Array Le Barça ne s'est jamais aussi bien porté financièrement - FC Barcelona Clan

En Une | Finances | lundi 29 février 2016 à 17:56  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Entretien de La Vanguardia avec Susana Monje, vice-présidente économique du Barça, sur la situation économique du club.

Le transfert de Nolito n’a pas eu lieu, ce qui peut laisser penser que le Barça a des difficultés financières. Où se situe la vérité ?

Il ne faut pas confondre notre santé financière, qui est bonne, et les limites imposées par nos statuts. La sanction de la FIFA nous a conditionnés et nous avons dû signer beaucoup de joueurs ce qui, ajouté au triplé de la saison dernière, a contribué à faire monter la masse salariale. À un point tel que le ratio s’assurant que le club n’est jamais dépassé par son endettement n’était plus respecté. Nous avons deux ans pour y remédier.

Mais il y a de l’argent à la banque ?

Oui bien sûr. Le club n’a jamais été dans une meilleure situation les cinq ou six dernières années. Le pire est passé. Nos revenus continuent d’être au niveau de ceux des meilleurs clubs de la planète.

De l’information a manqué alors…

Peut-être que c’est un problème de n’en parler qu’une fois par an à l’assemblée, ce qui conduit à des doutes et des commentaires de la sorte. Nous avons clôturé le semestre selon nos attentes et la réduction de la dette se poursuit. Tout va bien, donc nous allons pouvoir utiliser les ressources que le Barça avait, a, et aura.

Dès l’été prochain ?

Oui. Il y a toujours de l’argent pour signer des joueurs. Et je vais vous dire quelque chose, la plus importante signature de l’année à venir sera Neymar.

Et ?

Tout va bien. Le joueur est heureux, c’est le plus important.

Mais il n’y aura pas d’annonce avant juillet…

Pour l’instant, ce qui compte, c’est de se concentrer sur les trophées cette saison. Il reste du temps. Neymar a un contrat jusque 2018. Nous avons gardé les contacts nécessaires. Ici, il y a un projet qui intéresse Neymar et le Barça a les moyens de renouveler son contrat, même si ce n’est pas simple d’avoir le numéro un, Messi, le numéro deux et le numéro trois. La gestion économique le permet.

Et les nouveaux contrats de Busquets et Rakitic ?

Je suis sûre que cet été sera bien rempli. Mais notre signature pour l’an prochain sera Neymar.

Les salaires sont un problème. Sur la dernière année fiscale, ils ont atteint 73% du budget. Ils continueront à augmenter, et les bonus pour les titres, considérant la situation sportive de l’équipe, devront être versés. Comment résout-on ce problème ? Est-ce gérable ?

On vient juste de sortir d’un coup dur financièrement. Nous avons eu le triplé s’additionnant aux sanctions de la FIFA, et malgré ça le club a pu tout assumer parce que nous avons des revenus et des liquidités. Le club est fort et sain et a résisté. Nous avons une équipe que je ne changerais pour rien au monde, et ça a un prix. Les salaires sont élevés et nous devons nous y habituer, mais toujours dans une certaine limite.

Quelle est cette limite?

La limite est 70% du total des salaires, qu’on s’impose à nous-mêmes pour avoir une certaine cohérence financière. Nous ne pouvons pas croire que nous pourrons maintenir ce ratio très bas, car si on veut ce niveau de performance, on doit payer.

Où est la solution ?

J’opterais pour une rationalisation globale, à l’échelle européenne.

Utopique.

Nous devons œuvrer pour une Ligue européenne relevant d’un contrôle par les clubs. Nous dépendons d’entités comme l’UEFA et la FIFA dont la gestion est perfectible, et c’est un objectif clair que s’est fixé le Barça.

Et la Ligue espagnole ?

Elle peut continuer évidemment, mais avec moins de matchs. Vous ne pouvez pas construire une Ligue européenne forte sans des Ligues nationales fortes aussi. Mais on doit continuer. L’UEFA a dit stop aux magnats financiers qui dérèglent le marché, mais si les clubs s’impliquent pour mieux contrôler la compétition, tout va s’améliorer.

Les droits télévisés seraient aussi négociés globalement ?

Oui, ça fonctionnerait comme au basketball. La compétition n’est pas la propriété d’une confédération, elle appartient aux clubs. Le fair-play financier doit s’étendre aux salaires, sans quoi nous continuerons d’être entraînés dans une spirale inflationniste.

Quand votre prédécesseur, Javier Faus, a montré les chiffres pour le projet du nouveau Camp Nou, il a parlé d’établir la dette à 200 millions d’euros. Comment les travaux pourraient-ils commencer à l’été 2017 si la dette actuelle est déjà à 328 millions ?

Nous continuerons vers cet objectif. C’est ce que les socios ont voté au référendum. Nous réduirons la dette cette année de 290 millions à 280 millions, et quand les travaux du stade commenceront, nous serons beaucoup plus près de cette barre des 200 millions. De plus, si nous entamons la construction, nous prévoirons de futurs revenus qui nous aideront à réduire la dette.

Le sponsoring maillot et le renouvellement du contrat avec Nike sont des clés du problème, mais les discussions ne sont pas terminées. Y a-t-il de la nervosité au sein de la direction ?

Tout va bien. Nous devons encore nous entendre sur le maillot, sur Nike et sur le nom du stade. Nous parlons d’un contrat de plusieurs années que nous devons négocier correctement, pour éviter d’être rapidement dépassés. Ce que nous avons fait, c’est rendre de la sérénité au staff marketing en retirant le vote de l’assemblée. Dans ce genre de situation, il est nécessaire de créer un environnement de paix et de discrétion. Je suis sûre que quand tout sera prêt et rendu public, on comprendra l'importance de ces contrats.

N’est-il pas contestable de dépenser 1,8 million d’euros en services légaux, à cause des nombreux litiges ?

Nous nous soucions de chaque dépense. Il n’y a pas de petites dépenses ou de grosses dépenses, nous les traquons mensuellement pour les réduire autant que possible, y compris celle-là. Les revenus du club atteignent maintenant 600 millions d’euros et ça entraîne beaucoup de contrats et de mouvements d’argent. Barcelone est un club global parti d’une communauté locale, un phénomène étudié par Harvard en tant que modèle de réussite, mais cette hausse de l’activité signifie une hausse des dépenses de gestion.

Mais il y a un contraste entre ce modèle idéal et les objections juridiques permanentes qui, par exemple, remettent en cause la légalité du contrat de Neymar.

L’affaire est en cours et nous verrons le verdict. Nous continuons de dire que tout a été fait légalement. S’il y a une plainte, les juges enquêtent et vous ne pouvez pas l’éviter. Quand vous avez une hégémonie et un leadership et que des gens essaient de vous arrêter, il y a un prix à payer. La signature de Neymar a heurté certaines sensibilités qui en souffrent encore aujourd’hui.

Quand vous appliquez strictement les concepts du business à la gestion du club, ne prenez-vous pas le risque de perdre certains aspects essentiels en route ?

Je ne suis pas d’accord. Certains critères de gestion de business sont appliqués, mais pas seulement. Le Barça a une conscience sociale dans son management, qu’aucun autre club n’a.

Par exemple ?

Nous avons les abonnements les moins chers parmi les top clubs, nous avons organisé un referendum auprès des socios pour les rénovations du stade, nous avons un aspect social très développé, nous avons une fondation très forte, les socios sont une part essentielle du club… Je pense que la conscience sociale dans notre club est unique. Le scrutin des socios garantit que nous maintenons ce niveau. Nous nous sentons tous propriétaires, c’est ce qui nous rend grands.

Donc, d’une certaine manière, n’êtes-vous pas embêtés par le sponsoring de Qatar Airways ?

Je vois une différence entre une stratégie de branding commercial et d’autres problèmes qui n’ont rien à voir avec le Barça. Le FC Barcelone a sa propre ligne, il a établi une alliance commerciale avec la Qatar Foundation et ensuite avec Qatar Airways, et j’ai toujours trouvé que c’était légitime.

 


Source: Grup14

Posté par Wedge
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