordé d'importance à Barcelone, pour nous concentrer sur ce que nous aurions à faire. Notre attaque était composée de Cristiano Ronaldo et Wayne Rooney, faire mal à Barcelone était pour nous quelque chose d'évident. Il faut le reconnaître, nous avons sous-estimé cette équipe.

Quand vous préparez un match contre Barcelone, vous vous focalisez sur leurs quelques faiblesses plutôt connues. Gerard Piqué qui n'est pas très rapide, Javier Mascherano qui n'est après tout pas très grand, pas un vrai défenseur central, etc.

Mais vous ne pouvez exploiter ces faiblesses qu'avec le cuir. En 2011, notre possession était de 37% à peine, Manchester United était habitué à beaucoup plus, ce fut vraiment compliqué de jouer avec aussi peu de temps en possession du ballon".

 

 

 

Et Messi retrouvera l'autre rive de la Manche cette semaine, cette fois dans l'autre Manchester, City. Scholes, pour l'avoir rencontré dans les plus haut niveau du football européen, ne peut pas laisser passer l'occasion de s'exprimer sur le génie de Rosario.

"Il y a tout un tas de compliments qui ont été utilisés pour qualifier la carrière de Messi, et si je devais aussi le faire, je me retrouverais seulement à rajouter un compliment, comme un autre. Mais il y a des choses que vous n'apprenez qu'en jouant face à lui, et elles sont peut-être invisbles sur les écrans de télévision. Premièrement, le joueur ne parle jamais sur le terrain, il ne dit pas un mot. En fait, je crois n'avoir jamais entendu sa voix. Deuxièmement, et c'est le plus impressionant...vous n'imaginez même pas à quel point Messi est solide, surtout pour un tel gabarit. 

Je n'ai pas honte d'avouer que durant les matchs contre Barcelone, j'ai passé beaucoup de mon temps à espérer qu'il se placerait, le plus possible, très loin de moi.

Quand on me demande de décrire son style de jeu, le terme qui me vient toujours à l'esprit est : insaisissable. Vous pensez garder l'oeil sur lui, et puis, en clignement, il est parti, pour réapparaitre ailleurs dans l'espace, balle au pied. Quand vous essayez de le charger en duel, avec un tacle, vous savez qu'il jouera le duel balle au pied, et qu'il le gagnera. Le problème c'est que même en perdant ce duel, vous ne pouvez pas le lâcher, il faut continuer à courir, derrière lui.

C'est un joueur qui évite les hauts et les bas du football. Vous ne le verrez que rarement se laisser aller dans la célébration d'un but, et il ne perd jamais sa force mentale. Je crois que c'est une qualité que nous partageons, je cherchais moi aussi à rester le plus froid possible, en contrôle. Le jeu change si vite, vous devez, psychologiquement, être sûr de pouvoir gérer n'importe quelle situation.

Messi revient à Manchester cette semaine, à l'Etihad cette fois, pour les huitièmes de Champions League contre Manchester City. C'est toujours excitant quand vous pouvez observer un des meilleurs joueurs de tous les temps enfiler ses chaussures et faire parler sa magie sur le pré".

 

"Il n'y a jamais vraiment eu de plan pour contrer Messi, tout simplement, celui qui se retrouvait à proximité du joueur devait le marquer. Rio Ferdinand avait fait deux grands matchs contre lui en 2008, mais personne ne peut le contenir à chaque fois, il finit toujours par passer. 

Même dans sa finition, très peu de joueurs ont une palette aussi large que lui. Quand vous pouvez marquer de toutes les positions, dans toutes les situations, il est normal de se sentir aussi confiant que lui".

Finalement, comme tout amoureux du ballon rond, Paul Scholes a hâte de le voir jouer, ce mardi à l'Etihad.

"Messi est peut-être le joueur le plus populaire du monde, voire de tous les temps, dont tout le monde connait le nom. Pourtant, on ne sait presque rien sur lui. J'ai souvent lu que c'était quelqu'un de très "familial", qu'il aimait promener ses chiens sur la plage, ou qu'il prenait de longues siestes, mais au-delà de ces futiles informations, on ne sait rien. J'aime ça. Surtout de nos jours, où on connait même les sentiments de tout le monde via Twitter ou autre. 

Garder ce genre de choses pour soi, c'est une force. 

Je suis impatient de le regarder jouer à l'Etihad ce mardi, et si City veut remporter les huitièmes, ils devront être extrêmement concentrés, comme ils ne l'ont jamais été par le passé, sur 180 minutes. Il faut l'être au point où les joueurs seront toujours placé au bon endroit, au bon moment. De toute facon, le petit numéro 10 n'a besoin que d'une seconde pour faire parler sa magie et vous battre.

Et on ne peut pas toujours espérer que l'arbitre ne siffle pas".


Source: The Independent

Posté par Ayoubaoui
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