Array Lionel Messi est impossible - FC Barcelona Clan

En Une | Messi | vendredi 24 octobre 2014 à 14:26  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

On ne trouve plus de mots pour décrire le talent de ce joueur. Tout le monde, du plus grand connaisseur comme Cruyff, au génie comme Maradona, jusqu'au supporter lambda est unanime : Lionel Messi est un talent qui crève les yeux, qui transcende les époques et qui a foutu une grande gifle à l'histoire ce sport. Si on ne peut pas lui trouver de concurrents dans le jeu, si au niveau du talent, l'Argentin est tellement loin devant les autres qu'il semble avoir banalisé l'extraordinaire, on a réussi à lui trouver des concurrents statistiques, histoire de maintenir un duel médiatique entre lui et les autres. Pourtant, si on se penche plus en détails dans le monde des chiffres, on arrive au même constat que dans le monde des mots. Lionel Messi n'est pas normal. Il est...impossible.

Le 1er juillet dernier,  le réseau ESPN et le blog d’analyse « FiveThirtyEight » publiait un papier intitulé Lionel Messi est impossible. Mettons les points sur les i, les chiffres, tous les chiffres n’arriveront jamais à prouver ou à quantifier le talent écrasant de la Pulga. Brièvement, nous dirons simplement que pour comprendre la valeur réelle de ce joueur, la grandeur de son jeu et pourquoi il peut prétendre au plus haut trône de l’histoire de ce sport : il faut le voir.

Nous sommes tombés par grande chance sur cet article du blog « FiveThirtyEight », qui, même si nous concevons parfaitement que le football ne s’explique pas par la statistique, apporte une nouvelle dimension intéressante aux performances de ce joueur, quelque chose que les yeux ne peuvent pas voir, trop obnubilés par les slaloms du joueur entre les plus grandes défenses du continent. Dans le jeu, et en valeur pure du ballon, Lionel n’a pas d’égal, n’importe quel connaisseur le sait, mais statistiquement, on arrive à lui trouver des rivaux. Et si c’était faux ? Et si ce que les statistiques de buts nous apprennent cachaient une réalité encore plus dérangeante pour ses concurrents ? C’est ce que ce papier nous apprend, quelque chose de nouveau : Lionel Messi est statistiquement impossible, la classe d’écart entre lui et les autres se manifeste aussi dans les chiffres. L’auteur de l’article, Benjamin Morris, explique :

Aujourd’hui, nous avons minutieusement étudié chaque aspect du jeu de Lionel Messi, chaque touche de balle est étudiée avec grand sérieux : son sens de la passe, ses frappes de balle, les positions de frappe, le nombre de fois où il provoque l’ouverture pour tirer, sa palette de coups de pied dans le cuir, son habileté à provoquer les défenseurs, la précision de ses passes, les variantes dans ses passes, le nombre d’occasions qu’il crée, le nombre d’occasions qui aboutissent, même son travail défensif, comparativement à celui des autres grands buteurs, tout est décortiqué.

Ce sont globalement tous les points abordés dans cet article. Et nous sommes arrivés à la conclusion, après ce long travail, à un constat que personne ne croyait mathématiquement possible : Lionel Messi est un joueur impossible.

Ce qui est appréciable dans cette étude, c’est la portée des résultats qu’elle apporte. Un grand tas de nombres, tous très bien contextualisés et épluchés pour donner une image statistique plus juste que celle qu’on nous livre partout dans les médias contemporains du football. Et c’est aussi, à l’approche du Clasico, un moyen de définitivement sceller ce débat médiatique des chiffres entre Messi et Cristiano Ronaldo : ils ne boxent pas dans la même catégorie.

Bon, penchons-nous sur ce papier.

 

Le buteur et ses frappes :

Il a déjà été maintes fois prouvé que le but est la chose la plus rare statistiquement dans tous les sports. Et dans tous les sports collectifs, les phases de jeu sans but sont les plus longues, et c’est pour cette raison que les buteurs ont toujours été, et le seront encore, les joueurs les plus médiatisés et les plus portés à être glorifiés. Mais observer la chose de la sorte, c’est malheureusement cacher une partie de la réalité, celle de la création d’occasions de but, qui arrivent à une plus grande fréquence que le but lui-même à chaque match. Et pour ce, nous étudierons chez Lionel Messi sa conclusion des actions, mais aussi, sa création de celles-ci. Appelons ça, la production de buts.

Cela nous saute directement aux yeux en observant ce graphique que Messi et Cristiano sont loin au-dessus des autres en ce qui concerne les buts, ce qui n’est d’ailleurs pas surprenant. Leurs productions respectives sont à un niveau d’efficacité et de constance jamais vu, ou alors, littéralement d’un autre temps, pas celui-ci. Ceci est la moins révélatrice des statistiques de cette étude, tout le monde est déjà au courant, mais regardons le graphique un peu mieux…Lionel Messi a tout de même marqué plus de buts et fais plus de dernières passes que son rival portugais depuis le Mondial sud-africain…et il l’a fait en moins de matchs.

Il est évident pour ceux qui regardent régulièrement ces deux joueurs performer dans leurs clubs que le ratio de tirs de Cristiano est largement plus élevé que celui de Lionel. Messi est donc un buteur plus efficace, et c’est simplement prouvé par ce tableau.


C’est à partir de là qu’on commence à entrevoir « l’impossibilité » Messi, ou plus précisement, son impossibilité statistique. L’étude compte 866 joueurs professionnels qui comptabilisent au moins 50 matchs depuis 2010, et qui ont affiché ce ration d’un tir par matchs. Messi, surprise, se présente comme le 9ème tireur le plus efficace du monde. Et, plus surprenant encore, de tous les joueurs à tirer plus de 2,5 fois par matchs, Messi est celui qui affiche le ratio le plus efficace. Donc, simplement, cette statistique se comprend de la sorte ; Lionel Messi est un joueur qui affiche une grande efficacité pour un grand ratio, ce qui, selon l’étude statistique, est impossible. Normalement, son ratio devrait baisser, quand le nombre de buts augmentent, comme pour Cristiano par exemple. Or, Messi, malgré son grand nombre de tirs, affiche une efficacité à couper le souffle, malgré le fait qu’il frappe au but une fois de plus que 862 autres joueurs de l’étude, il est le 9ème plus efficace face au but. À titre de comparaison, l’autre grand buteur de cette génération est classé…173ème.

Maintenant, plongeons encore plus loin dans l’analyse des chiffres, et utilisons cet outil cher aux analystes du réseau ESPN, outil appelé « prévision de but », présenté comme la chance calculée de but, basée sur la position des buteurs au moment de tirer, et le type de frappe qu’ils privilégient, deux facteurs importants à la conclusion. Une fois que cette donnée comptabilisée, il est possible de calculer une nouvelle statistique, un ratio de buts prévus/buts conclus (P/C, GAA en anglais dans le tableau qui suit). Ce qui est plaisant avec cette donnée, c’est sa nature égalisatrice pour comparer les joueurs. Les « buts prévus » d’un  joueur dépendent de son style de jeu, de sa position, ce qui annule les erreurs statistiques, puisqu’on essaye de prendre en compte les différences entre les buteurs, leurs positions, leurs frappes, leurs styles respectifs de jeu. Encore une fois, Messi creuse l’écart avec les autres, il se présente comme le joueur avec le plus gros ratio. Il affiche un chiffre de 0.038 P/C, plus que le double de ceux de joueurs très connus : Benzema (0.016), Ronaldo (0.015), Edinson Cavani (0.014) et Robin van Persie (0.013). Gareth Bale lui affiche un très bon ratio de 0.037, soit un poil derrière le barcelonais. D’autres joueurs, comme Robben (0.023) et Sergio Agüero (0.021) ont un très bon ratio. Mais Lionel est encore devant.  


On a souvent entendu cette fameuse phrase « Mais Ronaldo marque beaucoup plus de loin, Messi n’est pas un danger pour le gardien hors du rectangle ». Faux. Évidemment, plus le joueur est proche du but, plus ses chances de marquer son grandes. Une moyenne de 38,2% des buts plantés par tous les buteurs de l’étude se sont faits dans les six mètres, 13,1% dans les 18 mètres, et un petit 3.1% hors du rectangle (ça ne fait pas 100%, simplement parce que les coups de pieds arrêtés ne sont pas pris en compte). Donc, avant de continuer, il est plus difficile pour un buteur de conclure hors du rectangle, de fait, c’est plus rare.

En tout cas, c’est plus rare pour la majorité des buteurs. Les chiffres de Lionel ici commencent à devenir vraiment déconcertant, c’est à ne plus rien y comprendre. Nous avons démontré en amont que Messi à une frappe de meilleure qualité que les autres, elle est largement plus efficace, considérant plusieurs facteurs (position, style, etc..). Ici, les statistiques nous prouvent que l’argentin est aussi le plus productif des joueurs dans ce domaine, celui du but. Il marque 47,8% (la moyenne est de 38,2%, on l’explique plus haut) de ses tirs dans le 6 mètres, 21,9% de ses tirs dans le rectangle, et, encore plus remarquable, 12,1 % de ses tirs hors du rectangle. On n’est pas loin de quatre fois mieux que la moyenne chez les autres buteurs du football professionnel ! Et comme Morris le souligne, Messi est presque aussi efficace hors du rectangle qu’il ne l’est dans celle-ci… incroyable ! Et c’est l’aspect « impossible » de cette statistique, aucun joueur n’affiche de tels chiffres. Cristiano Ronaldo ? Le joueur du Real Madrid est un buteur d’exception, mais la comparaison avec la Pulga ne tient pas, et c'est démontré de la sorte : 47,8% - 46,2%, 21,9% - 18,5% et 12,1% - 4,1%. Oui, Lionel Messi marque trois fois plus que le portugais quand il frappe hors du rectangle. 


 

Le titre du graphique plutôt révélateur. Le tableau chiffre les données de 8 335 joueurs ayant frappé au moins une fois hors du rectangle, et ce depuis le Mondial de 2010. Incroyable encore une fois, seuls 1 835 d’entre eux ont réussi à marquer sur cette frappe !

 «Oui, mais Messi profite des ballons de Xavi, Iniesta et tous les autres qui le servent sur un plateau pour marquer. Ronaldo planterait encore plus de buts que Messi s’il était au Barca.» C’est faux, encore une fois. Et donc, 22% des joueurs qui ont tentés la frappe en dehors du rectangle ont conclus. La conclusion à tirer à partir de ce graphique est donc claire, limpide. Avec moitié moins de tentatives (173) que Ronaldo (plus que 400), Messi a marqué plus de buts dans cette position que son rival madrilène. Benjamin Morris rajoute même ceci : Messi a marqué 12,6 buts de plus que la moyenne des autres joueurs de cette position. Le joueur qui suit en a planté environ 7,5, et Ronaldo 5,5.


Deux joueurs se démarquent sur ce tableau, Lionel et Carlos Tevez, le deux étant plus buteur quand ils créent eux-mêmes leurs occasions. Messi marque environ 23% des tirs qu’il prend après une occasion qu’il crée lui-même, que ce soit sur un dribble ou un slalom, et il marque 21% des occasions qui sont créées collectivement, que ce soit d’une passe en profondeur, ou une combinaison avec ses partenaires. Cristiano, par exemple, ne marque que 9% des occasions créées individuellement, l’écart est clair, et autant que Messi quand il est servi par les autres. Pour Morris, voilà encore une fois en quoi l’argentin du FC Barcelone est impossible mathématiquement : D’une certaine façon, Messi est plus efficace quand il crée individuellement son ouverture pour frapper que quand il est servi par ses coéquipiers. Mais, plus surprenant, il tire avec 10% de plus d’efficacité que le second meilleur joueur dans ce domaine (Agüero), tout en étant le quatrième joueur à prendre le plus de frappes, sur une liste de 28 attaquants.

 «Ok, tout ceci est vrai, mais Ronaldo est une bête sur coups de pieds arrêtés. Il est clairement le meilleur dans ce domaine.» Désolé, mais c’est encore faux, même si cette fois, l’écart n’est pas aussi significatif. Sur CPA, Messi a un ratio d’efficacité d’environ 8% (la moyenne étant de 5%), avec un P/C de 0.021 par tir sur cet exercice. Son rival madrilène présente des chiffres de 7% - 0.021 P/C. Avec un tout petit écart, Messi est devant encore une fois. Mais ça reste une occasion de briser ce mythe.


Comparons les dribbleur 

 

Encore une fois, Lionel Messi est impossible. Il est le joueur qui provoque le plus de duels au monde, et il affiche le plus haut taux de duels gagnés. Ceci est tout bonnement anormal, hallucinant. Comme il a déjà été mentionné, l’efficacité baisse toujours quand les tentatives augmentent. Prenons, par exemple, son coéquipier au FC Barcelone, Luis Suarez. L’Uruguayen est un dribbleur né, de très bonne qualité, et il provoque beaucoup, et justement, son ratio de duels gagnés en souffre, ce qui est normal. Il suffit d’observer sur ce graphique tous les joueurs qui provoquent plus que 4 fois par match. Seuls deux d’entre eux dépassent les 40% de réussite. Messi réussit plus du double de dribbles que ces joueurs, soit 8 par match, et pourtant, il affiche une réussite de 10% plus élevée. C’est dire à quel point le dribble est son domaine de prédilection, l'argentin n'y trouve pas d’égal. Et c'est peut-être, paradoxalement, la seule chose qui est "normale" le concernant. 

 

La passe :

 

Après avoir lu tout ce qui précède, beaucoup pourraient conclure que Lionel est un soliste incroyablement talentueux, mais un soliste dans un sport collectif. On pourrait se dire que ce joueur est tellement bon dans le domaine du tir qu’il se concentre essentiellement sur cet aspect, à savoir le but. Mais non, comme Gretzky dans un autre sport, Messi se démarque aussi nettement dans la création de buts que dans la conclusion de ceux-ci. Et voilà une autre raison qui en fait un joueur complètement fou : personne, mis à part Cristiano, ne se rapproche de lui dans le total de buts/passes décisives.

Lionel Messi est, simultanément, le joueur avec un meilleur ratio de buts/matchs, et parmi les tous meilleurs dans le domaine de la « dernière passe/matchs », dépassé seulement par Mesut Özil et Franck Ribéry, respectivement joueurs d’Arsenal et du Bayern Munich. Et rappelons que Mesut Özil, ces dernières quatre années, a livré ses dernières passes au second meilleur buteur après la Pulga, Cristiano Ronaldo.

Mais comment y arrive-t-il ? Le plus grand obstacle quand on évalue cet aspect du jeu de Messi est de prendre en compte le fait qu’il joue au FC Barcelone, équipe qui définit son football par des transmissions rapides, donc, des passes, des passes, toujours plus de passes. L’équipe se démarque par de longues phases de possession, où le ballon circule sur la largeur du terrain, à la recherche d’une brèche à exploiter, et pour désorganiser les blocs adverses. À le dire comme ça, cela sonne comme une tactique que toutes les équipes devraient appliquer, tant elle assure une maîtrise de son sujet, et pourtant, seul le club catalan applique cette stratégie, parce que les joueurs qui forment le collectif doivent tous être d’exceptionnels passeurs du ballon, et les attaquants doivent aussi savoir se créer des occasions d’eux-mêmes, face à des défenses très basses et regroupées. 

Messi arrive à faire les deux, c’est le joueur offensif total. En plus, son profil de passeur est différent de celui des attaquants barcelonais, qui, généralement, effectuent 72% de leurs passes en retrait ou horizontalement. Messi lui est plus dans la verticalité, et ses passes se font plus vers l’avant, comme accélérateur de jeu :

 

Deux autres graphiques sont encore plus significatifs :

Quand on le compare aux autres attaquants, Lionel Messi domine très largement la compétition en ce qui à trait aux ballons en profondeur, ce qui est, avouons-le, la plus belle, la plus romantique, des passes. En plus d’être à des années-lumières devant les autres dans les tentatives de passes, l’Argentin est aussi très loin devant dans les passes réussies, celles qui ont menées à un but.

Le second graphique présente une donnée encore plus déconcertante. Une fois dans le tiers adverse du terrain, Messi arrive à, non seulement faire avancer le ballon plus que n’importe quel autre joueur, mais il se débrouille aussi pour être celui qui est le plus présent à la conclusion. Pour être plus clair, on peut d’une certaine façon dire que c’est le joueur qui enclenche les phases offensives en donnant au ballon une plus grande verticalité, mais il est aussi celui qui conclut ces phases offensives, plus que n’importe qui. Ces passes verticales qu’il s’amuse à livrer sont souvent des dernières passes (pas toujours, loin de là, son rôle est énorme dans l’accélération mais aussi dans la construction du jeu), mais cette verticalité s’exprime aussi par son efficacité à effectuer tout type de passes vers l’avant, qu’elles soient dernières ou pas. Lionel Messi, en combinant création d’occasions et conclusion de but à un tel niveau est, on peut le dire, preuve à l’appui, ce qui se rapproche le plus de la perfection sur un terrain de football.


Messi-dépendance

Voilà de quoi définitivement fermer les bouches qui répètent bêtement depuis des années que Messi est un joueur qui ne peut briller qu’au FC Barcelone, qu’il n’est aussi brillant que grâce à l’extraordinaire collectif catalan. Ce que Morris démontre, et qui est déjà constaté par la communauté des supporters du club depuis des années déjà, c’est que Barcelone dépend beaucoup de Messi, bien plus qu’il ne dépend lui-même de l’équipe, la Messi-dépendance. Les deux graphiques qui suivent démontrent que, comparativement à tous les autres grands joueurs d’Europe, Messi est celui qui apporte le plus de valeur (individuellement, mais aussi collectivement) à son équipe. Quand Messi est impliqué dans une action, à la création ou à la finition, ou aux deux, les chances de marquer sur une frappe grimpent de 9,6%, seulement par la présence de l’Argentin. À titre de comparaison, la présence de Ronaldo dans une action fait monter les chances madrilènes de 0.6%, soit 9% de moins que la Pulga.

Mais pour l’expliquer, comparons les actions où il est présent et les actions où il ne l’est pas.

En fait, plus Messi est impliqué dans une frappe de son équipe (en la tentant lui-même ou en étant à la création), plus son équipe a des chances de marquer. Il a lui-même conclu 22,1% de ses occasions (sans compter les pénaltys et les CPA). Et ceux pour qui il a créé une occasion ont conclus 18,1% de leurs chances. Et, quand il n’est ni dans la conclusion, ni dans la création, l’équipe barcelonaise affiche un ratio de 12,5%, c’est dire son importance. 

Le FC Barcelone est une des plus grandes équipes du monde, mais malgré les joueurs de grands talents qui la composent, Lionel Messi se détache encore par son importance, et par l’écart qu’il y a entre le ratio de conclusion quand il est présent dans une action, et quand il ne l’est pas. C’est encore plus fort quand on compare avec les autres joueurs d’Europe, de 2010 à aujourd’hui, pour tous ceux qui ont joué plus de 100 matchs sur cette période, et qui affichent un ratio plus élevé que 4 tirs ou dernières passes par match :

 

Précisons tout de même que ces chiffres ne prennent pas en compte la variété des frappes prises, leurs angles, leurs positions, etc… Il est toujours mieux de se baser sur le terrain pour évaluer un joueur, pour voir sa magie et pour comprendre et connaître le football, mais ses statistiques sont des outils supplémentaires qui nous aident à expliquer plus en détail la réalité du terrain.

 

Et dans un souci de plus grande précision, nous reprendrons la statistique plus complète de but P/C, qui prend en compte les positions de frappes et le style de celles-ci. À partir de là, nous pouvons observer si un joueur a dépassé les attentes et les prédictions dans ses frappes et ses occasions de frapper. Nous pouvons aussi le faire pour une équipe, au lieu de se limiter à un joueur, pour ensuite comparer l’efficacité de l’équipe quand il est impliqué, puis, quand il ne l’est pas. Par exemple, si un joueur affiche un P/C de 0.02, et que le reste de l’équipe présente un ration de -0,1 P/C, on peut conclure que la valeur ajoutée du joueur est de +0,03 but par tirs.

Maintenant, opposons cette statistique nouvelle aux participations offensives totales de chaque joueur (le pourcentage de frappe dans lequel il est inclut) : 

 

Finalement, malgré l’utilisation très variée de plusieurs statistiques, différentes, on observe cette logique de l’efficacité qui baisse suivant l’augmentation des tentatives. Sauf pour un joueur, Messi. Encore une fois, un marginal statistique.

 

Conclusion

 

Comparé à ses collègues, même dans un cercle très fermé qu’on peut appeler le gratin du football mondial, Messi est non seulement loin devant les autres au niveau du talent pur, notion non-quantifiable, qu’on observe en possédant une base de connaissance du sport, mais Messi est aussi statistiquement hors-normes, il défie par sa présence les plus simples lois statistiques. Nous profitons des dix ans du joueur dans le monde professionnel pour publier cet article, pour démontrer à l’aide de statistiques cette fois, de manière incontestable que Messi n’est pas seulement le meilleur joueur du monde, il est aussi, dans le monde du football, un joueur impossible.

 

Il n’est pas possible d’avoir un ratio de tirs hors du rectangle plus élevé que celui de joueurs… dans celle-ci. Il n’est pas concevable d’être le numéro un mondial dans le domaine des frappes fines et cadrées, et dans les frappes de loin. Il n’est pas normal de marquer autant sur but que l’on crée soi-même que d’autres sur but où ils sont servis. Il est impossible d’être le meilleur dribbleur du monde en ratio, tout en étant celui qui provoque le plus de duels, et, parallèlement, celui qui distille le plus de ballons en profondeur. Et il est tout simplement incroyable de faire toutes choses avec en plus un écart abyssal entre lui et les autres.

 

Mais Messi fait tout cela, et plus encore. Parce qu’il est impossible. 


Source: Totalbarca

Posté par Ayoubaoui
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