Array Fin de cycle ? C'est une plaisanterie, non ? - FC Barcelona Clan

Chronique | Cruyff | lundi 26 octobre 2009 à 22:05  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Après deux matchs sans victoire, le Barça n'était pas passé de l'excellence au chaos, comme on l'a vu hier. Il est dans la normalité. Si tu ne fournis pas tes efforts au maximum, l'adversaire peut te compliquer la vie. Tout coûte beaucoup. Il n'y a rien de plus.

 

Ni crise (je ris) ni fin de cycle (c'est une plaisanterie, non ?). Tout est plus simple, plus humain. Un retour à la normalité. Rien de plus. Après deux rencontres sans gagner (un nul à Valence, défaite devant le Rubin), le Barça n'est pas passé de l'excellence au chaos, mais à la normalité pure et simple. Si tu ne fournis pas le maximum d’effort, l’adversaire peut te compliquer la vie. Il n'y a rien de plus. Je ne sais pas si ce sera ou non une Liga qui ne se jouera qu’entre les deux, mais je sais bien que tous les rivaux joués essayeront de les mettre sur la touche, pour ainsi mieux leur planter au visage. Et je sais également qu’aucune équipe ne gagne la Champions de septembre à décembre, mais qu’elle peut bien la perdre durant cette période.


Tout coûte. Que vous vous appeliez Madrid ou Barça. Et si parmi tout ce qui entoure le club – le leur, le nôtre–, quelqu’un suppose que l’adversaire n'est rien ou très peu de chose, le message, à force d’être répété, peut finir par atteindre le vestiaire et diminuer sa volonté d’atteindre son objectif. Bien que Pep Guardiola, insiste et insiste encore pour informer ses joueurs des vertus de l’adversaire, ceci affecte l'équipe.


Dans le cas du Barça, deux rencontres sans victoire. Et ? Deux matchs, deux rivaux, un tas d'actions, qui n’ont peu ou rien à voir entre eux. Deux rencontres sans gagner, ce qui, pour moi, est parfait. Cela peut surprendre, mais si l’absence de victoire se produit avec une marge de manœuvre devant soi, ceci n'est jamais une fin, mais le contre-pas à ce message, sibyllin, qui, de belle façon, éclaircira la suite de ta saison en tenant compte de tous ces éléments sans exception.

Le plus difficile est de se maintenir
À partir de là, il faut travailler. Si arriver au sommet est difficile, s’y maintenir l’est encore plus. De magnifique et historique hier, le Barça est passé à simplement bon aujourd’hui. Et ce constat actuel est réalisé en ne tenant compte uniquement des efforts fournis et du rendement de chacun des membres de l'équipe. Un peu moins de celui-ci, un peu moins de celui-là et le résultat est tout autre, toujours avec les mêmes gens. Et une fois de plus, je ne parle pas de passer de l'excellence au chaos, mais de revenir à la normalité : parvenir au sommet d’une colline requiert beaucoup d'attention de la part de tous.


Il n'y a numériquement aucun groupe plus ouvert que celui du Barça en Champions. Dans trois matchs tu peux terminer premier … ou dernier. Faut-il avoir peur de cela ? Non, parce que même en reconnaissant les qualités de ses adversaires, je connais la qualité des joueurs de Guardiola. Les seuls qui peuvent rester dehors sont justement les joueurs eux-mêmes, en fonction de leur rendement dans chacune des trois rencontres qui leur restent. Et au vu de ce constat, c’est bien mieux ainsi : pour passer ce tour il faut aller gagner. Pour une fois - chose inédite cette saison - il n'y aura pas d'exigences d'excellence, mais juste de rendement. Avant de jouer à Kazan, je doute que quelqu’un parle de s’y promener ou de quelque chose dans ce style là. On parlera de rendement, de gagner. Et c’est en effet en fonction de l'effort et de la concentration fournis qu’il pourra en sortir une bonne partie.


Et empocher les trois points en Russie ne te permet en rien de croire que tu l’as déjà fait, parce qu'ensuite il te faudra répéter ce rendement face à l'Inter. Prédire ce qu'il faudra faire à Kiev lors de la sixième et dernière journée de la poule de Champions est déjà beaucoup plus aventureux. Deux rencontres sans gagner, très bien, mais que  personne n’ouvre la caisse à tonnerres. Ce n'est pas rien, mais le Barça du Triplé, celui des cinq coupes, n'a pas non plus tout gagné l'année passée. Par plus historique qu’il ne l’a été, nous ne voulons rester qu’avec les moments magiques qui ont existé, et il y en a eu beaucoup, mais ce Barça a aussi enchaîné une paire de mauvaises séries de résultats.

L'effort collectif
L’une, au commencement de la saison. L'autre, à la fin du mois de février. La deuxième a duré plus longtemps. Entre Liga, Copa et Champions, cinq rencontres, combinant matchs nuls et défaites. Et l'équipe a survécu parce que tous ses éléments ont serré les dents. Tous ont donné un peu plus, juste ce qu’il fallait pour être plus précis, et, le plus important, ils l'ont fait de manière ludique. Un style qui les définit et dans lequel ils se sentent bien.
Juste ce que n’a pas  - et il n'indique pas qu’il puisse l’obtenir dans un bref délai – le Real Madrid. En fonction du temps que mettra l’équipe blanche à combiner ses pièces et à définir comment elle veut jouer, nous évaluerons les efforts de Guardiola et des siens, comme actuellement Pellegrini, lors de leur première saison.

Un style propre
En fonction du temps mis par Madrid pour se mettre à jour, nous évaluerons l'importance du pari du Barça pour les gens de la maison. Et non seulement ceux sur le banc, mais aussi ceux qui se trouvent sur le terrain de jeu. Individuellement, les nouveaux arrivés à Madrid sont de grands joueurs. Mais comme dans tout métier une période d'adaptation est nécessaire. Savoir comment et où veut le ballon celui qui est à tes côtés ; où tu es toi le plus fort ou le plus faible.
Ce n’est pas facile si les nouveaux sont nombreux. Mais si parmi ceux-là plusieurs sont de la Cantera, dont le style de jeu est identique à celui de la première équipe, alors tu sautes beaucoup de phases de cette adaptation. C’est là que le Barça tire son avantage sur Madrid, et effectue une économie financière sur les transferts. Le reste, dans le cas du Barça, est simplement d'avoir plus ou moins le nez creux.


Source: Las Claves de Johan Cruyff

Posté par GreGoL
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