Array FC Barcelone 3-1 Atlético Madrid : La meilleure des réponses - FC Barcelona Clan

En Une | Liga | mercredi 14 janvier 2015 à 14:01  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Le Barça terrasse l'Atléti et reste au contact du Real.

Les faits et le jeu
 

Un choc et une victoire impérative pour rester dans la course au titre, voilà le programme du Barça pour conclure une semaine totalement surréaliste. Après la défaite à l'Anoeta (1-0), les polémiques se sont enchainées. Un altercation verbale entre Messi et Luis Enrique, l'absence de l'Argentin à l'entrainement et ses goûts douteux dans les réseaux sociaux. Ce n'était que le début de la semaine, et Bartomeu renvoi Zubi avec l'étiquette du responsable de tous les maux du club, dans la foulée, Puyol démissionne. Puis le président annonce qu'il avance les élections à cet été, et enfin sont venues les rumeurs d'une Pulga qui réclamerait le départ de l'entraineur... Rien ne va au Camp Nou. La victoire de jeudi en Copa n'arrangera rien puisque dans cette guerre entre la star et l'entraineur, le public a choisi son camp. Tout cela arrange un Atlético en forme (une nouvelle victoire face au Real en milieu de semaine) qui ne baisse plus les yeux devant les deux grands du pays.

Luis Enrique doit faire sans Xavi, forfait. Pour ce match important, il aligne son meilleur onze, avec Bravo dans les buts. Une défense Alves, Piqué, Mascherano, Alba. Au milieu, c'est le trident du début de saison qui s'affiche avec Busquets, Rakitic et Iniesta. Devant, MSN prêt à se connecter. Chez les colchoneros, Simeone surprend en laissant Siqueira sur le banc. Pour le reste, du classique : Moya - Juanfran, Gimenez, Godin, Gamez - Gabi, Tiago, Arda Turan, Koke - Griezmann et Mandzukic. Messi reçoit (enfin !) un trophée de la ligue en hommage au record qu'il a battu, le show peut commencer.

Dès l'entame, l'Atlético monte haut et presse les défenseurs. Ils jouent directement le camp adverse pendant... deux minutes. Le Barça prend ensuite le contrôle de la partie. Les Catalans sont dans une animation inédite que Simeone n'a surement pas prévue. Neymar et Messi s'éloignent de l'axe et collent la ligne de touche. Un peu déstabilisant pour des madrilènes qui comptaient densifier l'axe et fermer cette zone, souvent utilisée par les deux cracks. Le trio du milieu de terrain est rapproché, les latéraux aident les "ailiers". Le ballon circule de gauche à droite, contourne un bloc rojiblanco qui s'étire et qui laisse quelques espaces entre les joueurs et entre les lignes. La première opportunité reflète ce problème chez les visiteurs. Plein axe, Neymar accélère et décale Messi sur sa droite. La Pulga dribble Gamez, entre dans la surface et frappe du droit, dans le petit filet (9'). La possession est bonne, et le changement de rythme efficace. Les catalans sont plus rapides que leur rival dans chaque compartiment du jeu. Messi décale Rakitic sur le côté droit qui revient en retrait pour Alves. Le brésilien sert parfaitement Messi dans la surface qui, d'un grand pont, efface Godin et centre. Suarez se rate mais Neymar surgit tel un Inzaghi pour ouvrir le score, 1-0 peu avant le quart d'heure de jeu. L'intensité proposée par les blaugranas fait plier le verrou colchonero toujours en retard. Dans la foulée Jordi Alba est proche de doubler la mise mais Moya capte le ballon. Le milieu catalan étouffe les madrilènes qui ne peuvent jouer court. Le pressing souvent enclenché par Iniesta ne laisse aucun répit à Gabi et Tiago. Koke répondra timidement par une frappe instantanée qui passe à côté (15').



L'axe n'est occupé que par Suarez, l'occupation des espaces est optimale. Rakitic profite aussi des déplacements de Messi pour permuter dans l'axe ou sur le côté. Les madrilènes sont un peu déstabilisés et n'arrivent plus à suivre le rythme imposé par l'adversaire. Sur un coup franc joué par Rakitic, Neymar à l'entrée de la surface frappe tandis que Gimenez le tacle au niveau de la cheville. La cheville en sang, le brésilien restera finalement sur la pelouse. Un fait de jeu qui montre à quel point les visiteurs sont en retard sur chaque ballon joué (Messi recevra deux faites en moins d'une minute). Après la possession classique dans le camp adverse, les catalans montrent une autre facette souhaitée par Luis Enrique depuis le début de la saison, le contre. Dans ce deuxième quart d'heure, moins intense, les matelassiers tentent de monter plus haut et de jouer dans le camp catalan. Une aubaine pour le trident offensif qui aime aussi dévorer les espaces. Messi sur le côté droit glisse le cuir le long de la ligne pour un Suarez parti dans la profondeur. L'uruguayen ridiculise Gimenez avec un grand pont et dépose le ballon sur la tête de Neymar. Le but est tout fait, la tête est parfaite, mais le brésilien manque le cadre (23') ! C'était l'occasion de tuer le match. Neymar, bien remis du coup reçu à la cheville, accélère plein axe vers la surface (les espaces laissés entre les lignes, encore) et sert Messi dans la surface côté droit. L'argentin frappe mais c'est trop sur Moya pour l'inquiéter (29'). Le travail défensif de l'équipe catalane rend les latéraux inefficaces. Juanfran ne monte quasiment jamais et Gamez, droitier en position d'arrière gauche, se montre stérile. Koke et Arda Turan sont quant à eux invisible. En phase défensive, les madrilènes subissent beaucoup, à l'image de Gabi et Tiago qui ne peuvent couper aucune passe puisque le bloc est souvent contourné. Les défenseurs eux, sont dans la surface pour sauver les meubles. Le milieu barcelonais effectue un travail monstrueux, entre les tâches défensif et la circulation du ballon. Cela a un impact immédiat sur le rendement de Busquets qui est à l'aise.

Busquets dans le rond central renverse pour Messi sur le côté. Le meilleur joueur du monde s'aide du bras pour contrôler le ballon et file comme une fusée vers la surface (profitant toujours de la désorganisation madrilène). Neymar croise la course de l'argentin en allant vers la surface et embarque avec lui Juanfran. Ce qui ouvre un espace pour Suarez qui est servi sur un plateau, El Pistolero double la mise, 2-0. Un nouveau wizz envoyé par le trident offensif pour faire plier le champion d'Espagne. Plus rien de marquant à signaler, les 22 acteurs rentrent aux vestiaires. Le Barça survole ce choc de la Liga. Solidarité et supériorité numérique dans chaque zones, les barcelonais ne sont pas du tout inquiéter par les madrilènes. Le trio des deux bandes (Alves, Rakitic, Messi et Alba, Iniesta, Neymar) est grandement efficace dans le travail défensif et dans l'élaboration du jeu. Iniesta, à la manière de Xavi, redescend à hauteur de Busquets pour l'aider dans la relance. Tandis que Rakitic montre son intelligence tactique dans ses déplacements. Sans intensité, les madrilènes n'offrent qu'une caricature de leur style.

 


Dans ce deuxième acte, les hommes de Simeone reviennent avec de meilleures intentions. Dans le pressing tout d'abord, et au niveau du bloc qui est plus haut qu'en première période. Il ne se passe pas grand chose en terme d'occasion, Iniesta se montre un peu plus avec le ballon et les madrilènes continuent à être très agressifs. Autre particularité c'est de voir des barcelonais moins dogmatiques sur quelques situations de relance, les joueurs n'hésitent pas à dégager loin devant. Les locaux restent supérieurs, parce que le bloc bouge comme un seul homme, la coordination est remarquable. Ils continuent à faire les bons choix avec le ballon et s'offrent quelques sorties de balles qui rappellent une certaine époque très glorieuse. Les champions d'Espagne se montrent un peu plus entreprenants, et sur une action partie de la droite, Griezmann sert Gamez dans la surface à gauche, Messi revient sur le latéral et le touche à peine. L'ancien latéral de Malaga profite de la situation et s'écroule, Mallenco désigne le point de pénalty. Sur cette action, on peut remarquer l'application défensive catalane avec sept à huit joueurs concernés par l'action. Mandzukic allume Bravo plein axe, 2-1. Mais cette réduction du score ne change pas les plans du Barça et continuent à jouer la même partition. Les madrilènes ne changent pas non plus puisqu'ils continuent à faire des fautes.


Simeone veut rajouter du poids offensif, Fernando Torres refoule les pelouses de la Liga depuis 2007, c'est Gabi qui cède sa place (68'). L'Atlético passe à deux pointes, Koke redescend dans l'axe avec Tiago. Arda Turan et Griezmann alimentent les ailes. Il ne se passe pas grand chose, le deuxième quart d'heure est un temps très faible dans l'intensité et les occasions. Les blaugranas régalent tout de même le public avec une magnifique conservation de balle sur quelques séquences, conservation qui désamorce le pressing adverse sans trop forcer. Les milieux madrilènes se retrouvent avec peu de solutions lorsqu'ils ont le ballon, à l'image d'un Tiago qui doit parfois tenter le dribble au milieu pour faire avancer le jeu. Leur possession est assez stérile. Sur au sol ça ne fonctionne plus, les madrilènes peuvent se vanter d'être la meilleure équipe du monde dans les airs (22 buts sur coups de pieds arrêtés cette saison) et Simeone fait sortir le fantomatique Griezmann pour Raul Garcia (74').



Mais sur chaque coups de pieds arrêtés concédés, les blaugranas montrent leur supériorité dans le jeu aérien avec un Piqué impérial. Sur une remontée de balle madrilène, une glissade de Mascherano permet aux visiteurs d'avoir un contre. Mandzukic accélère côté droit et sert Torres dans la surface mais Bravo a anticipé pour capter le ballon (78'). Dans la foulée, Arda Turan en passant le ballon entre ses jambes, Torres centre mais Bravo repousse le ballon sur Alba qui dégage en catastrophe. Garcia reprend le ballon et veut lober Bravo mais le portier chilien reste vigilent. Deux minutes, deux opportunités chaudes, ce sera les seules de la soirée pour l'Atlético. Ces dernières minutes sont très tendues, avec encore des fautes à la limite des madrilènes. À la différence des blaugranas (Messi sur Gamez ou Moya), les rojiblancos agressent volontairement, comme Raul Garcia qui n'accepte pas de se faire humilier par Neymar. Gamez sort, Siquiera entre en jeu (84'). Après une accélération sur le côté gauche, Neymar centre, en bout de course. Personne ne reprend le cuir et Messi surgit à l'entrée de la surface, mais sa reprise à ras de terre est facilement captée par Moya (84'). Les hommes de Luis Enrique n'ont qu'un but d'avance et pourtant ils donnent l'impression de mener par 5 buts d'écart. Tout est bien exécuté, dont les sorties de balles et le changement de rythme. Busquets est enfermé sur le côté gauche (bien pressé par les madrilènes), près de la ligne de touche mais trouve Iniesta. Le Don se retourne et parvient à sortir du pressing en la donnant à Neymar plein axe. Le brésilien remise en retrait pour Rakitic qui joue en première intention un long ballon côté gauche pour Suarez. Ce dernier centre pour Messi, qui contrôle et joue avec Rakitic qui a dédoublé côté droit dans la surface. Centre du croate, le ballon est contré, Messi se relève rapidement pour marquer. Magique. 3-1. D'une action où Busquets se trouve en danger, les barcelonais arrivent à se débarrasser du pressing et à se retrouver devant le but adverse en 3 passes. Désormais la messe est dite, Luis Enrique en profite pour faire ovationner Rakitic et Suarez qui sortent (pour Rafinha et Pedro), et Piqué se met à jouer l'otarie. Fin de ce match à sens unique.

Tout était prévu pour que les Barcelonais s'enfoncent dans leur crise mais les joueurs ont répondus sur le terrain. Les onze Catalans ont été très concernés par le match, et les leaders ont guidés les autres. Piqué en défense, Busquets et Iniesta au milieu, Messi devant, ces 4 joueurs ont pris leur responsabilité de taulier du vestiaire. La solidarité entre les joueurs a permis au Barça de manger cet Atlético, comme à une certaine époque où Simeone n'était pas encore arrivé. L'écart était très significatif. Ce match, montre que le Barça peut aspirer à une très belle fin de saison, et que les idées de Luis Enrique deviennent tout à coup cohérentes lorsque les joueurs appliquent parfaitement ce qui est demandé. En 90 minutes, la crise a été oubliée, le feu a été éteint. Cette équipe a des ressources, des capacités, mais c'est en étant uni que le Barça pourra vivre une fin de saison heureuse.


Les joueurs

 

Bravo : 8

Un jeu au pied qui facilite le jeu catalan, le chilien a été impeccable à ce niveau. Sur les rares opportunités adverses il s'impose.

Alves : 8

Une énergie offensive retrouvée et une rigueur défensive au poil. Dani nous refait du Alves de la belle époque avec une activité très utile et moins stérile comme la plupart de ses matchs cette saison. Peut-être le fait de retrouver son copain Léo sur la bande...

Piqué : 9

Revenu à son meilleur niveau depuis quelques mois, Piqué ne fait que confirmer sa bonne forme. En mode patron ce soir, dans les airs où il a été impérial. Au sol avec quelques tacles bien sentis, et dans la relance qui reste son point fort. Le central espagnol a mené la défense, fait preuve d'un grand leadership. Comme Xavi le dit, quand il veut, c'est le meilleur à son poste.

Mascherano : 8.5

Comme d'habitude, le Jefecito court, tacle, couvre, relance, intercepte, râle, perce, joue long... Un classique pour un défenseur central qui banalise ses performances extraordinaires.

Alba : 8

Cette saison le côté gauche fume de nouveau, le retour au top de l'ancien Ché n'y est pas étranger. Offensivement il a épaulé Neymar sans qu'ils ne se marchent dessus, et toujours aussi impérial en défense.

Busquets : 8

Un bloc qui défend bien et revoilà le Busi que l'on aime. Ses premières passes redeviennent tranchantes (le but de Suarez), il ne perd plus de ballons et il multiplie les interventions défensives un peu partout.

Rakitic : 7.5

Malgré quelques déchets dans ses passes, le Croate a le mérite de vouloir jouer en première intention vers l'avant. Rakitici reste précieux pour couvrir ou permuter. Jamais avare d'effort, il n'hésite pas à multiplier les courses pour revenir défendre ou proposer une solution devant (le but de Messi). Il est remplacé par Rafinha en fin de rencontre.

Iniesta : 8.5

Son meilleur match de la saison, mais dans un registre différent de ce qu'il peut offrir. Le Manchego a effectué un gros travail sur le pressing, avec une bonne dose d'agressivité que l'on ne voyait plus du tout chez lui. Défensivement précieux dans le repli, et indispensable à la relance à l'image d'un Xavi. Il se met un peu plus en évidence avec le ballon en deuxième, et a aussi montrer qu'il était capable d'asumer le port du brassard.

Messi : 9

Il n'y a pas de secret, lorsque l'argentin se met au diapason pour l'équipe, ça ne peut être que bénéfique. Revenu à son rôle d'origine, la Pulga a beaucoup travaillé pour l'équipe. Au pressing d'abord, défensivement ensuite, et cette envie de récupérer chaque ballon perdu. Offensivement il est moins encerclé, donc plus libre de ses mouvements et capable d'apporter le danger. Conclusion : il est impliqué dans les trois buts. Il était le personnage central de la crise pendant la semaine, il a lui-même éteint l'incendie.

Neymar : 9

Comme son compère argentin, il reste collé à la ligne et profite des espaces pour rentrer vers l'intérieur. La perle brésilienne a offert un récital en étalant toute sa panoplie. De l'opportunisme à sa fantaisie, allant jusqu'à provoquer la colère des Madrilènes qui ne l'ont pas raté. Mais le jeunot a du répondant, avec quelques mots doux et un baiser, il sait taper là où ça fait mal. Offensivement spectaculaire mais très impliqué défensivement. Son côté fut une forteresse imprenable.

Suarez : 9

Avec les deux cracks qui collent la ligne, l'Uruguayen a une meilleure liberté de mouvement et peut s'exprimer. Un trident rappelle le fameux Henry-Eto'o-Messi. Suarez peut jouer son football sans gêner les autres, ou être gêné par les autres. Ses déviations intelligentes ont été très utiles comme ses déplacements sur la largeur, et sa verticalité. Car il n'est pas qu'un buteur, mais aussi un excellent joueur d'équipe. Avec de l'espace, ce trident se montre redoutable avec une connexion totale. Et quelle débauche d'énergie de la part du Pistolero qui n'hésite pas à aller au charbon. Il sera remplacé par Pedro pendant les arrêts de jeu.

 

 

 

 

Fiche technique

 

Barça : Bravo - Alves, Piqué, Mascherano, Alba - Busquets, Rakitic (Rafinha, m.88), Iniesta, Messi, Neymar et Suarez (Pedro, m.90)

Atléti : Moya - Juanfran, Gimenez, Godin, Gamez (Siquiera, m.84) - Gabi (Torres, m.68), Tiago, Arda Turan, Koke - Griezmann (Raul Garcia, m.74) et Mandzukic

Arbitre : Undiano Mallenco

Avertissements : Jesus Gamez (min.21), Mandzukic (min.33), Juanfran (min.50), Luis Suarez (min.59), Tiago (min.65), Griezmann (min.69), Mascherano (min.74), Messi (min.80) et Godin (min.83).

Buts : 1-0 : Neymar, min.12. 2-0 : Luis Suarez, min.35. 2-1 : Mandzukic (p), min.57. 3-1 : Messi, min.87.

81 658 spectateurs.


Posté par Tele-Santana
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