Array L'évolution dans le jeu d'Arsenal - FC Barcelona Clan

Article | News | mardi 23 février 2016 à 10:49  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

À l'orée d'un nouvel affrontement face FC Barcelone, il est intéressant de se pencher sur le cas des Gunners, leurs jeu, leurs joueurs : peuvent-ils créer l'exploit face à l'ogre catalan ?

En finir avec les idées reçues...

Demandez à des supporters lambdas, certains journalistes ou joueurs de décrire l'équipe d'Arsène Wenger, les mêmes mots reviendront souvent : beau jeu, possession, équipe jeune, Wilshere, loser, etc. De bon vieux poncifs qui restent encore et toujours sur Arsenal, Dani Alves à récemment déclaré : « C’est une si jeune équipe. Les joueurs manquent parfois de maturité et d’expérience, deux qualités nécessaires à la Premier League. Ils ont bien commencé la saison, mais ça risque de leur coûter cher de rester à un tel niveau pour gagner le titre. (…) On sent que les plus jeunes veulent constamment attaquer, mais il y a des moments où vous devez contrôler le jeu ». Le Brésilien montre ainsi qu'il parle d'un sujet qu'il ne connaît pas, Arsenal possède un 11 type de 27 ans de moyenne d'âge, les problèmes de contrôle du jeu ne sont donc pas à mettre sur le compte de la jeunesse mais bien d'autres facteurs (on peut aussi noter que les Gunners ont très mal commencé la saison mais là n'est pas le propos). En effet, Arsenal semble avoir plus de mal à contrôler le jeu qu'il y a quelques années, n'hésitant pas à laisser la balle à ses adversaires lors de certaines confrontations, alors c'est quoi le problème ?


Depuis un an et demi, Arsenal ressemblait à une équipe de contres qui s'ignorait, jusqu'au match retour face à City l'année passée, où les joueurs auraient demandé à Wenger de jouer de façon plus pragmatique afin de battre les gros en Premier League. Résultat ? Une victoire étincelante 2-0 avec une prestation de haut vol de Santi Cazorla positionné en 8, première recrue marquant la fin des années difficiles du club dû au remboursement du stade. Cette saison, l'équipe joue en 4-2-3-1 avec un milieu Coquelin-Cazorla-Ozil, Alexis à gauche et Ramsey à droite, la pointe changeant selon l'adversaire. Le plan de jeu de Wenger semble assez simple, Walcott en pointe pour jouer le contre, Giroud pour avoir la balle. 

Une tactique qui porte ses fruits

Wenger décide donc de la jouer plus pragmatique maintenant contre les gros adversaires, nous avons donc une équipe de contre qui s'assume et à laquelle cela réussit plutôt bien. Le match aller contre le Bayern est très intéressant à observer. L'équipe de Pep comme à son habitude prend le contrôle du jeu : pressing intense, longues phases de jeu, bloc très haut, mais il n'a pas su faire sauter le verrou londonien, la faute à une excellente défense lorsqu'elle joue bas et enfin un vrai gardien en la personne de Cech. Dès le début du match, le bloc des Gunners reste bas, seuls Alexis, Walcott et Ramsey effectuent un pressing important mais sans trop insister, sans se précipiter, l'équipe patiente, fait le dos rond, fait preuve d'une maturité dont elle a parfois manqué par le passé (contre Monaco notamment). Wenger a compris semble-t-il qu'il ne peut rivaliser dans le jeu face au Bayern, alors il attend son heure...

Au final, le Bayern tire beaucoup au but, 20 fois, mais sans grand succès, seulement 6 tirs cadrés et une multitudes d'actions avortées bêtement, les Bavarois tentent d'étirer le bloc d'Arsenal en se reposant notamment sur l'excellent Douglas Costa qui plusieurs fois prend à défaut le jeune Bellerin, mais au final l'Espagnol n'est jamais sorti de son match. De l'autre coté, Müller n'existe tout simplement pas face à Nacho Monreal, joueur étrangement sous-coté par bon nombre d'observateurs. Au milieu, Coquelin s'occupe du travail de sape bien aidé par Ramsey qui joue les pompiers de service durant une bonne partie du match (il sort blessé en deuxième mi-temps), Santi et Ozil sont chargés de ressortir proprement le ballon, et ils le font très bien, manœuvrant avec délice les quelques balles que leurs laissent les Bavarois. Le lutin espagnol est très important, sa technique, sa vista en font une pièce essentielle à ce style de jeu : 6eme minute, l'équipe s'appuie sur Santi, puis Koscielny, rush d'Alexis, appel de Walcott qui libère l'espace pour Özil qui bute sur son compatriote Neuer.

Au final, dans la douleur, Arsenal l'emporte tout de même par deux buts d'écart face au Bayern après des buts de Giroud et d'Özil, Wenger a réussit son pari d'abandonner le jeu reniant ainsi quelque peu ses anciens principes. Autre match cette saison où Arsenal décide de laisser le jeu à son adversaire : contre City à nouveau, et encore une fois Arsenal s'impose 2-1. Paradoxalement, les deux buts viennent sur deux attaques placées des Gunners, on assiste encore à un match ou l'équipe de Wenger se contente de laisser jouer son adversaire, et place quelques attaques bien senties. Alors quels enseignements de ces deux matches ? Tout d'abord, comme dit précédemment, Arsenal sait maintenant souffrir, défendre bas sans se presser, bien loin du match catastrophique de la saison dernière face à Monaco à l'Emirates. Néanmoins, tout ne fonctionne pas correctement sur le plan tactique, loin de là. 


Cette tactique semble fonctionner surtout avec Walcott en pointe, d'ailleurs, le meilleur match de l'équipe en terme de pressing fut avec le quatuor Alexis-Özil-Ramsey-Walcott devant face à Manchester United, les deux premiers buts étant assez représentatifs : perte de balle, pressing instantané de Coquelin, récupération de la balle très haut dans le camp adverse qui amène le but d'Alexis Sanchez. Sur le second une minute après, Alexis gêne Smalling à la relance qui envoie la balle sur Koscielny, récupération de Santi pour Alexis, puis Özil qui lance Walcott dans la profondeur et l'allemand qui termine l'action d'un plat du pied plein de sang-froid. 

Une nouvelle façon de jouer qui ne cache pas certains manques

Oui, Arsenal aime jouer en contre aujourd'hui, et l'équipe semble pleinement l'assumer dans certains matches. Néanmoins, cette nouvelle volonté ne masque pas les défauts de l'équipe qui sont encore nombreux.

Le onze des Gunners a eu des problèmes durant la saison à vraiment faire le jeu, à construire, à marquer contre des équipes bien en place. Le match contre Tottenham en championnat en est une bonne illustration, malgré la maîtrise du ballon, Arsenal n'en fait rien et ne parvient pas à bouger le bloc mis en place par Pochettino, pire les Spurs se créent même plus d'occasions, le match se termine sur un nul... Alors que s'est-il passé ? Pourquoi les Gunners ne produisent-ils plus autant de jeu qu'auparavant ? Tentons d'y répondre en quelques lignes.

Tout d'abord comme évoqué, l'équipe a changé, de nouveaux joueurs, et si le club a gagné une certaine assise défensive avec une charnière qui s'entend très bien, un gardien exceptionnel et le meilleur latéral gauche de PL, l'équipe a sans doute beaucoup perdu en attaque : Giroud, Walcott, Welbeck... De bons voir de très bons joueurs d'effectifs, mais cela reste insuffisant comparé au Van Persie qui marchait sur le championnat avant de quitter Londres... Le double pivot mis en place par Wenger la saison passée fonctionne plutôt bien, mais il y a tout de même un déficit physique chez Cazorla et Coquelin, de plus lorsque l'Espagnol n'est pas dans son match, Coquelin ne peut avoir la même distribution. On peut citer en exemple le match face à Swansea, avec deux milieux complètement perdus finalement aidés par Özil qui redescendit. L'allemand justement est devenu une pièce maîtresse de l'effectif, il sort d'une année 2015 très intéressante, et pas seulement depuis octobre comme certains médias aiment à le penser. Non Özil fut très régulier, véritable dépositaire du jeu des Gunners avec Cazorla. Finalement, Arsenal possède deux très bons joueurs pour faire le jeu, le problème est donc plus profond qu'individuel...

En effet, le soucis semble collectif, en phase offensive, notamment contre Tottenham ou autre, l'équipe manque cruellement de mouvement, combien d'action avec Özil ou Cazorla portant le ballon mais n'avoir aucune solution ? Personne dans cette équipe ne sait faire d'excellents appels par exemple, même Alexis ne le fait que rarement, Giroud en est incapable, Walcott le fait un peu plus mais c'est l'une de ses seules qualités tant il reste limité dans la construction du jeu... Seuls Özil et Ramsey aiment bouger entre les lignes (inutile de compter Rosicky...), le Gallois est le seul à avoir une grosse activité physique dans l'équipe et son absence se ressent très souvent, mais c'est un joueur très frustrant tant il s'entête parfois à toujours vouloir faire le choix le plus compliqué, ce qui pénalise l'équipe. Ramsey peut être potentiellement un excellent 8, il en a les qualités, mais peut-être faudrait-il lui rappeler que lors de sa saison stratosphérique, il jouait juste tout simplement. Enfin, le dernier problème à noter dans l'équipe n'est autre que le manque d'efficacité devant le but. Une équipe pourrait avoir le meilleur jeu du monde, la finalité du football reste de la mettre au fond, et dans ce domaine, l'équipe est loin d'avoir donné satisfaction avec 1,57 buts/matches en championnat, soit le pire ratio de l'histoire de Wenger en tant que coach. En début de saison, Arsenal ne concluait que 5 % de ses occasions franches, trop pauvre ; bon nombre de match auraient pu, auraient dû finir en démonstration (Bournemouth retour par exemple), mais l'équipe a manqué d'efficacité. Si le tableau brossé ici semble plutôt sombre, peut-on espérer quelque chose contre Barcelone ?

Rien à perdre

Oui Arsenal n'a rien à perdre dans cette double confrontation qui arrive, Barcelone est largement favori, personne n'attend les Gunners et c'est généralement là qu'ils répondent présent. Wenger le dit lui même : « aucune équipe n'est parfaite, mais c'est vrai que Barcelone n'en est pas loin ». Les Catalans sont très forts, mais ils ont tout de même quelques lacunes entrevues cette saison, leurs maîtrise au milieu semble moins conséquente avec la perte de Xavi, plusieurs équipes les ont gênés cette année en effectuant un énorme pressing, l'Atlético Madrid en tête.

Leurs trio de tête est impressionnant il est vrai, Bellerin devra absolument être épaulé par son compère sur le coté droit, Koscielny adore jouer Suarez, à lui de montrer qu'il peut être un excellent défenseur (même s'il semble à court de forme en ce moment). Quant à Messi, il va croiser la route de Nacho Monreal, un duel qui peut être très intéressant. Le manque de Cazorla est très préjudiciable pour l'équipe, si Ramsey ne sort pas le match de l'année, ça sera compliqué. Arsenal devra se montrer patient à nouveau, ne pas se précipiter et surtout ne pas rater les occasions qu'il pourrait se procurer. La victoire semble difficile à atteindre, mais on attend tout d'abord un autre match que celui de l'année passée face aux Monégasques tant dans le jeu que dans l'attitude des joueurs qui avaient trop vite cédé à la panique. C'est à l'équipe de montrer le chemin parcouru ces dernières années, et il n'y a pas meilleur adversaire que Barcelone pour ça.

Composition probable : Cech-Bellerin-Mertesaker-Koscielny-Monreal-Coquelin-Ramey-Alexis-Özil-Chamberlain-Giroud

(interrogation à droite sur Chamberlain et Giroud en pointe, mais vu que les deux n'étaient pas titulaire ce week-end, on peut s'attendre à cette équipe)

Ecrit par Kampberg. 


Posté par Aimar
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