Array Je ne tuerai pas Márquez - FC Barcelona Clan

Chronique | Cruyff | mardi 3 novembre 2009 à 08:42  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Le Barça s'est fait rejoindre samedi parce qu'il croyait tout contrôler. Une interprétation collective erronée du jeu comme celle qu'a faite Madrid face au Milan en Champions en le considérant comme déjà battu d?avance.

 

Quitte à se faire rejoindre dans les derniers instants, mieux vaut que cela se fasse à Pampelune plutôt qu’à Kazan. Avec le parcours effectué en Liga, une erreur effectuée lors de la neuvième journée peut être assumée; avec celui réalisé en Champions – compétition plus courte,qui ne pardonne pas-, ce même match nul serait beaucoup plus grave. Celui qui veut tuer Márquez, qu’il le fasse, moi je ne le tuerai pas.

La meilleure façon de ne pas faire passer du froid est de s’abriter en n'ouvrant pas la porte pour que l’air passe. Juste ce que le Barça a fait, l'équipe, tous, à la dernière minute. Il n'y a pas de problème si d’avance tu évites cela. Et l'équipe, pas seulement Márquez, n'a pas su le voir ou n'a pas su l'appliquer. La formule est simple : bien attaquer pour défendre mieux. Avec le 0-1 en poche la partie se ferme, tu dois arriver au coup de sifflet final avec le ballon dans les pieds et aussi près que possible de la surface de réparation adverse. Se contenter du 0-1 ? Oui, mais offensivement. En attaquant. Messi a eu deux occasions nettes avant l’égalisation, Au-delà de savoir s’il marquait ou non, il s’agissait de toujours positionner le ballon près des cages de Ricardo et toujours loin de celles de Valdés. Et de Piqué. Et de Márquez. Faciliter la vie des défenseurs centraux en les convertissant en milieux de terrain, en les faisant rejoindre l’équipe au milieu pour aller vers l’avant et réduire au maximum la possibilité que ceux-ci vivent des situations pénibles derrière.

Contrôle du match
Par style, le Barça essayera toujours de contrôler une rencontre. Mais ce n'est pas la même chose de le faire en horizontale qu’en verticale. La passe en profondeur, de manière verticale, t’agrandit le champ de vision et, si elle est bonne, précise, te permet de contrôler la rencontre plus facilement.  La passe en horizontale implique, elle, un risque. Si l’adversaire récupère la balle, ce sont les défenseurs qui restent alors les plus exposés. Et plus encore si cela se produit dans ta propre moitié de terrain. Un ballon perdu près de la surface de réparation adverse donne une option de très longue contre attaque ; perdu dans son propre camp, cela peut être fatal avec une unique passe minimalement correcte. Comme celle qu’a reçue en diagonal Camuñas sur l'action de l’égalisation. Márquez s’est fait passer, oui, mais c’est facile de pointer quelqu’un du doigt et de ne pas reconnaitre une faute collective. Par répétition de passes horizontales, ça a été le Barça fidèle à lui-même,  celui qui s’est installé dans la fausse sensation de tout contrôler. Et sauf lors d’une brève phase après le 0-1, cela a été une constante dans la partie. Osasuna redoublait, mais ne passait pas. Cela est le minimum de ce que tu peux attendre d'un rival avec ses caractéristiques. Ou de Rubin mercredi. Il déplace le ballon le plus rapidement possible, alterne quelques passes en verticale, à plusieurs effectuées en horizontale et plus ils courent moins ils finiront par y arriver.

Si dans le Barça je vois plus une question d'ajustement à ce qu’il domine déjà, pour Madrid c’est une toute autre histoire. Au-delà de celui qui commande le vestiaire - je ne suis pas à l'intérieur, mais à travers la répétition médiatique où il apparait que ceux qui commandent sont les deux dirigeants les plus hauts placés et non l’entraineur – les questions du Real sont de croire en un style et de toujours respecter son adversaire. Savoir comment jouer me parait logique tant cela coûte avec tant de nouveaux visages dans l’effectif. La seconde question est plus ardue à résoudre.

Pour les jeunes du Barça, jouer la Copa est une grande opportunité. Pour ceux consacrés de Madrid, jouer la Copa est une punition. Et la Copa n'est pas une finale. La Copa, d'entrée, ce sont Alcorcones et Culturales Leonesas. Un tournoi différent dans lequel tu sais que ton rival, bien plus modeste, essayera de disputer le match de sa vie.

Le vieux n'est pas mauvais
À un autre niveau, d’une autre qualité et dans une autre compétition, la même chose est arrivée à Madrid face au Milan à Bernabéu. Le Milan est peut-être une équipe composée de vétérans, c’est ce qu’il est. Et, par ce fait, plus de vétérans signifie moins de possibilités de vaincre des jeunes tout au long d'une saison. Mais la vieillesse est une expérience. Et l'expérience, lors d’un match, compte beaucoup. Et plus si tu sais que ces vieux sont les meilleurs qui se font. Et ce qui est vieux sera vieux, mais ne sera pas systématiquement mauvais. Un Milan en Champions et un autre très différent dans son championnat ? Oui, et il ne peut pas en être autrement. Le vétéran se donne des priorités. Et s’il se sent discrédité, il en tire ponctuellement  un bénéfice.

Une chose attire mon attention concernant le nouveau contrat de Puyol avec le Barça. S'il ne joue pas 60% des rencontres, il restera libre. Dans son cas, de par son parcours exceptionnel, je ne mettrais pas de chiffre de parties à disputer. Tu décides. Si tu veux t’en aller, ou rester où tu es, tu le fais. Quand tu as donné beaucoup, le club doit te correspondre. Et d’autant plus avec un dernier contrat. À mon époque de la Dream Team, les joueurs ont mis le Barça dans le panorama mondial. À l’exception d’une chose qu’ils savaient : Ils pouvaient s’en aller quand ils le voulaient.

Le cas Tamudo

Ce qui me réjouit dans le cas de Puyol, m'attriste dans celui de Tamudo. Je ne sais pas combien d’années il a passé à l'Espanyol, mais beaucoup. Il ne s'agit pas de dire qui a raison, ni ce qui est bon ou ce qui est mauvais. Par son parcours, si le joueur veut s’en aller, il faut le libérer. Et dans le cas d’un joueur de football, il faut savoir renoncer complètement à sa dernière année. Tu ne deviendras pas plus riche avec eux, ni plus pauvre sans eux  si tu as agi avec réflexion. Le football passe activement. Le souvenir reste, lui. Avec Tamudo ce serait dommage de le gâcher ainsi.

 

PS : En raison d'un problème technique cette chronique n'a malheureusement pas pu être postée ce lundi.


Source: Las Claves de Johan Cruyff

Posté par GreGoL
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